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Ecrivains - Littérateurs - Librettistes

DAUDET Lucien (1878-1946)

26eme division (2e ligne, P, 25)
jeudi 30 octobre 2014.
 

Ecrivain, fils d’Alphonse Daudet

Lucien Daudet, voit le jour à Paris 3e, le 9 juin 1878.

Décédé en 1946.

Littérateur français, fils du romancier Alphonse Daudet.

La famille Daudet était composée d’Alphonse, le père (1840-1897), Julia, née Allard, la mère (1847-1940), Léon, le fils aîné (1867-1942), Lucien (1878-1946), Edmée (1886-1937). Tout le monde dans la famille écrivait : père, mère, frère, sœur, belle-sœur (Marthe Allard sous le pseudonyme de « Pampille ») et oncle (Ernest Daudet). Il fit publier lui-même une quinzaine d’ouvrages.

Jules Renard écrit dans son Journal, le 2 mars 1895 : « Un beau garçon, frisé, lingé, pommadé, peint et poudré, qui parle avec une toute petite voix de poche de gilet. ». Jeune homme cultivé, « très beau, très élégant, mince et frêle, au visage tendre et un peu efféminé », selon Jean-Yves Tadié.

De gauche à droite : Robert de Flers, Marcel Proust (assis) et Lucien Daudet, vers 1894

Il mena une vie mondaine qui lui fit rencontrer Marcel Proust, d’abord aux jeudis de sa mère, Mme Alphonse Daudet. Ils eurent ensemble une liaison au moins sentimentale, que révéla Jean Lorrain dans sa chronique du Journal. C’est pour cette indiscrétion que Proust et Lorrain se battirent en duel en 1897. Il fut également l’ami de Jean Cocteau.

Lucien Daudet était aussi peintre. Après avoir pris des cours à l’Académie Julian, il fut l’élève de Whistler et fit une exposition chez Bernheim-Jeune en 1906.

Ses tableaux ne sont plus connus que par des allusions littéraires (correspondance de Proust, catalogue d’Anna de Noailles). Il fut également, dans les dernières années de sa vie, l’ami du peintre Léon Gard, qui exécuta son portrait en 1943.

Toute sa vie, il fut écrasé par son père en littérature (« Je suis le fils d’un homme dont la célébrité et le talent comptent pour plusieurs générations, je reste sous son ombre »), et par Whistler en peinture (« Il m’a donné un certain goût en peinture, mais m’a donné en même temps un très grand mépris pour ce qui n’est pas de premier ordre... et j’applique ce mépris à ce que je fais »).

Ce fut aussi un admirateur fidèle jusqu’à ses derniers jours de l’impératrice Eugénie, qu’il avait connue par l’intermédiaire de la nièce de celle-ci, la marquise de Casa Fuerte.

Vers la fin de sa vie, en 1943, il épousa Marie-Thérèse, sœur cadette de Pierre Benoit.

Il est aujourd’hui connu surtout pour ses biographies de l’impératrice Eugénie.

Œuvres :

Le Chemin mort, 1908

La Fourmilière, 1909

Le Prince des cravates, 1910

L’Impératrice Eugénie, Fayard, 1911

Calendrier, Editions de la Sirène, 1922

L’Âge de raison, Flammarion, 1923

L’Inconnue, Flammarion, 1923

Le Paradis perdu 3 actes de Lucien Daudet et Edouard Ferras, Théâtre des Mathurins, 5 novembre 1926

Autour de 60 lettres de Marcel Proust, 1928

Dans l’ombre de l’impératrice Eugénie, Gallimard, 1935

Vie d’Alphonse Daudet, 1941

Lucien Daudet repose dans la chapelle familiale de la 26e division.

Sources : Mon cher petit. Lettres de Marcel Proust à Lucien Daudet, Paris, Gallimard, édition préparée par Michel Bonduelle, 1991

Jean-Yves Tadié, Biographie de Marcel Proust, Collection Folio, Gallimard Stéphane Giocanti, C’était les Daudet, Flammarion, 2013.