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Hommes politiques - Représentants du Peuple - Députés -Sénateurs

CLAMAGERAN Jean Jules (1882-1903)

11eme division (1ere ligne, X, 19)
samedi 22 mars 2014.
 

Sénateur de la Seine

CLAMAGERAN (JEAN-JULES) voit le jour à la Nouvelle-Orléans (Amérique), le 29 mars 1827.

Décédé le 4 juin 1903, à Limours (Seine-et-Oise)

Sénateur inamovible de 1882 à 1903.

Ministre des Finances du 6 avril 1885 au 7 janvier 1886.

M. Clamagéran fit de bonnes études classiques au collège Henri IV à Paris, suivit les cours de l’Ecole de Droit, où il se fit recevoir docteur en 1851, et obtint l’année suivante une médaille d’or au concours de doctorat.

M. Clamageran conquit rapidement, au barreau de Paris une situation estimée : sa thèse des Obligations naturelles (1851), puis ses travaux de législation, d’économie politique et d’histoire attirèrent sur lui l’attention.

En 1856, il publia un Mémoire, qui fut couronné par la Faculté de Droit, sur Le Louage d’industrie, le mandat et la commission en droit romain, dans l’ancien droit français et dans le droit actuel ; il donna un volume sur l’Etat actuel du protestantisme en France, (M. Clamageran appartient à la religion réformée) ; en 1867, il commença la publication d’une importante Histoire de l’impôt en France. etc.

En même temps, il participait à la « résistance légale » contre l’Empire, dirigée par un groupe d’avocats de l’opposition. Compris, en 1864, dans le procès des « treize », il fut, ainsi que MM. Herold, Floquet, Dréo, Durier, etc. condamné à 500 francs d’amende. Il avait collaboré (1861) avec eux au Manuel électoral, qui attira sur ses auteurs les rigueurs du pouvoir.

Après la révolution du 4 septembre 1870, M. Clamageran fut nommé adjoint à la mairie de Paris, spécialement chargé de surveiller les approvisionnements pendant le siège. Il quitta ces fonctions en février 1871, et se tint à l’écart de la politique, tout en prenant part aux débats du synode général des églises réformées de France.

En 1876, il fut élu membre du Conseil municipal de Paris par le 16e arrondissement (quartier des Bassins), puis réélu en 1878. Il se présenta aussi à l’élection législative complémentaire que motiva, dans le 8e arrondissement, le 6 avril 1879, le décès de l’amiral Touchard. Après avoir réuni 3,018 voix sur 12,015 votants, au premier tour de scrutin, il échoua contre M. Godelle, bonapartiste, au scrutin de ballottage du 20 avril, avec 5,011 voix contre 6,509.

Le 14 juillet de la même année, M. Clamageran fut nommé membre du Conseil d’Etat. Il s’y distingua, dans la section des finances, par son zèle laborieux. Le 7 décembre 1882, il fut élu sénateur inamovible. Il siégea à gauche et vota pour la réforme judiciaire, etc. Les mérites spéciaux et les aptitudes techniques de M. Clamageran le désignaient pour le portefeuille des finances. Il l’accepta, le 6 avril 1885, dans le cabinet formé par M. Henri Brisson.

Successeur de M. Tirard, il reçut de lui le budget de 1886 tout préparé, et se disposa à le soumettre aux Chambres dans les termes proposés par le précédent cabinet. Toutefois, bien que les journaux opportunistes et en particulier le Temps se plussent à ne voir en M. Clamageran que la « prudence la réflexion, la sagesse en personne », bien qu’il leur apparut comme « réalisant l’idéal du bon père de famille que nos finances réclament aujourd’hui », et rien de plus, le nouveau ministre ne laissa pas de manifester certains projets personnels qui le mirent assez rapidement en désaccord avec ses collègues du cabinet.

On lui prêta notamment la pensée de supprimer les trésoriers-payeurs généraux et les intermédiaires connus à la Bourse sous le nom de coulissiers. Devant le peu d’empressement des ministres et de la presse gouvernementale à adopter ce plan de réformes, M. Clamageran avisa, dès le 17 avril, M. Henri Brisson, qu’en raison « du mauvais état de sa santé » il ne croyait pas pouvoir conserver le portefeuille des finances. Sa démission fut aussitôt acceptée, et M. Sadi-Carnot fut nommé à sa place. M. Clamageran reprit son siège à la gauche du Sénat.

Il s’est prononcé pour la nouvelle loi militaire ; il était absent par congé lors du scrutin sur le rétablissement du scrutin d’arrondissement (13 février 1889), et lors du scrutin sur le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse ; il a voté pour la procédure à suivre devant le Sénat pour juger les attentats contre la sûreté de l’Etat, (affaire du général Boulanger). On doit à M. Clamageran, outre les ouvrages cités plus haut, un volume d’études administratives : la France républicaine (1873) et un grand nombre d’articles de revues sur des matières de jurisprudence, de philosophie religieuse et de politique.

M. Clamageran repose dans la 11e division.

Sources : Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)