Navigation







Médecins - Chirurgiens - Hommes de l’Art

BOSQUILLON Edouard (1744-1814)

13eme division (13e ligne, W, 20)
jeudi 20 mars 2014.
 

Helléniste et médecin français

Édouard-François-Marie Bosquillon, voit le jour à Montdidier (Somme) le 20 mars 1744.

Décédé à Paris le 21 novembre 1814.

Médecin et helléniste français.

Né d’un père docteur de la faculté de médecine de Reims, il entra à l’âge de onze ans chez les jésuites à Paris, où il se distingua en grec. Il poursuivit des études de philosophie à l’université de Paris et fut reçu maître ès arts en 1762. Il fit ensuite des études de médecine et, après deux concours, obtint sa réception gratuite. Il devint docteur-régent et professeur de chirurgie latine de la faculté de médecine de Paris et exerça à l’Hôtel-Dieu.

En 1775, sa connaissance de la langue grecque lui valut d’entrer comme professeur au Collège royal, où il donna plusieurs séries de cours sur Homère et Hippocrate. Il fit paraître en 1784 une édition grecque et latine des Aphorismes et pronostics d’Hippocrate, dont il publia également vers la fin de sa vie une traduction en français.

Il prépara en outre plusieurs éditions d’ouvrages médicaux d’autres auteurs grecs, dont certaines furent publiées sous forme de dissertations ou de mémoires.

Il se fit connaître surtout pour ses traductions de six ouvrages de deux médecins écossais, William Cullen et Benjamin Bell, dont notamment les Éléments de médecine pratique de Cullen et le Traité des ulcères de Bell, qui furent tous deux considérés comme des classiques de la médecine du XVIIIe siècle.

En tant que médecin praticien, Bosquillon se distingua surtout par une hardiesse peu commune dans l’emploi de la saignée, dont il faisait la base du traitement de la plupart des maladies, ainsi que par ses opinions paradoxales.

Il niait notoirement l’existence du virus de la rage et soutenait que cette maladie n’était contagieuse que par l’influence de la terreur qui saisit les personnes mordues par un animal enragé. « Quelque absurde, écrivait-il, que puisse paraître l’opinion que je propose, je ne doute nullement qu’en prenant toutes les précautions convenables pour inspirer à nos enfants une entière sécurité à l’égard de la rage, on ne parvienne un jour à anéantir cette maladie, au point que son existence paraîtra aussi incroyable à nos arrière-neveux que celle des sorcières et des revenants ».

Traductions :

William Cullen : Physiologie (1785)

William Cullen : Éléments de médecine pratique (2 volumes, 1785-1787)

Benjamin Bell : Traité théorique et pratique des ulcères, suivi d’une dissertation sur les tumeurs blanches des articulations et précédé d’un Essai sur le traitement chirurgical de l’inflammation et de ses suites (1788)

William Cullen : Traité de matière médicale (2 volumes, 1789-1790) Benjamin Bell : Cours complet de chirurgie théorique et pratique (6 volumes, 1796)

Benjamin Bell : Traité de la gonhorrée virulente et de la maladie vénérienne (2 volumes, 1802)

Hippocrate : Aphorismes et pronostics (1814)

Mémoire sur les causes de l’hydrophobie, connue sous le nom de rage, et sur les moyens d’anéantir cette maladie, Gabon, Paris, 1802. Cité dans le Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne.

E. Bosquillon repose dans la 13e division, en compagnie de son épouse née Marie Naudin (1759-1817) qui légua une somme considérable pour la construction de la chapelle du Père-Lachaise.

Sources : Philipe Dubois, « Notice nécrologique sur la vie et les écrits du docteur Bosquillon » in Journal général de médecine, de chirurgie et de pharmacie, ou Recueil périodique de la Société de médecine de Paris, t. LIX, septembre-octobre 1815, p. 183-191.

Jean-Eugène Dezeimeris, Charles-Prosper Ollivier et Jacques Raige-Delorme, Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, Béchet, Paris, t. I, 2e partie, 1831, p. 475-478.

Amédée Dechambre, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Masson, Paris, vol. X, 1869, p. 106.