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Monuments remarquables - Mécènes - Donnateurs

POTRON Charles Eugène (1832-1904)

89eme division
dimanche 16 mars 2014.
 

Grand voyageur

Charles Eugène Potron voit le jour en

Décédé en

Voyageur et philanthrope

Généreux donateur pour la construction d’un phare marin.

Le phare de la Jument est situé à Ouessant, en mer d’Iroise. Il fut érigé entre 1904 et 1911 grâce au legs d’un membre de la Société de Géographie de Paris, Charles-Eugène Potron (400 000 francs), sur le récif d’Ar Gazec (« la jument » en breton).

Le phare a été construit à l’entrée des courants violents du Fromveur, où de nombreux naufrages eurent lieu : entre 1888 et 1904, trente et un navires1 sont perdus dans cette zone. Le plus connu de ces naufrages est celui du paquebot anglais Drummond Castle qui heurta la roche des Pierres Vertes (dans l’ouest de l’île de Molène) dans la nuit du 16 au 17 juin 1896, et où 258 personnes trouvèrent la mort1 (il n’y eut que 3 survivants).

Le 20 février 1904, un décret ministériel officialise la décision de construire une tour en béton sur la roche de « la jument », d’un diamètre à la base de sept mètres minimum, et d’une hauteur à spécifier lors de la construction, et ayant la possibilité d’accueillir un éventuel feu. Les travaux vont commencer, lorsque Charles-Eugène Potron écrit dans son testament :

« Je soussigné Charles-Eugène Potron, demeurant à Paris rue du Sommerard, 11, lègue la somme de quatre cent mille francs, 400 000 francs, pour l’érection d’un phare, bâti de matériau de choix, pourvu d’appareils d’éclairage perfectionnés. Ce phare s’élèvera sur le roc dans un des parages dangereux du littoral de l’Atlantique, comme ceux de l’île d’Ouessant.

La désignation sera celle de la localité. On gravera sur le granit, « Phare construit en vertu d’un legs de Charles-E. Potron, voyageur, membre de la société géographique de Paris ». En cas de non acceptation ou de non exécution dans un délai de six à sept ans depuis la date de mon décès, la totalité de cette somme reviendrait à la Société centrale de sauvetage des naufragés pour la construction de canots et d’engins de secours. Mais cette substitution ne s’effectuerait que dans l’absolue impossibilité de réaliser ma première intention ; s’il est héroïque de remédier aux sinistres dans la mesure extrême des forces humaines, il vaut mieux encore les prévenir. »

Le ministère des Travaux publics accepta cette offre généreuse. Aussitôt le directeur des phares et balises s’adressait à l’ingénieur en chef Willotte pour précipiter les repérages afin d’entreprendre « la construction d’un phare analogue à celui d’Ar-Men, sur les Pierres-Vertes, qui répondrait à la fois aux vues du testateur et à celles de l’administration. » Des repérages ayant déjà été faits sur le rocher de la Jument, l’emplacement prévu est changé, et le projet est définitivement approuvé le 18 novembre 1904.

Sources : Wiki et divers (APPL 2014)