Navigation







Monuments remarquables ou disparus - Fosses communes

FOSSES COMMUNES DU PERE LACHAISE

D’après H.T. Salomon (1855)
lundi 3 mars 2014.
 

Fosses communes (Disparues)

Des fosses communes. - Description de ce lieu. - Mode d’enterrement. - Aumôniers. - Circonscriptions ayant droit à ces fosses. - Hospices.

En raison du grand nombre de décès, il n’a pas été possible, à Paris, de suivre à la lettre l’art. 4 du décret du 12 juin 1804 ; une fosse dite fosse commune existe dans chacun des cimetières.

Dans le Père-Lachaise, cette fosse occupe actuellement tout le terrain compris dans la section As du plan et une partie de la section Ar ; elle consiste dans une tranchée de quatre mètres d’ouverture et d’environ deux mètres de profondeur ; elle est toujours creusée d’avance ; les cercueils y sont déposés sur deux rangs l’un au bout de l’autre ; une distance est laissée entre chaque aux côtés, à la tête et aux pieds ; jamais ils ne sont superposés.

Cette fosse est le cimetière commun des 6e, 7e, 8e et 9e arrondissements ; elle reçoit de vingt à vingt-cinq cadavres par jour, et cependant il n’y entre que les corps dont les familles ne peuvent ou ne veulent acquérir un terrain, soit temporairement, soit à perpétuité. Les corps des personnes décédées dans les hospices, ni ceux des suppliciés, quand même le décès aurait lieu dans l’un des arrondissements ci-dessus, n’entrent pas au Père-Lachaise ; un cimetière particulier leur est réservé près du cimetière du Montparnasse.

Les inhumations dans la fosse commune se font gratuitement ; autrefois elles avaient lieu hors la présence du ministre de la religion : une heureuse amélioration vient d’être apportée dans cette partie du service, des aumôniers, spécialement attachés au cimetière, reçoivent les corps des indigents à la porte, les suivent jusqu’à la tombe qu’ils serment en récitant les prières de l’Eglise. C’est un grand soulagement apporté à la douleur si vraie du pauvre dans ces moments de séparation éternelle.

Les fosses communes ne peuvent être reprises qu’après cinq années de la date des inhumations (art. 6 du décret organique). Des entourages sont placés par les soins des familles sur ces lieux de sépulture ; des croix, dont le nombre est infini, couvrent cette partie du Père-Lachaise, elles portent des inscriptions rappelant les noms et les vertus des défunts.

On peut faire exhumer les corps de ces fosses, en remplissant les formalités voulues[1], soit pour déposer ces corps dans des sépultures perpétuelles, soit pour les transporter hors des cimetières de Paris.

D’après H.T. Salomon (1855)