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PETROZ Pierre (1819-1891)

31eme division
jeudi 20 février 2014.
 

Critique d’art et écrivain

Pierre Pétroz voit le jour en 1819, Paris.

Décédé le 15 février 1891.

Critique d’art, historien de l’art

Traducteur, critique.

Carrière :

24 décembre 1850 : signe sa première critique d’art dans Le Vote universel

Novembre 1854 : éphémère collaboration à la Revue franco-italienne

Mars-septembre 1855 : couvre l’Exposition universelle des beaux-arts pour le compte de La Presse

Janvier-février 1869 : signe son premier article dans La Philosophie positive, revue fondée deux ans auparavant

1876 : première collaboration à L’Art Étude critique

Si nous ignorons encore tout des étapes de la formation intellectuelle de Pierre Petroz, il est néanmoins établi qu’il a grandi dans un milieu médical où ni la littérature ni la philosophie n’étaient négligées. Il a légué un tableau connu de Louis Hersent dans lequel on voit son oncle maternel, le docteur Esparron, assister Xavier Bichat dans ses derniers instants (Salon de 1817, Paris, musée d’Histoire de la médecine).

Son père, Antoine Petroz (1781-1859), a durablement associé son nom à l’histoire troublée des débuts de l’homéopathie en France. Ce médecin philanthrope et prospère comptait de nombreux artistes et hommes de lettres dans sa clientèle. Il était notamment lié avec Alfred de Musset, Pierre Simon Ballanche, Jean Baptiste Dugas-Montbel ou Ludovic Vitet.

Pierre Petroz fut salué sur sa tombe comme l’un des derniers représentants de cette « noble et belle génération » des républicains de 1848, « ces idéalistes qui voulaient une République républicaine, qui ne reculaient devant aucun de ces redoutables problèmes sociaux [...] et qui croyaient que rien n’était fait tant que les abus du passé n’étaient pas à tout jamais détruits ».

La collaboration de Petroz au Vote universel, éphémère organe de presse fondé en 1850 sous les auspices de soixante députés de la Montagne, témoigne de cet engagement.

Après 1870, on le retrouve parmi les collaborateurs du XIXe siècle, journal luttant notamment pour la séparation de l’Église et de l’État, ainsi qu’aux côtés d’Émile Littré comme membre de la Société de sociologie (1872-1874), société dont Johan Heilbron a souligné la dimension républicaine.

Petroz figure en outre parmi les trois principaux contributeurs de La Philosophie positive (1867-1883), revue fondée par Littré et Grégoire Wyrouboff. Il y signe de multiples comptes rendus d’ouvrages concernant des disciplines aussi diverses que l’histoire, la philosophie, le droit, la littérature, mais aussi de nombreux textes intéressant la sphère artistique.

La première critique d’art de Petroz recensée à ce jour est intitulée « Salon de 1850 » et publiée dans Le Vote universel : il entend « examiner par quoi l’art moderne se rattache à la Révolution ». Sous le Second Empire, ce proche d’Auguste Préault collabore en qualité de critique d’art à La Presse, au Temps, à La Revue moderne ou à La Revue franco-italienne. Son ami Nadar le croque dans son Panthéon de 1854. La collaboration de Petroz à La Philosophie positive se renforce après 1870.

Il y fait paraître ses « Études sur l’art moderne » (1869-1874), publiées en volume sous le titre L’Art et la critique en France depuis 1822, ainsi que son étude critique sur Théophile Thoré (1878), éditée par Alcan en 1884. Le fait qu’il ait publié peu d’ouvrages contribue, avec l’échec de La Philosophie positive, à expliquer l’oubli dans lequel il est rapidement tombé.

Petroz, qui estimait en 1878 que « l’on n’a encore en France aucune histoire de l’art, ni générale, ni nationale », mais une série de monographies soucieuses du document et de l’exactitude des faits (« Maîtres et petits-maîtres par Burty », dans La Philosophie positive), signe en 1890 Esquisse d’une histoire de la peinture au musée du Louvre.

Il s’efforce de respecter cette restriction documentaire tout en la justifiant par l’accessibilité des collections aux « déshérités de la Fortune, des récompenses et des encouragements officiels ».

Petroz choisit de porter son attention sur le rapport entre les différentes écoles nationales et « l’état intellectuel, moral ou social contemporain » pour montrer « les changements qui se sont produits dans l’invention artistique depuis les premiers temps de la Renaissance jusqu’à nos jours ».

Sources : Laurent Houssais ATER, Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3 (Extraits).