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Comédiens - Directeurs de théâtre - Arts de la scène

LEBLANC Léonide (1842-1894)

44eme division
samedi 1er février 2014.
 

Ces dames du temps jadis, belles, cruelles, féroces avec les hommes de leur époque, mais vivantes, bien en chair et pleine de vivacité, pliant à leurs mondre désir des messieurs riches, importants, en recherche d’un plaisir absolu...

Voici le portrait de l’une d’entre elles, une demi-mondaine, une courtisane, comme on se plaisait à le dire sous le régne de l’Empereur Napoléon III (Et après)...

"Mademoiselle Maximum"

Léonide Alexandrine Leblanc voit le jour le 8 décembre 1842 à Dampierre (Loiret)

Décédée le 31 janvier 1894 à Paris, des suites d’une longue maladie.

Comédienne et grande courtisane du Second Empire et de la IIIeme République.

Fille de Antoine Leblanc et de Lucie Alexandrine Godeau.

Elle aurait d’abord été institutrice à Paris, puis s’est orientée vers le théâtre.

Elle aurait débutée sa carrière au théâtre de Belleville, aux Variétés, au Gymnase, à la porte Saint Martin, à la Gaieté...

On l’applaudira dans Henriette Maréchal des frères de Goncourt à l’Odéon, pièce donnée le 3 mars 1885.

Elle a été parmi les françaises les plus célèbres comme actrices et en tant que courtisane sous le Second Empire.

Tés exigeante financièrement, elle demandait le maximum à ses amants. On a dit d’elle : "si vous la mettez au sommet du Mont Blanc, elle serait encore accessible" Elle fut surnommée "Mademoiselle maximum".

Son hôtel particulier de la rue de Prony était un monument de luxe et de bon goût, on l’estimait, à l’époque, à plus de trois cent mille francs (or, d’avant 1914).

On rapporte qu’elle eut, parmi ses bonnes fortunes, des princes, des banquiers, des hommes politiques, des aristocrates russes, des négociants et hommes d’affaires.

On compte parmi ses soupirants : Aurélien Scholl, le prince Napoléon (dit Plon-plon), Georges Clémenceau...

Seule ombre au tableau, la préfecture de Police, dans ses rapports, la qualifièrent de "douairière, morphinomane et de lesbienne (sic)".

On rapporte aussi qu’elle était "la volupté de la chair et du sang".

Son plus célèbre amant fut le Duc d’Aumale, fils du Roi Louis-Philippe 1er. On la décrivait ainsi : "Tendre et vermeille comme un beau fruit, le pied fin et les bras les plus beaux du monde". Le Duc, vieillissant, sera son dernier soutien, et ce, jusqu’à son dernier souffle.

Elle était toujours entourée d’une cour pressante, faisant le siège de l’appartement qu’elle partageait avec le duc d’Aumale. Parmi ses admirateurs et ses soupirants, de grands noms et des personnages importants qu’il ne fallait pas décourager.

Pour tempérer les ardeurs de ces messieurs, elle aurait fait confectionner une sorte de mannequin comportant une effigie du duc d’Aumale, avec une tête en cire et un corps en chiffon. Quand ses prétendants se montraient trop pressent, elle leur désignait, de loin, sur un fauteuil, le supposé Duc endormi, en disant : "Monseigneur est là".

Elle soulignait souvent du peu de largesse, à ses yeux, dans les émoluments consentis par son ducal amant, elle aurait eu cette saillie à ce propos : "Ces Orléans, vous ne les connaissez pas, ils en sont restés aux prix d’avant 48". (Ref : R. Burnand, op cit. P. 235 et 236).

Pour assurer sa main-mise sur le Duc, on nous rapporte qu’au cours d’un voyage en chemin de fer, la conversation porta sur le duc d’Aumale. L’un des voyageurs déclara" je déjeune avec le Duc demain", un second déclaré " nous allons prendre le thé avec lui samedi", un troisième tout de go, enchaîna : "Nous sommes invités à dîner dimanche". Le train arrivé à destination, Léonide se leva et dit avec son plus beau sourire " et moi, messieurs,mesdames, je dors avec son altesse ce soir".

Elle termina sa vie dans la solitude, ses obsèques eurent lieu en l’église Saint-Louis d’Antin, presque personne n’était là, aucun théâtre ne fut représenté, pas de fleurs non plus.

Le deuil fut conduit par un oncle et deux cousins de la défunte. (Journal Le Gaulois en date du 4 février 1894).

Elle fut inhumée au Père Lachaise le 3 février 1894. Elle repose dans la 44e division.

Sources : Wikipédia, R. Burnand, op cit. p.235 et 236, Le Gaulois 4 février 1894, Site Le Père Tanguy, http:/Léonideleblanc.blogspot.fr/ et divers.

Un grand merci à Olivier (HolyvieR), pour sa découverte de ce personnage bien oublié...