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Théâtre - Arts de la scène

CLAIRON Claire-josèphe Léris dite Melle, (1723-1803)

20eme division (1ere ligne, S, 21)
samedi 4 février 2006.
 

Hypermnestre et l’excommunication

Fille naturelle d’un sergent au régiment de Mailly, François Joseph Désiré Léris, Claire Josèphe Léris dite Mademoiselle Clairon est née le 25 janvier 1723 à Condé-sur-Escaut. Sa mère, Marie Claire Scana-Piecq, était soit disant batelière. Toute sa vie, Melle Clairon vivra dans le mensonge, s’inventant des origines bourgeoises. Très tôt, elle se fait appeler Claire-Hippolyte Léris de la Tude. Elle prit ensuite le pseudonyme de Clairon.

Ses contemporains la décrivent d’une extrême vanité, et d’une prétention sans pareille. Il n’en demeure pas moins que c’est une des plus grandes comédiennes de son temps. Sa mère, peu amène, voulait que sa fille soit couturière, elle n’hésitait pas à maltraiter l’enfant. A l’âge de onze ans, la jeune Claire ne sait pratiquement pas lire, ni écrire. Elle quitte sa famille et vient à Paris et s’installe, par hasard, en face de la célèbre comédienne Dangeville, qui fait naître chez elle le désir de se consacrer au Théâtre.

Le 8 janvier 1736, elle débute à la Comédie Italienne, avant l’âge de treize ans. Elle est engagée, au bout d’un an seulement, au théâtre de Rouen, elle y reste quatre années. Suite à la parution d’un pamphlet contre sa personne, écrit par un soupirant dédaigné, elle quitte Rouen. Elle joue alors à Lille, Gand et Dunkerque. Elle reçoit là un ordre de début pour l’Opéra, elle fait ses débuts sur cette scène en 1743. Préfèrent le théâtre parlé au théâtre chanté, elle postule pour la Comédie Française. Elle débute le 19 septembre 1743 dans le rôle de Phèdre de Jean Racine. C’est un triomphe, au point qu’elle est reçue sociétaire dans le mois qui suit. C’est une travailleuse perfectionniste, elle apprend méticuleusement chaque ver.

Une rivalité féroce l’oppose à Melle Dumesnil, rivalité tournant à la jalousie, qui transparaît dans ses mémoires (Paris 1799). En 1765, plusieurs comédiens refusent de jouer le Siège de Calais en soutien à l’acteur Dubois menacé d’exclusion pour faux serment dans un procès à scandale. Ils sont emprisonnés au Fort l’Evêque. La Clairon n’échappe pas au sort commun. Elle ne reste que 5 jours en prison, un flot continu de visiteurs se pressa pour voir sa chambre. En 1765, sa santé chancelante l’oblige au repos, ce qu’elle fait auprès de Voltaire à Ferney.

Désireuse de se rendre en Provence où le climat est plus clément, elle rentre à Paris au mois de novembre. Elle décide alors de quitter définitivement les planches. Elle n’y revient plus jamais. Elle se produit quelquefois en privé, comme en 1770, où elle interprète Hypermnestre de Lemierre à la cour. Désormais, elle se consacre à l’amélioration de la situation et de la vie des comédiens, poursuivant son action en vue de lever l’excommunication dont sont frappés les comédiens français.

Elle a fait rédiger, en 1761, par l’avocat Huerne de la Motte, une brochure intitulée Liberté de la France contre le pouvoir arbitraire de l’excommunication. Elle devient aussi professeur et compte au nombre de ses élèves, Larive et Melle Raucourt. Carl Alexander, margrave d’Ansbach, tombe éperdument amoureux d’elle, il l’emmène dans sa principauté, elle y reste dix sept années.

La Clairon ne revient en France qu’à l’aube de la Révolution, elle tomba dans la misère et fini ses jours auprès de sa fille adoptive, Marie pauline Ménard, veuve de La Riendrie. Elle meurt à l’âge de 80 ans le 29 janvier 1803. Elle est inhumée au cimetière Saint Sulpice, ses restes mortels seront tranférés au Père Lachaise le 29 août 1837.