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Compositeurs - Musiciens - Professeurs

ELWART Antoine (1808-1877)

13eme division (14e ligne, Z, 24)
mercredi 29 janvier 2014.
 

Professeur et compositeur de musique

Antoine-Aimable-Elie Elwart voit le jour le 19 novembre 1808 au domicile de ses parents situé alors 8 rue Coquillière, non loin de l’église St-Eustache dans le premier arrondissement parisien.

Son père Antoine, tailleur d’habits, avait quitté quelques années auparavant la ville de Putzig dans le Golf de Dantzig, située alors en Prusse-Occidentale (actuellement Puck, Pologne) pour s’installer à Paris, où, semble-t-il, il avait rencontré sa future femme Virginie Charlemagne.

A l’âge de 10 ans, sa famille le fit entrer comme enfant de chœur à la maîtrise de St-Eustache. C’est là qu’il reçut sa première formation musicale, notamment auprès d’Antoine Ponchard, maître de chapelle de cette église depuis 1815 et père du célèbre ténor de l’Opéra-Comique.

Cet enseignement de la musique religieuse lui restera toute sa vie conservant une " sympathie pour les choses qui contribuent à donner une modeste splendeur au culte si poétique de la religion. " La foi la plus vive et la plus sincère l’animait et c’est sans doute pour cela que ses compositions destinées au sanctuaire seront toujours hautement inspirées.

Berlioz dira un jour, dans le Journal des débats du 6 avril 1838, parlant des compositions d’Elwart : " Le mérite de ces œuvres sacrées doit être constaté avec d’autant plus de soin qu’il témoigne du sentiment élevé de leur auteur autant que de son amour désintéressé pour l’art. "

Une fois atteint ses 13 ans, son père le plaça comme apprenti chez un fabricant de caisses ! Au grand désespoir de ses parents, au bout de quelque temps au cours duquel il se rendit compte qu’il n’était pas fait pour ce métier, il s’enfuya et afin de survivre se fit engager comme second violon dans un orchestre des boulevards.

Deux années plus tard, il était admis au Conservatoire, à l’époque Ecole royale de musique, dans les classes d’harmonie, de contrepoint et fugue (1er prix en 1830), et de composition. Elève de Fétis, puis de Lesueur à partir de 1828, en même temps que Berlioz, il apprit beaucoup de ce dernier pour lequel il avait une grande admiration.

Jean-François Lesueur, qui compta également parmi ses plus illustres élèves Berlioz, Gounod et Ambroise Thomas, mena Elwart au Grand Prix de Rome. Après une première tentative en 1831 avec la cantate La Fuite de Bianca Capello, sur des paroles du marquis de Pastoret, qui se solda par un deuxième Second Prix, l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut lui décernait en 1834 le premier Grand Prix, avec la cantate L’Entrée en loge, écrite sur un texte de Jean-François Gail. Devenu pensionnaire du gouvernement à la Villa Médicis, il dut abandonner quelque temps son poste de répétiteur de Reicha dans sa classe de contrepoint et de fugue du Conservatoire, où il avait été nommé en 1832.

En 1832, une nouvelle Messe de sa composition était exécutée le jour de la Sainte Cécile.

Durant son séjour dans la ville éternelle, ses envois de Rome furent particulièrement remarqués selon Fétis : une Deuxième Messe solennelle (1835), dédiée plus tard à S.A.R. la duchesse d’Orléans, un opéra italien, et Omaggio alla memoria di Vicenzo Bellini, scène funèbre exécutée au Théâtre Valle de Rome en novembre 1835, écrite en hommage au célèbre auteur de la Norma mort en septembre. Le samedi 20 octobre 1838Lors de la séance publique annuelle de l’Institut de France, une Ouverture envoyée précédemment de Rome fut exécutée.

Rentré à Paris au cours de l’année 1837, Antoine Elwart reprit son poste au Conservatoire, cette fois comme professeur adjoint de Reicha, puis en 1840, Chérubini alors directeur du CNSM, créait une seconde classe d’harmonie et le nommait titulaire. Il occupera ce poste durant plus de trente ans, jusqu’au moment où il prit sa retraite en octobre 1871.

A la même époque, une Messe solennelle d’Elwart était donnée pour le baptême du comte de Paris Philippe VII, né le 24 août 1838. La critique musicale encensa cette œuvre qui avait produit beaucoup d’effet.

Elwart publia également en 1838 un ouvrage musicolittéraire qui reste encore de nos jours l’une des meilleures sources sur ce sujet : Duprez, sa vie artistique, avec une biographie authentique de son maître, Alexandre Choron (Paris, Magen, 1838).

Antoine Elwart était également doué pour la versification. C’est à lui que fut notamment confié la rédaction du discours en vers prononcé au banquet des amis de Rome, le 17 octobre 1853, qui fit d’ailleurs l’objet d’une publication (Paris, imp. de Vinchon).

Antoine Elwart est mort à Paris le 14 octobre 1877, sans semble-t-il n’avoir jamais été marié. Depuis plusieurs années, il avait pris soin de léguer à la bibliothèque du Conservatoire ses meilleurs ouvrages et quelques précieux manuscrits collectionnés au cours de sa longue carrière de musicien.

Sources : Antoine Elwart, Denis HAVARD DE LA MONTAGNE (Extraits)