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CHATEAUBRIANT Alphonse de (1877-1951)

93eme division
jeudi 2 janvier 2014.
 

Ecrivain français

Alphonse Van Bredenbeck de Châteaubriant voit le jour à Rennes le 25 mars 1877.

Décédé en exil à Kitzbühel en Autriche, le 2 mai 1951.

Il fut un chantre de la collaboration durant l’occupation de la France par l’Allemagne nazie.

Né dans une famille noble originaire des Pays-Bas établie dans la région d’Angers avec Gaspard van Bredenbeck, dont la veuve acquit en 1693 la terre de Chateaubrillant en Anjou, il était le cousin germain du peintre Ferdinand Loyen du Puigaudeau, père d’Odette du Puigaudeau.

Après des études au Lycée Clemenceau de Nantes, il fait l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, mais ne s’engage pas dans une carrière militaire. Il a surtout vécu entre Piriac-sur-Mer où se trouve sa propriété, Nantes et le Poitou. Il épouse à Saint-Nazaire, par contrat du 18 mai 1903, Marguerite-Eugénie-Thérèse Bachelot-Villeneuve, dont il eut deux fils1.

Plus tard, il rencontre la poétesse Gabrielle Lesfort. Elle avait eu de son premier mariage deux fils, dont l’historien André Castelot, qui devint le secrétaire particulier d’Alphonse de Châteaubriant.

C’est donc ce terroir régional du grand ouest qui constitue la matière de ses livres : Monsieur des Lourdines, Prix Goncourt 1911. Romain Rolland avec qui il s’est lié d’amitié, voit alors dans ce premier ouvrage « un livre à rendre en un mois son auteur célèbre dans le monde entier ».

Vient ensuite La Brière, pour lequel il reçoit en 1923 le Grand prix du roman de l’Académie française et qui est l’un des plus forts tirages de l’entre-deux-guerres avec 600 000 exemplaires vendus. Le livre est traduit dès 1924 en allemand, puis en anglais et est exploité par 26 éditeurs différents. En 19273. , Il publie la La Meute.

Quand éclate la Première Guerre mondiale, Châteaubriant - qui sert dans les ambulances - écrit à sa femme et à son ami Romain Rolland des lettres qui montrent son bouleversement. Lorsque survient enfin la paix, l’écrivain est convaincu de la nécessité pour la France de se réconcilier avec l’Allemagne afin d’éviter une nouvelle guerre.

Germanophile, catholique horrifié par le communisme athée, partisan de l’ordre, Alphonse de Châteaubriant est séduit par le national-socialisme d’Hitler, y voyant un retour à l’esprit de la chevalerie, auquel il mêle une mystique catholique, manifeste dans La Réponse du Seigneur.

En mai 1937, à l’issue d’un voyage en Allemagne, il publie La Gerbe des forces, où il n’hésite pas à se prononcer en faveur de l’idéologie hitlérienne, voyant une sorte de compatibilité entre le christianisme et le nazisme. À Berchtesgaden, le 13 août 1938, il rencontre Adolf Hitler en qui il finit par voir un nouveau Messie.

Il est de ceux qui se sont tout de suite rangés du côté de la collaboration. Sous l’Occupation, il préside le Groupe Collaboration et dirige, de juillet 1940 à mai 1941, La Gerbe, périodique qui se veut un « hebdomadaire politique et littéraire ». Le rédacteur en chef en est Marc Augier (connu après-guerre sous le pseudonyme de Saint-Loup).

Le premier exemplaire paraît le 11 juillet 1940. On y trouve les signatures de Jean Giono, Paul Morand, Jean Cocteau, Marcel Aymé, Sacha Guitry, etc. L’hebdomadaire défend l’idée d’une Europe aryanisée, débarrassée du bolchévisme, proche des thèses du RNP de Marcel Déat, s’éloignant alors du pétainisme maréchaliste. Il soutient la Légion antibolchévique en participant à un meeting de Jacques Doriot.

En 1944, quand les troupes alliées approchent de Paris, Châteaubriant se réfugie en Allemagne où il se trouve déjà quand, le 17 août, paraît le dernier numéro de La Gerbe. Le Comité national des écrivains (CNE) inscrit alors son nom sur la liste des auteurs qu’il juge indésirables.

Après l’écrasement de l’Allemagne nazie, Alphonse de Châteaubriant se réfugie en Autriche, où il vit à Kitzbühel, se faisant appeler « Dr. Alfred Wolf ». C’est donc par contumace qu’il est frappé d’indignité nationale et condamné à mort le 25 octobre 1945 par la sixième section de la Cour de justice de la Seine ; le mandat d’arrêt lancé contre lui avec ordre de le conduire au fort de Charenton ne l’atteignit jamais dans le monastère du Tyrol où il s’était réfugié et où il mourut en 1951 après avoir publié une Lettre à la chrétienté mourante.

Ses œuvres, à l’instar de celles d’Henri Béraud par exemple, semblent aujourd’hui tombées dans un relatif purgatoire en raison de l’implication de leurs auteurs dans la collaboration, même si sa cote reste très forte auprès des bibliophiles du fait de la qualité de ses textes et de celle des illustrateurs (Jean Frélaut, Mathurin Méheut, René-Yves Creston, Henry Cheffer, etc.) qui ont rehaussé ses livres, notamment La Brière.

Il repose dans la 93eme division.