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La Chapelle Royale de DREUX

vendredi 31 mars 2006.
 

La chapelle Royale de Dreux

La Chapelle royale de Dreux est née de la volonté de la duchesse d’Orléans revenue d’exil après dix sept années hors de France. Elle retrouve le sol natal le 2 juillet 1814, elle débarque à Marseille. C’est maintenant une vieille dame de soixante et un ans dont la vie n’est qu’une suite de tragédies. La Révolution l’a jetée en prison, puis chassée de sa patrie, son mari qu’elle a profondément aimé malgré les souffrances qu’il lui a fait endurer, est mort sur l’échafaud. Ses enfants sont dispersés aux quatre coins de la terre et deux d’entre eux, Montpensier et Beaujolais sont morts à un an d’intervalle, emportés par la tuberculose contractée dans les geôles du fort Saint Jean à Marseille.

Le premier souci de la duchesse à son retour en France est de donner aux défunts de sa famille une sépulture décente. Elle prend la décision de racheter le terrain où se trouve la fosse commune où ont été jetés les restes de ses aïeux, afin d’y faire édifier une chapelle. Elle choisit l’architecte parisien Claude-Philippe Cramail qui se met à l’œuvre dès octobre 1814. Mais le retour de l’Empereur et les Cent-Jours interrompent les travaux qui ne sont repris qu’en novembre 1815. Mais le propriétaire du terrain, Bellois est beaucoup moins désintéressé qu’il veut bien le dire, ses prétentions exorbitantes sont très exagérées ; Il faut au notaire de la duchesse, Robillard, une patience d’ange pour mener à bien la transaction. Enfin, le 14 février 1816, la duchesse entre en possession des lieux pour la modique somme de huit mille francs. Aussitôt prévenu Cramail se rend à Dreux pour y prendre un premier contact avec les lieux et les gens. La première chose est de déterminer l’emplacement du monument. La duchesse souhaite alors que le monument soit érigé sur l’emplacement de la fosse commune, ce qui pose de nombreux problèmes de terrassement et de déblais. Mais, la duchesse fait fi de toutes ces recommandations et maintien son projet. L’architecte se met en quête des matériaux pour la construction. Il trouve prés de Nogent-le-Roi une ancienne abbaye de bénédictins que son propriétaire exploite comme carrière de pierres. Cramail rachète donc ce dont il a besoin. Il trouve aussi un maître maçon intelligent et expérimenté en la personne de Louis-Entrope Lamésange, qui accepte de diriger les travaux. Il se révèle très rapidement comme un auxiliaire précieux.

Le chantier s’ouvre officiellement au début de mai 1816. Les fondements de l’édifice sont pratiquement achevés lorsque l’on pose la première pierre le 19 septembre. La duchesse, après avoir passé la nuit à deux lieues de là, fait son entrée à Dreux où elle est reçue par les autorités civiles et religieuses. Elle assiste ensuite à la bénédiction de l’emplacement et elle scelle la première pierre. Le lendemain elle écrit à son fils Louis-Philippe alors en Angleterre, elle lui dit combien elle a été touchée par « les marques d’attachement et de reconnaissance ».

Les quatre années suivantes sont employées à creuser le grand caveau et à monter les murs de l’édifice. Il est rapidement constaté que le coût de la construction s’avère beaucoup plus onéreux que prévu. Le 28 mai 1818, l’un des caveaux accueille le premier cercueil, celui de la petite princesse Françoise, Mademoiselle de Montpensier décédée à l’âge de deux ans. Inhumation bientôt suivie par celle de Jean-Marie Rouzet, ami dévoué de la duchesse d’Orléans pendant les jours sombres de la Révolution et de la prison. Il a été anobli par le Roi d’Espagne qui l’a fait comte de Folmon. Très affectée par la disparition de son vieil ami, la duchesse ne lui survit que huit mois. Elle s’éteint le 23 juin 1821. Après des funérailles grandioses, son cercueil est descendu dans le caveau central où repose la princesse Françoise.

Dès lors, c’est le duc d’Orléans, le futur Louis-Philippe Ier qui se fait un devoir de terminer les travaux de la chapelle. Avant la reprise des travaux après le décès de la duchesse, on procède enfin à l’exhumation des restes de la famille de Toulouse. Les autorités locales assistent à la cérémonie, les temps ont bien changés. Les ossements sont rassemblés dans une caisse de bois et déposés auprès de la duchesse douairière. L’année 1822 est marquée par l’inhumation au mois de janvier, de la duchesse de Bourbon-Condé, Louise-Marie-Thérèse Bathilde d’Orléans. Le 27 juin, c’est la bénédiction solennelle de la chapelle enfin achevée.

Vitraux de la chapelle Saint Louis

Après les 3 glorieuses, Louis-Philippe est proclamé Roi des Français. Il trouve la chapelle de Dreux trop petite, il décide alors de l’agrandir, mais en conservant l’essentiel de la construction. On décide d’adopter le style néo-gothique mis à la mode par le mouvement romantique. Le Roi prend une part active au projet. Il trace les grandes lignes du plan aidé en cela par sa fille la princesse Marie, peintre et sculpteur de grand talent, troisième enfant du couple royal. Elle décède à vingt cinq ans seulement quinze mois après son mariage avec le duc Alexandre de Wurtemberg, terrassée par la maladie à Pise. Elle est inhumée dans la chapelle de Dreux. La même année, les travaux d’agrandissement de la chapelle commencent. Trois années seront encore nécessaires pour l’accomplissement définitif des travaux. Il manque encore à la chapelle son plus bel ornement : ses vitraux. C’est chose faite grâce à la Manufacture de Sèvres. L’art du vitrail oublié depuis le XVIe siècle renaît grâce à l’intervention et le travail d’un savant minéralogique et chimiste, Alexandre Brongniart (fils de l’architecte du Père Lachaise). Les premières conceptions ressemblent plus à des tableaux translucides qu’à des vitraux.

Alors que se poursuivent les embellissements de la chapelle, le Roi prend une ordonnance en date du 23 juin 1843 :

Article premier : « Notre chapelle royale de Dreux est consacrée à la sépulture des princes et princesses de notre famille, ainsi qu’à celle de nos successeurs, descendants et héritiers ». Mais Louis-Philippe ne se contente pas de cette mesure, il décide de la traduire dans la réalité en fixant la disposition des tombeaux pour plusieurs générations. Cette mesure implique de remonter les corps qu’abritent les caveaux dans le déambulatoire terminé. La translation se déroule le 23 avril 1844. Mais on s’aperçoit alors que certains des cercueils ont subi les altérations du temps et de l’humidité. La caisse contenant les ossements de la fosse de 1793 est totalement détruite, il faut alors reprendre tous ces pauvres restes mêlés de fragments de bois et de linceuls et leur donner une nouvelle enveloppe. Georges Lenôtre a laissé une narration de cette épisode dans une page très romantique où il montre le vieux Roi, enfermé seul dans le caveau et qui « disposait les ossements sur des draps étendus, mesurant examinant, faisant le tri à la lueur d’une lampe ».Victor Hugo, frappé par la scène, la raconte dans choses vues. Le Roi fixe lui-même l’emplacement où il souhaite reposer un jour. Il remet au goût du jour une vieille tradition abandonnée depuis deux siècles, il fait placer sur les tombeaux de sa mère et de ses enfants des gisants, statues couchées représentants les disparus endormis pour l’éternité. Les plus célèbres sculpteurs de l’époque participent à l’exécution de ces statues : James Pradier en 1845, Barre avec le concours du peintre Ary Scheffer, et du sculpteur Loison. (1847).

La mise en place définitive des sépultures ayant libéré le principal caveau, le Roi le fait détruire et remplacer en 1845 par une vaste crypte circulaire.

Les tombeaux

A l’entrée de la chapelle :

Louis-Philippe Ier Roi des Français (1773-1850)

Marie-Amélie, son épouse (1782-1866) Autour de la chapelle de la vierge :

Louise-Marie-Adélaide de Bourbon-Penthièvre (1753-1821) Statue de Barre

Madame Adélaïde, sœur du Roi (1777-1847) gisant d’Aimé Millet

Marie-Clémentine, duchesse de Salerne (1798-1881) statue de Lenoir.

Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans et (1810-1842) gisant de Loison d’après Ary Scheffer

Hélène de Mercklembourg-Schwerin, duchesse d’Orléans, son épouse (1814-1858)

Partie nord du déambulatoire

Duchesse de Bourbon-Condé, tante du Roi (1750-1822) mère du duc d’Enghien.

Louis-Philippe-Albert, comte de Paris (1838-1894)

Isabelle, comtesse de Paris, son épouse (1848-1919)

Louis-Philippe-Robert, duc d’Orléans (1869-1926) gisant par Maxime Réal del Sarte

Ferdinand, duc de Montpensier, frère du précédent (1884-1924)

Duchesse de Nemours, née princesse de Saxe-Cobourg Gotha (1822-1857)

Henri d’Orléans, duc d’Aumale, cinquième fils du Roi (1822-1897) effigie de Paul Dubois

Marie-Caroline de Bourbon, (1822-1897), son épouse

François, duc de Guise (1854-1872), fils des deux précédents.

Louis, prince de Condé (1845-1866).

Les six enfants du duc d’Aumale (tombeau double)

Ferdinand d’Orléans, infant d’Espagne (1859-1873), gisant d’Aimé Millet

Louis d’Orléans, (1867-1874) frère du précédent (même sépulture)

Les deux enfants morts en bas âge de Louis-Philippe-Albert comte de Paris

Charles, duc de Penthièvre, quatrième fils du Roi (1820-1828) gisant de Pradier

Partie sud du déambulatoire

Françoise, princesse, Mademoiselle de Montpensier (1816-1818)

Louis, duc de Nemours, second fils du Roi (1814-1896), gisant par Campagne

Sophie-Charlotte de Bavière, duchesse d’Alençon (1847-1897), qui a périt tragiquement dans l’incendie du Bazar de la Charité, sœur d’Elisabeth d’Autriche (Sissi).

Ferdinand-Philippe, duc d’Alençon, son mari.

François-Ferdinand, prince de Joinville, troisième fils du Roi (1818-1900), sculpture par Mercier.

Françoise de Bragance, son épouse, (1824-1898), fille de l’Empereur du Brésil don Pedro Ier

Jean, duc de Guise (1874-1940)

Isabelle, duchesse de Guise (1878-1961), son épouse.

Pierre, duc de Penthièvre, (1845-1919) fils du prince de Joinville

Sophie-Joséphine (1898-1928)

Emmanuel, duc de Vendôme, (18782-1931)

Henriette de Belgique, duchesse de Vendôme, son épouse (1870-1948) sœur du Roi Albert Ier

Robert d’Orléans (1866-1885) fils du duc de Chartres

Henri d’Orléans, frère du précédent (1867-1901) mort à Saïgon. Gisant de Mercier

Françoise d’Orléans, fille du prince de Joinville (1844-1925)

Robert, duc de Chartres (1840-1910), statue de Gasq

Marie de Wurtemberg, fille du Roi, (1813-1839), auteur de l’ange qui surmonte sa tombe

Grande crypte circulaire

François d’Orléans, deuxième fils du comte de Paris (1935-1960) mort pour la France

Antoine d’Orléans et Bragance (1881-1918), officier dans l’armée canadienne

Louis d’Orléans et Bragance (1878-1920) engagé dans l’armée anglaise. Gisant par J. Magrou

Maria Pia d’Orléans et Bragance, son épouse (1878-1973)

Louis-Gaston d’Orléans et Bragance, fils des précédents (1911-1931)

Thibault, comte de la Marche, onzième enfant du comte de Paris (1948-1983).

Autres caveaux anciens

Louis de Bourbon, prince de Conti (1734-1814) mort en exil, ramené à Dreux en 1844 Philippe d’Orléans, régent de France (1674-1723), carditaphe

Françoise d’Orléans, et les cendres de la famille de Conti