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ANDRE Edouard (1833-1894) (40)

40eme division (1ere ligne, M, 29))
samedi 14 décembre 2013.
 

Banquier et mécène

Edouard André voit le jour en 1833.

Décédé en 1894.

Banquier, collectionneur et mécène français.

Avec épouse, Nelly Jacquemart (1841-1912), ils vont marquer le paysage parisien avec leur somptueuse demeure, l’hôtel Jacquemart-André.

D’abord officier dans l’armée, Edouard André en démissionne à l’âge de 30 ans.

Député du Gard de 1864 à 1870, héritier d’une immense fortune, il décide de se consacrer à sa passion : collectionner meubles, tableaux et objets d’art.

En 1868, il demande à l’architecte Henri Parent de lui dessiner un somptueux hôtel particulier sur un terrain situé sur le boulevard Haussmann. Il y place ses collections.

Parent a réalisé une demeure classique inspiré du XVIIIe siècle, comme souvent sous le Second Empire. Construit sur une terrasse dominant très agréablement le boulevard Haussmann, l’hôtel comporte un avant-corps central aux fenêtres cintrées et deux pavillons donnant sur le jardin (côté boulevard).

Le pavillon de droite permet d’accéder par une porte cochère à une rampe qui monte vers l’entrée principale, située dans la cour placée à l’arrière.

L’ancien manège et les écuries qui accompagnaient l’hôtel ont été remplacés par un immeuble sans caractère. Au rez-de-chaussée, les André menaient une vie brillante dans les salons de réception : le vestibule débouche dans le grand salon, par des portes sculptées du XVIIIe siècle.

Dans la partie centrale au premier étage sur cour, on identifie facilement l’ancien atelier de peinture de Mme Jacquemart-André. Précédé d’un jardin d’hiver, le grand escalier à deux volées en spirale et colonnes de marbre est grandiose ; il est couronné d’une fresque des Tiepolo, la Réception d’Henri III par Federico Contarini.

Au premier étage, le couple avait placé ses collections italiennes, très célèbres, de peintures de la Renaissance (Pontormo, Schiavone, Uccello, etc).

Mais la demeure est surtout remarquable par ses collections d’art français du XVIIIe siècle : peintures de Chardin, Fragonard, David, Greuze, Nattier, Watteau, etc ; sculptures de Coysevox, Pigalle, Bouchardon, Clodion, Coustou, Pajou, etc ; mobilier et sièges. La peinture hollandaise et les primitifs flamands sont également très bien représentés : Rembrandt, Ruysdael, van Goyen, Van der Weyden, Memling, Metys, Van Dyck.

En 1872, Edouard André devient président de l’Union centrale des Arts décoratifs. En 1881, il épouse la peintre Cornelia Jacquemart (1841-1912), qui se faisait prénommer « Nelly ». La peintre avait fait sa connaissance dès 1872, chargée de faire le portrait de cet héritier de la finance. Le couple voyage beaucoup, notamment en Italie, et projette d’installer plus tard dans leur hôtel un musée de peintures et d’arts décoratifs.

Après la mort d’Edouard André survenue en 1894, son épouse continue à se constituer une collection grandiose. En 1902, elle rachète l’abbaye de Chaalis, où elle sera inhumée après son décès en 1912. Sans enfants, le couple avait décidé de léguer ses biens à l’Institut de France. Ce que fit Nelly Jacquemart-André contre la volonté de sa belle-famille. Dès 1913, le musée Jacquemart-André ainsi que l’abbaye de Chaalis sont ouverts au public.

Comme à l’hôtel Nissim de Camondo, les oeuvres conservées à l’hôtel Jacquemart-André le sont dans leur cadre originel. Ce musée est un précieux témoin de l’art de collectionner à la fin du XIXe siècle, particulièrement bien représenté dans le 8e arrondissement.

Le musée Jacquemart-André est ouvert à la visite. On peut visiter les collections permanentes ainsi que des expositions temporaires de très grande qualité.

Franck Beaumont

Sources : En savoir plus sur la famille André