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BOUCICAULT Marguerite (1816-1887)

18eme division
vendredi 9 août 2013.
 

Co-fondatrice du Bon Marché

Marguerite Boucicaut (née Guérin) voit le jour le 3 janvier 1816, à Verjux, Saône-et-Loire.

Décédée le 8 décembre 1887 à Cannes)

C’ est une « Femme de Bien ». Elle a participé à la création et à la prospérité du Bon Marché à Paris aux côtés de son mari Aristide Boucicaut et, femme d’une grande générosité, elle a montré constamment des préoccupations sociales et humanitaires. Elle a légué à sa mort son immense fortune à des œuvres de bienfaisance tout en assurant la pérennité du premier grand magasin parisien et en gratifiant ses employés.

Marguerite Guérin est née le 3 janvier 1816 au Mont, petit hameau de Verjux en Saône-et-Loire. De père inconnu, elle porte le nom de sa mère Pierrette Guérin, âgée de 29 ans à la naissance de l’enfant. Gardienne d’oies et illettrée selon la tradition orale, elle vit avec sa mère dans une masure de Verjux, petit village bourguignon au bord de la Saône, au nord de Chalon-sur-Saône.

En 1829, après la mort de sa mère (événement incertain), Marguerite accompagne un de ses oncles à Paris et devient à 13 ans apprentie blanchisseuse dans le quartier de la rue du Bac, dans le 7e arrondissement où s’élèvera après 1869 le Bon Marché. Quelques années plus tard elle a appris à lire et à écrire et, révélant son esprit d’entreprise, tient à son compte une crémerie-gargote, un « bouillon » dit-on alors, qui sert un plat du jour aux ouvriers et employés du quartier : elle rencontre alors (en 1835/1836) Aristide Boucicaut, Normand monté lui aussi à Paris : celui-ci est alors vendeur au rayon châles du "Petit Saint-Thomas", première préfiguration du grand magasin parisien, créé en 1830 par Simon Mannoury.

Les parents d’Aristide s’opposent à son mariage avec une fille déclassée ce qui conduit le couple à vivre en concubinage : ils se marieront finalement le 5 octobre 1848. Un fils, Anthony-Aristide (appelé parfois Antoine), naîtra en 1839 et Aristide le reconnaîtra en 1845.

Cette même année, la fermeture du Petit saint Thomas laisse Aristide qui était devenu chef de rayon sans emploi : il rencontre alors les frères Videaux qui viennent de créer dans le même quartier, à l’angle de la rue de Sèvres et de la rue du Bac, leur mercerie nommée « Au Bon Marché ». Il y est embauché et séduit ses employeurs en partageant avec eux le goût du commerce moderne avec entrée libre, affichage des prix, faible marge bénéficiaire, vente par correspondance, soldes..., et en 1852 une association est décidée entre eux.

Le 1er juin 1853 une nouvelle société est constituée : la SNC « Videau frères et Aristide Boucicaut » dont l’objet est « l’exploitation de la maison de nouveautés Au Bon Marché - Adresse : 22-24 rue de Sèvres au Capital de 441 120 F » avec pour principe de fonctionnement le réinvestissement de tous les bénéfices dans l’affaire.

Soutenu par sa femme Marguerite, Aristide Boucicaut se montre entrepreneur et novateur et ambitionne de créer un vaste magasin moderne où tout doit favoriser la consommation féminine : les marchandises à profusion doivent faire le « Bonheur des dames » (Zola s’inspirera du Bon Marché pour son roman) L’idée d’un vaste lieu multipliant les tentations d’achat lui serait venue à l’occasion de sa visite de l’Exposition universelle de 1855 où il s’était perdu au milieu des stands. C’est une étape importante vers une société de consommation et la création du cliché de la Parisienne élégante. La prospérité est au rendez-vous et le magasin se développe considérablement.

Le 31 janvier 1863 Aristide Boucicaut rachète les parts de ses associés grâce à un prêt d’Henri Maillard, un pâtissier né à Mortagne-au-Perche non loin du pays natal d’Aristide Boucicaut et qui a fait fortune aux USA. La transformation et l’extension du Bon Marché se poursuivent avec d’importantes acquisitions foncières : le chiffre d’affaires est alors de 21 millions.

En 1869, le couple Boucicaut entreprend, sur des plans de l’architecte Louis-Charles Boileau secondé par l’ingénieur Gustave Eiffel, la construction des bâtiments qui existent encore aujourd’hui, et dont la première pierre est posée par Marguerite Boucicaut le 9 septembre 18697. Retardés par la guerre de 1870, les travaux se réaliseront jusqu’en 1887 par tranches successives en même temps que se multiplieront les acquisitions foncières : la surface finale du magasin atteindra 52 800 m28. La maison Boucicaut continue à développer une stratégie commerciale innovante et fait preuve aussi de préoccupations sociales inspirées par le socialisme chrétien de Lamennais.

Le fils Anthony-Aristide est associé à la direction du grand magasin le nom de l’entreprise devenant « MM.A. BOUCICAUT et fils ». Le chiffre d’affaires s’accroît de manière très importante au fil des années : 7 millions en 1862, 21 millions en 1869, en 1877 le Bon Marché réalise 72 millions de chiffre d’affaires et emploi 1788 personnes . À la mort d’Aristide Boucicaut survenue brutalement le 26 décembre 1877 (il est inhumé le 29/12 au cimetière Montparnasse), son fils, gravement malade depuis quelque temps déjà, assure la direction du Bon Marché mais ne lui survit guère (il meurt d’une longue « maladie de poitrine » le 18 octobre 1879 sans avoir d’enfant).

Marguerite Boucicaut, veuve et sans descendant dirige alors l’entreprise avec l’assistance des anciens collaborateurs de son mari10. Est créée alors en janvier 1880 la Société « Veuve Boucicaut et Compagnie » transformée en 1886 en « Société Civile du Bon Marché » : les statuts associent Marguerite Boucicaut et l’encadrement du magasin : les actions sont réservés aux seuls employés de la maison ce qui assure la pérennité du Bon Marché.

Le rôle de Me Plassard, président du conseil d’administration du magasin, a été déterminant à ses côtés : désigné comme gérant à vie par le testament de Mme Boucicaut, il se retire néanmoins de son poste et des affaires en 18931.

Le 8 décembre 1887 Marguerite Boucicaut qui souffre de difficultés cardiaques meurt subitement à 1 heure du matin dans sa villa de Cannes (la Villa Soligny que les époux Boucicaut ont fait construire) où elle est à peine arrivée.

Son corps est embaumé et transporté à Paris en wagon spécial : il est exposé à son domicile, un hôtel particulier construit en 1882 au 115 rue du Bac, où une grande foule vient se recueillir.

Les funérailles qui ont lieu le 12 décembre 1887 sont impressionnantes : des milliers de personnes accompagnent le corbillard à l’église Saint-Thomas d’Aquin puis après l’office au cimetière Montparnasse où a lieu l’inhumation près de son mari Aristide et de leur fils Anthony le12 décembre.

Leur sépulture (18e section du cimetière Montparnasse) est entretenue par l’Assistance publique.

Mme Boucicaut, n’ayant pas de proche héritier, lègue par testament sa fortune évaluée à plus de cent millions aux employés de la grande famille du Bon Marché et à de très nombreuses œuvres sociales.

Sources : Wiki et divers (2013)