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Dessinateurs - Peintres - Décorateurs

ZLATIN-YANKA Sabine (1907-1996)

18eme division
vendredi 9 août 2013.
 

Peintre et résistante

Sabine Zlatin voit le jour le 13 janvier 1907 à Varsovie en Pologne.

Décédée le 21 septembre 1996 à Paris.

Résistante juive française et une peintre.

Sabine Chwast est la dernière de douze enfants. Le père est architecte. Il n’aime pas le prénom donné à sa fille, et décide de l’appeler Yanka, un nom qu’elle gardera par la suite. Ne supportant plus un milieu familial étouffant et l’antisémitisme des Polonais, elle décide au milieu des années 1920 de quitter son pays natal. Au gré des rencontres, elle gagne successivement Dantzig, Koenigsberg, Berlin, Bruxelles pour finalement arriver en France à Nancy, où elle entreprend des études en histoire de l’Art.

Elle fait la connaissance d’un jeune étudiant juif de Russie, Miron Zlatin qui prépare un diplôme d’études supérieures agronomiques à l’université de Nancy. Ils se marient le 31 juillet 1927. Le couple n’a pas d’enfant. En 1929, Miron et Sabine acquièrent une ferme avicole actuellement rue Miron-Zlatin à Landas dans le Nord. Après quelques difficultés, l’exploitation se révèle un succès. Ils sont naturalisés le 26 juillet 1939.

En septembre 1939, la guerre éclate et Sabine décide de suivre des cours de formation d’infirmière militaire à la Croix-Rouge à Lille. En 1940, le couple fuit pour Montpellier, avant de s’installer dans un petit village nommé Izieu. Ils y fondent en mai 1943 la colonie des Enfants d’Izieu qui abrite des enfants juifs. La colonie est un lieu de passage dans un réseau de sauvetage composé d’autres maisons, de famille d’accueil ou encore de filières de passage en Suisse.

Au moins 105 enfants, juifs pour la plupart, y sont accueillis à partir de mai 1943. Certains ne restent que quelques semaines ou quelques mois. Le 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon dirigée par Klaus Barbie, arrête les 44 enfants de la colonie et les 7 éducateurs présents. Sabine est absente, sentant venir le danger, elle est allée à Montpellier pour demander à l’abbé Prevost de l’aider à disperser la colonie.

Après la rafle, Sabine Zlatin rejoint Paris où elle s’engage dans la Résistance. À la Libération, elle est nommée hôtelière-chef du Centre Lutetia, responsable de l’organisation de l’accueil des déportés à leur retour des camps. En juillet 1945, plus d’un an après la rafle, Sabine Zlatin apprend que son mari et les enfants arrêtés le 6 avril 1944 ont été exterminés à Auschwitz ; seule, une encadrante de la maison d’Izieu, Léa Feldblum, également déportée à Auschwitz, en reviendra vivante.

Après la fermeture du Lutetia, en septembre 1945, elle s’installe définitivement à Paris. Elle s’adonne à la peinture, signant ses toiles du nom de Yanka, le surnom que lui avait donné son père.

Hommages :

Une plaque, au 46 rue Madame à Paris (VIe), rappelle qu’elle vécut dans ce lieu.

Une rue Sabine-Zlatin est créé dans le 7e arrondissement de Lyon en 2012 ; un projet de dénomination envisage son renommage en « rue Miron-et-Sabine-Zlatin ».