Navigation







Dessinateurs - Peintres - Décorateurs

GROSS Valentine (HUGO) (1887-1968)

28eme division
vendredi 9 août 2013.
 

Peintre et décoratrice

Valentine Hugo, née Valentine Marie Augustine Gross, est une peintre française, née à Boulogne-sur-Mer dans le quartier Capécure, le 16 mars 1887 et morte à Paris le 16 mars 1968, le jour même de son quatre-vingt-unième anniversaire.

Son père, Auguste, était un musicien. Réfugié de l’Alsace annexée à l’Empire, il travaillait comme professeur de piano.

De 1907 à 1910, Valentine Gross étudie aux Beaux-Arts de Paris. Ses études terminées, elle entre dans les cercles de Marcel Proust, André Gide, Paul Morand, Pablo Picasso, Jean Cocteau, Erik Satie1, Maurice Ravel, Serge Diaghilev, Léon-Paul Fargue, Roger de la Fresnaye, qu’elle reçoit dans son appartement de la rue de Montpensier. En 1913, elle note et dessine, d’après Vaslav Nijinski, les costumes et la chorégraphie du Sacre du printemps.

Après la Grande Guerre, elle continue de fréquenter ses amis au sein du groupe des Six où elle fait la connaissance de Georges Auric. En 1919, elle épouse le peintre Jean Hugo rencontré deux ans plus tôt.

Le couple tient salon dans leur appartement du Palais-Royal1. Elle collabore avec son mari en 1921 à la création des costumes des « Les Mariés de la tour Eiffel » de Jean Cocteau . Celui ci lui présente Raymond Radiguet. Elle passe des vacances avec les deux écrivains en 1921 et 1923 au Piquey, près d’Arcachon. En 1924, elle réalise de nouveau les costumes d’une pièce de Jean Cocteau, « Roméo et Juliette ».

Elle étudie alors la gravure.

Vers 1926, elle rencontre les surréalistes. En 1929, elle a une liaison avec Paul Éluard que Gala vient de quitter, puis, en 1930, avec André Breton qui la fascine malgré la relative froideur qu’il témoigne à une femme qualifiée de « copurchic ». Elle divorce deux ans plus tard.

Elle peint le portrait de plusieurs surréalistes et illustre les œuvres de René Char, René Crevel, Éluard, mais également Lautréamont et surtout la réédition des Contes bizarres d’Achim von Arnim dont Breton écrit la préface.

Elle expose avec Max Ernst, Giacometti, Arp, Pablo Picasso, Marcel Duchamp, Man Ray mais elle connaît alors une période moralement difficile1 aggravée par les difficultés financières consécutives à la crise de 1929 et l’effondrement du marché de l’art.

Elle participe au Salon des Surindépendants, à Paris en 1933, et à l’exposition Fantastic art, Dada, Surrealism au Museum of Modern Art de New York (1936). Affectée par le suicide de René Crevel (1935) et par les départs de Char, Tristan Tzara et Paul Éluard, Valentine Hugo quitte le groupe à son tour en 1937 et se détourne du surréalisme. En 1942, elle retrouve Paul Éluard pour La Conquête du monde par l’image.

Elle termine sa vie seule et dans la gêne dans son appartement de la rue de Sontay, près de la place Victor-Hugo, obligée en 1963 de vendre livres et tableaux de valeur.

En 1977, le Centre culturel de Champagne, à Troyes (Aube), lui consacre la première rétrospective monographique jamais organisée en France.