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Sciences et Techniques - Gravure - Reliure - Illustration

COSTER Germaine de (1895-1992)

6eme division
vendredi 9 août 2013.
 

Illustratrice, relieur, graveur

Germaine de Coster voit le jour à Paris, le 1er septembre 1895.

Décédée en 1992.

Douée très jeune pour le dessin, elle entre, en 1912, à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Elle travaille avec Genuys, Follot et Chadel, qui sera son maître pour la gravure. En même temps qu’elle se spécialise dans les Arts Graphiques, Germaine de Coster s’intéresse aux tissus, aux décors et costumes de théâtre (stage au Vieux-Colombier, avec Copeau et Jouvet).

Nommée, en 1921, professeur de décoration dans les Ecoles professionnelles de la Ville de Paris et depuis 1931, au Collège Technique des Arts Appliqués de la rue Duperré, elle poursuit parallèlement son œuvre de graveur et de décorateur.

Elle fait, depuis 1936, partie de la Société des Artistes Décorateurs où elle fut présentée par René Gabriel et Paul Bonet, et participe régulièrement à ses salons avec des reliures exécutées par Hélène Dumas et qui seront toujours signées De Coster-Dumas.

Elle y reçoit une plaquette d’or de la Société d’encouragement à l’Art et à l’Industrie et y organise, en 1954, un Centre d’Information artistique. En 1949, G. de Coster expose à Lyon avec la Société de la Reliure Originale, dont le prix lui est décerné en 1951. Elle est dès lors, membre de cette Société d’artistes et de bibliophiles et participe à ses expositions à la Bibliothèque Nationale ; par ailleurs, elle prend part à toutes les grandes manifestations, en France et à l’étranger, consacrées aux Arts Graphiques et à l’Art décoratif.

Membre du Comité de la S.A.D., dont elle est successivement secrétaire et vice-présidente, Germaine de Coster est Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1946.

Graveur dont nous n’avons pas ici à signaler l’œuvre importante, Germaine de Coster qui est membre de la Société des Peintres-Graveurs, s’est logiquement trouvée attirée par les différents éléments constructifs du Livre, et en particulier par sa reliure. Dès ses débuts et pendant de nombreuses années elle seconda Jules Chadel dans les divers travaux qu’il exécuta pour le grand collectionneur Henri Vever et fut mise ainsi en étroits rapports avec des problèmes de décoration et singulièrement avec, ceux posés par ce livre.

Depuis ses premières reliures présentées au Salon des Artistes Décorateurs, puis à l’Exposition Internationale de 1937 jusqu’au « Pantagruel de Derain dont, selon le règlement de la Société de la R.O., lauréat, elle se vit confier la reliure pour être offerte à la Bibliothèque Nationale, la personnalité de Germaine de Coster n’a cessé de s’affirmer et prend, avec ses Plus récentes maquettes pour des livres conçus et illustrés par elle « 27 bêtes pas si bêtes » et le « Buffon ») un caractère assez particulier et résolument libéré de toute tradition.

Bien que Germaine de Coster affirme que les moyens d’expression dont elle use presqu’exclusivement : fers traçant des feux de filets droits, jaillissants et aux brusques rencontres en angles aigus l’aient influencée dans son retour au burin, c’est bien en graveur qu’elle ordonne des décors nés, presque toujours d’une fine observation de la nature et transposés avec une poétique fantaisie. Ses décors couvrent rarement la totalité du cuir aux colorations rares et sans éclat, réservant autour du motif, librement centré, de grandes Plages de silence.

Ajoutons que ses reliures, exécutées avec une impeccable maîtrise par Hélène Dumas, présentent en dehors de leurs qualités architecturales et décoratives, l’attrait d’une rare distinction.

Sources : Texte extrait de la revue Mobilier et Decoration N° 1 Fevrier 1955