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LECLERC Annie (1940-2006)

13eme division
jeudi 8 août 2013.
 

Professeur et philosophe

Annie Leclerc, voit le jour le 21 juillet 1940 à Saint-Sulpice-Laurière (Haute-Vienne.

Décédée le 13 octobre 2006 à Paris.

Professeur, philosophe et militante féministe.

Elle était l’épouse du théoricien marxiste Nicos Poulantzas.

Annie Leclerc s’est imposée comme une figure majeure du féminisme de l’après Mai 68. Elle a fait ses études secondaires au lycée Marie-Curie, à Sceaux et des études de philosophie à la Sorbonne (licence en philosophie, 1963).

Entre 1963 et 1975, Annie Leclerc est professeur de philosophie mais elle met sa carrière entre parenthèses pendant quatre années afin de se consacrer à l’écriture. Elle collabore à différentes revues dont Les Temps modernes.

Elle enseigne à nouveau, dès 1979, les techniques d’expression écrites et orales à l’IUT de Sceaux.

Elle milite très tôt pour la liberté de la femme. Influencée par les recherches de Michel Foucault, elle s’engagera aussi dans une autre cause, celle d’offrir une dignité aux prisonniers indépendamment de la cause directe qui leur a fait perdre leur liberté.

Annie Leclerc constate à l’instar de Michel Foucault l’inefficacité du système pénitentiaire. Aussi animera-t-elle des années 1970 aux années 1990 des ateliers d’écriture dans les prisons de la région parisienne, tout en se battant pour démontrer l’inhumanité de l’incarcération, essentiellement par l’écriture. Elle veut redonner aux prisonniers une fierté et une humanité par l’entremise de la re-découverte de leur émotivité dans les situations les plus ordinaires que la prison propose, ainsi que la joie de vivre à travers des exercice d’évocation poétique qui relèvent parfois de l’auto-psychothérapie.

Son succès vient avec le livre Parole de femme dans lequel, à travers un discours enraciné dans la subjectivité propre aux multiples jouissances du corps et spécialement celui féminin, elle montre en quoi elle récuse les stéréotypes masculins (courage, force, fermeté...) qui brident la capacité à jouir et dévalorisent les "faibles" : l’enfant, le vieillard, la femme.

Elle s’est fait connaître également par le manifeste des 343 publié dans Le Nouvel Observateur en 1971, qu’elle avait signé, s’accordant ainsi avec les femmes qui déclaraient avoir avorté et militant ainsi pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse.

Sa pensée d’une femme qui serait valorisée tant dans l’achèvement des tâches ménagères que dans la maternité la marginalisa du mouvement féministe majoritaire des années 1970. Aussi son amitié complice avec Simone de Beauvoir ne perdure guère après la parution de Parole de Femme. Plus encore, elle laisse entendre dans Parole de Femme et Hommes et Femmes que le féminisme est une idée d’origine masculine qui renie la féminité elle-même. En effet, elle estime que la dévalorisation des tâches ménagères dévolues aux femmes au profit du travail viril utile à la société est un concept purement masculin, et que des activités comme préparer le repas familial, s’occuper des enfants et du mari, faire le ménage sont autant d’activités spirituellement enrichissantes et propres en somme à la véritable féminité, qu’elle conçoit d’abord comme une sensibilité (à l’environnement direct et élargi, aux rapports sociaux, etc).

Elle en conclut ainsi que la lutte des féministes pour s’emparer des positions sociales des hommes relève in fine d’une sur-valorisation stérile de ce statut social qui ne peut profiter qu’à l’homme, et qui se fait non seulement au détriment de l’idée que la femme peut se faire d’elle-même (briguer à toute force le même statut que l’homme aboutit à se rendre méprisable à ses propres yeux), mais aussi au détriment de l’ensemble de sa sphère intime et partant de la cellule familiale, et, par voie de conséquence, sur la société tout entière, la sphère familiale étant seule apte à structurer l’individu en regard du monde extérieur.