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KRIEGEL Annie (1926-1995)

25eme division
jeudi 8 août 2013.
 

Historienne, éditorialiste au Figaro

Annie Kriegel, née Annie Becker, voit le jour le 9 septembre 1926 à Paris, dans le 11e arrondissement, et morte dans cette même ville le 26 août 1995.

est une universitaire, historienne et éditorialiste française, Sœur de l’historien Jean-Jacques Becker, elle avait épousé Guy Besse, puis Arthur Kriegel, frère de Maurice Kriegel-Valrimont, mariage duquel sont nés deux fils (Maurice, Emmanuel) et trois filles (Danièle, Irène, Bérénice).

Militante du PCF durant sa jeunesse, Annie Kriegel a progressivement changé d’orientation politique après les évènements de 1956. Devenue ensuite éditorialiste au Figaro, son regard s’est fait de plus en plus critique sur le passé du communisme français.

En 1942, Annie Becker s’engage dans la Résistance en rejoignant la Jeunesse communiste de la Main d’Œuvre Immigrée (M.O.I.). Comme c’est le lot de la plupart de ceux qui s’engagent à l’époque dans ce chemin, qui n’est pas sans risque quoiqu’ils les taisent, elle mène une double vie. Elle travaille le jour, boulots alimentaires de secrétariat où, écrit-elle, elle « n’a pas reconnu dans les pages d’agonie » que Simone Weil consacre à son stage ouvrier et elle accomplit ses tâches « résistantes », de « responsable technique » la nuit.

À la Libération, normalienne (Sèvres), elle s’investit dans l’activité menée par les étudiants communistes au Quartier latin. Le mouvement de la jeunesse communiste auquel elle prend part se nomme, en 1946, l’U.J.R.F. (Union de la jeunesse républicaine de France).

Dans le prolongement de ses choix de jeunesse, elle a 20 ans, elle adhère au PCF en octobre 19455. Menées en parallèle à son activisme politique, les études qu’elle avait reprise en 1945 l’amènent jusqu’à l’agrégation. Professeure d’histoire-géographie, elle exerce peu, en raison de sa vie familiale et d’un militantisme qui en fait, sans l’être en statut, une permanente au Parti communiste.

En 1951 sur sa demande elle devient permanente appointée dans la fédération de la Seine du Parti communiste français7. Elle exerce des fonctions de permanente du Parti de 1948 à 1954. Elle fait partie du comité de rédaction de l’organe éditorial s’adressant aux intellectuels, La Nouvelle Critique, qui se sous-titre Revue du marxisme militant.

Le nom d’Annie Besse y apparaît jusqu’à la fin de l’année 1957. Elle y publie 15 articles « entre mars 1950 et novembre 1955 ». Dans ce secteur d’activité, elle déploie un militantisme certain, qu’elle ne cache pas dans l’ouvrage autobiographique qu’elle publie quarante ans plus tard, Ce que j’ai cru comprendre. Elle prend ensuite ses distances, avant de quitter le Parti en 1957, à la suite des révélations sur le stalinisme (déstalinisation).

En novembre 1957, elle est exclue du comité de rédaction de La Nouvelle Critique lors d’une séance où Laurent Casanova, responsable des « intellectuels » au sein de la direction du Parti communiste eut le rôle de l’excommunicateur. Après s’être ralliée au général De Gaulle en mai 1958, elle est devenue dans les années 1970 chroniqueuse au Figaro.

Par la suite, elle consacre son travail à l’histoire du communisme, dont elle devient une des plus acerbes critiques. Dans les années 1970, ses travaux sur la naissance du PCF font partie des premières recherches sur ce sujet sensible : ce segment de l’histoire devient un champ de recherche à part entière. En 1982, elle fonde avec Stéphane Courtois la revue Communisme. Il existe un congrès d’histoire, fondé après sa mort, qui porte son nom, ainsi qu’une « Association d’études et de recherches en sciences sociales Annie Kriegel ». Les historiens Emmanuel Le Roy Ladurie, Pascal Cauchy, Patrick Guis et Arthur Kriegel en font notamment partie.

Son travail sur le communisme a été salué par ses pairs, dont l’historien Robert O. Paxton, qui déclara lors de la publication de la version anglaise de son ouvrage sur le parti communiste : « C’est le travail le plus convaincant qui ait été écrit sur le parti communiste français et peut-être sur n’importe quel parti communiste occidental »

Elle repose dans la 25eme division.