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GRANOFF Katia (1895-1989)

20eme division
jeudi 8 août 2013.
 

Femme de lettres et galeriste russe

Katia Granoff voit le jour le 16 juillet 1895 à Nikolaïev en Ukraine.

Décédée à Paris en 1989.

Menant de front la double activité de femme de lettres et de marchand de tableaux, Katia Granoff a su établir une véritable symbiose entre les mots et les couleurs.

Née le 16 juillet 1895 à Nikolaïev en Ukraine, Katia Granoff a étudié la littérature et les sciences sociales en Suisse. Comme la révolution bolchevique avait ruiné sa famille, elle vint s’installer à Paris, en 1924, et y créa deux ans plus tard sa première galerie, 166, boulevard Haussmann.

Attachée à la défense des jeunes talents, elle exposa les artistes de l’École de Paris, parmi lesquels elle révéla Marc Chagall et Othon Friesz.

Installée quai de Conti en 1931, c’est surtout après la guerre qu’elle rencontra un succès international en favorisant la redécouverte des séries des Nymphéas de Claude Monet, grâce à la confiance que lui accorda le fils cadet du peintre.

De 1956 à 1961, Katia Granoff ouvrit trois nouvelles galeries : place Beauveau à Paris, sur la Croisette à Cannes et sur le port de Honfleur.

Douée d’une rare énergie et d’une passion enthousiaste, elle œuvra à la reconnaissance définitive d’artistes comme Soutine, Utrillo et Dufy, sans jamais négliger pour autant de faire valoir la qualité de petits maîtres comme Laprade ou Mané-Katz.

La fréquentation des artistes développa chez elle une sensibilité créatrice qu’elle mit au service de la plume. Non seulement son œuvre poétique fut saluée par de nombreuses récompenses, comme le prix de l’Académie française pour La Colonne et la rose en 1966, mais cette Russe émigrée, naturalisée en 1937, sut aussi contribuer à la défense de la poésie de son pays (Anthologie de la poésie russe, prix Georges Dufau, 1961).

Figure singulière à l’accent légendaire et aux allures de tsarine, Katia Granoff était connue pour son extrême générosité : chaque année, elle faisait don au musée d’Honfleur d’une toile de sa collection, et les musées du Louvre et d’Orsay la comptent parmi leurs généreux donateurs.

Philippe PIGUE