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GOLDSCHMIDT Clara (1897-1982)

29eme division
jeudi 8 août 2013.
 

Ecrivain, militante

Clara Goldschmidt, épouse Malraux, voit le jour le 22 octobre 1897 à Paris 5e.

Décédée le 15 décembre 1982 à Andé (Eure), âgée de 85 ans.

Clara Goldschmidt de nationalité allemande, passe son enfance à Auteuil dans une famille aisée et cultivée, entre une mère oisive et un père absent. Elle est bercée par les lectures de Shakespeare, Balzac, Corneille et Hugo.

En 1920, elle entre comme traductrice à Action, revue d’avant-garde où elle rencontre certains artistes, comme Cendrars, Picasso, Cocteau, Aragon et André Malraux. Elle fait la connaissance d’André Malraux au cours d’un dîner organisé par Florent Fels.

Il occupe une chambre à l’hôtel Lutetia, au 45 du boulevard Raspail. Ils partent ensemble en Italie : Florence, Venise, puis faute d’argent, rentrent d’urgence en France. Le 21 octobre 19211, elle épouse ce dernier. Ils se jurent l’un l’autre une grande indépendance et de pouvoir divorcer à leur guise. Ils partent en voyage de noce à Prague, puis à Vienne et passent les fêtes de fin d’année à Magdebourg, berceau de la famille de Clara.

Au début de 1922, Clara part avec André à Berlin, puis en Tunisie et en Sicile. Malraux dirige alors une collection aux Éditions du Sagittaire. En 1923, André réussit à se faire réformer. Il place l’argent de Clara en bourse dans des valeurs mexicaines (notamment des mines d’or) qui s’effondrent ; ils sont ruinés.

Pour se refaire, André a l’idée de voler des statues d’art khmères et les revendre. Les voilà tous les deux, accompagnés de l’ami de Malraux Louis Chevasson en route vers le Cambodge. Arrivés au temple de Banteay Srei, vers la mi-décembre, ils découpent les 7 bas-reliefs, qu’ils emballent et emportent. Arrivés à Phnom-Penh le 23 décembre 1923, ils sont arrêtés sur dénonciation et assignés à résidence. André est condamné le 28 octobre 1924 à 3 ans de prison ferme et l’ami Louis à 1 an et demi. Clara est acquittée. Repartie à Paris, elle mobilise en faveur de son mari les intellectuels en vue de l’époque : Marcel Arland, Louis Aragon, André Breton, François Mauriac, André Gide, Max Jacob.

En appel, la peine d’André Malraux est réduite à 1 an et 8 mois avec sursis. Rentré en France en novembre 1924, il demeure avec Clara quelque temps au 39 du boulevard Edgar Quinet (qui n’existe plus aujourd’hui). Cette aventure lui inspire son œuvre : La Voie Royale. En 1925, ils repartent en Indochine, descendent à l’Hôtel Continental à Saïgon, qui existe toujours. André Malraux fonde un journal : Indochine, Clara y devient journaliste. Le journal devient par la suite L’Indochine enchaînée.

Ils rentrent à la fin de l’année. Entre-temps, Clara est devenue gravement dépendante à l’opium4. En 1926, ils emménagent au 122 du boulevard Murat à Paris. De 1929 à 1931 ils feront plusieurs voyages en Orient.

En mars 1932, la belle-mère de Clara décède. Ils s’installent au 44 de la rue du Bac dans le 7e arrondissement de Paris. André fait la connaissance de Josette Clotis. Le 28 mars 1933, Clara met au monde Florence. Elle s’achète une voiture qu’elle conduit - André n’a pas de permis. Elle a de plus en plus le sentiment d’étouffer avec ce mari dont la personnalité l’écrase.

En 1933, après l’incendie du Reichstag, Clara aide les émigrés allemands qui fuient le régime nazi. André milite contre le fascisme et prend la défense de Dimitov accusé d’avoir incendié le Reichstag.

André a une courte liaison avec Louise de Vilmorin. Clara n’est pas présente pour la remise du prix Goncourt, elle est en Palestine avec un jeune peintre de 20 ans. De juin à septembre 1934, le couple est en URSS, Clara est plus méfiante vis-à-vis des soviétiques.

Le 22 juillet 1936 André rejoint l’Espagne, elle tient à l’accompagner et recrute les pilotes. En 1937, André part aux États-Unis pour récolter de l’argent afin de venir en aide à la jeune République Espagnole ; il n’est pas seul : Clara découvre qu’il est accompagné de Josette Clotis ; le couple se sépare, mais ne divorcera officiellement qu’en 1947. Prenant conscience de ses origines juives, elle va militer dans un groupe révolutionnaire allemand s’inspirant du trotskisme.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle se réfugie à Paris puis dans le Lot. En zone libre, elle rencontre un nouvel amour, Gérard Krazat, un Allemand, antifasciste et communiste. Elle s’engage avec lui dans la Résistance. Arrêté par la Gestapo, Krazat meurt et Clara devient clandestine.

À la fin des années quarante, elle se lie avec un écrivain, Jean Duvignaud, qu’elle épouse en 1950 et participe à la revue Contemporains.

En 1947, elle divorce d’avec André Malraux. Sa fille Florence signe en 1960 le Manifeste des 121 favorable à l’insoumission des appelés pour l’Algérie, ce qui va la brouiller avec son père jusqu’en 1968. En 1967, lorsque le conflit israélo-arabe éclate, elle s’engage en faveur du dialogue.

En mai 1968, elle milite aux côtés des étudiants de Nanterre. Elle dira de cette époque : « C’est la fin de ma jeunesse ». Elle a alors 70 ans.