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Acteurs - Comédiens - Comédie française - Arts de la scène et de l’écran

SOREL Cécile (1873-1966)

9eme division
mercredi 7 août 2013.
 

Comédienne française

Céline Émilie Seure, dite Cécile Sorel, comtesse de Ségur par son mariage (Paris, 7 septembre 1873 - Trouville-sur-Mer, Calvados, 3 septembre 1966), est une comédienne française.

Jouissant d’une très grande popularité, elle côtoie les plus grandes personnalités de son temps, au nombre desquelles Clemenceau, Rostand, Guitry...

Reine des planches, ses apparitions publiques, le plus souvent dans des costumes extravagants, font à son époque sensation.

Cécile Sorel est très tôt attirée par le théâtre. Élève de Delaunay et de Mademoiselle Favart, elle est, durant les premières années de sa carrière, une représentante du théâtre dit « léger ». En 1899, elle fait son entrée à l’Odéon et, en 1901, à la Comédie-Française, où elle se spécialise dans les emplois de « grandes coquettes ». Son style est très reconnaissable et serait considéré aujourd’hui comme outré, au ton déclamatoire et à la diction « surarticulée » - c’était aussi, à la même époque, le style de Sarah Bernhardt. Comme cette dernière, elle est notamment associée au rôle de Célimène du Misanthrope de Molière. Élue 339e sociétaire de la Comédie-Française en 1904, Cécile Sorel le restera jusqu’en 1933.

Éternelle fiancée de Witney Warren, un Américain richissime, elle se marie finalement, et contre toute attente, avec le comte de Ségur-Lamoignon, arrière-petit-fils de la comtesse de Ségur, acteur jugé médiocre, appelé Guillaume de Sax à la scène. Plus de quinze ans séparent les époux, et ce mariage donne lieu aux moqueries les plus cruelles : on appelle le couple « la faux-cil et le marteau », « la belle et le bête », etc. Son mari, employé au Ministère des Affaires étrangères est rebaptisé le « con d’Orsay ». Cécile conservera le titre de comtesse de Ségur jusqu’à la fin de sa vie.

Cécile Sorel et Maurice Barrès au jardin des Tuileries lors de l’inauguration du monument André Le Nôtre en 1913.

Elle devient une amie proche de l’historien d’art Gustave Larroumet, de Maurice Escande, de Clemenceau, qui en a brossé ce savoureux portrait : « Une sorte de travesti empanaché. À travers les plumes, j’ai fini par reconnaître l’autruche. Elle s’était surpassée, ce qui me paraissait impossible.

Une robe pour le Carnaval de Rio ou le couronnement du roi Pausole. », et qui sut un jour la remercier d’un envoi de... chrysanthèmes par ces mots : « Merci de vos admirables fleurs, par lesquelles il vous a plu d’humilier ma vieillesse. »

Elle fréquente aussi Maurice Barrès, dont Clemenceau dit qu’elle fut très brièvement la maîtresse, et Félix Faure.

En 1933, elle lance le fameux « L’ai-je bien descendu ? » au pied de l’escalier Dorian du Casino de Paris, phrase qui lui restera pendant longtemps associée.

En 1937, elle tourne un petit rôle auto-allusif, la courtisane - très âgée - dans Les Perles de la couronne de Sacha Guitry.

Le 19 avril 1944, elle échappe de peu au bombardement du Théâtre-Français à Rouen où elle venait de donner une représentation du Roi Christine.

À la Libération, elle est quelque peu inquiétée, probablement parce qu’elle apparaît plusieurs fois dans le journal Le Matin, notamment en une du numéro du 17 octobre 1941, où on la voit en photo en train de fleurir la tombe de Marie-Antoinette.

Le 6 novembre 1945, son mari décède.

Le 15 août 1950, elle est saisie d’une « conversion », suite à laquelle elle prononce ses vœux dans le tiers-ordre franciscain - comme l’avait fait l’« autre » comtesse de Ségur avant elle - à la chapelle des Carmes de Bayonne ; elle prend le nom de sœur sainte Cécile de l’Enfant-Jésus.

Ses dernières années sont consacrées à l’écriture et à la foi. Elle apparaîtra encore, cependant, dans une émission télévisée consacrée à sa carrière en 1965.

Elle meurt en 1966, âgée de quatre-vingt-douze ans, au château de Hennequeville de Trouville-sur-Mer, un château que lui louait Jean Dupuy, dit le « baron Barclay ». Elle est inhumée au cimetière du Montparnasse à Paris.

À Biarritz, elle habitait soit à la villa Mirasol, près de l’hôtel du Palais, soit dans une suite qu’elle louait à l’année à l’hôtel Continental.

Elle habita un hôtel particulier au 21 de la rue Le Sueur à Paris, qui fut racheté en mai 1941 par le sinistre docteur Petiot.

Sa tombe a été entièrement repensée il y a quelques semaines, l’ensemble est un peu kitsch, mais correspond tout à fait à la grande comédienne...

Sources : Wiki et divers (2013)