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Journalistes - Reporters - Photographes

TARO Gerda (1911-1937)

97eme division
jeudi 5 janvier 2006.
 

La guerre d’Espagne

Gerda Taro, de son vrai nom Gerda Pohorylle est née à Stuttgart en Allemagne le 1er août 1910. Elle était photographe.

Elle fut la compagne de Robert Capa qu’elle rencontra à Paris à Montparnasse. Elle prit part à la guerre civile espagnole comme correspondante pour divers périodiques. Tout comme Capa, ses photos nous livrent beaucoup d’humanité et de conscience de l’instant saisi, Capa nous projette des clichés irremplaçables, sa vision de la guerre et de l’horreur au quotidien, Gerda, elle nous restitue la vie des hommes, des instants faits de joie, de colère, de haine et de mort.

Vision figée depuis plus de soixante années mais combien actuelle. Mais, le 25 juin 1937, lors de la bataille de brunette, à l’ouest de Madrid, alors qu’elle suit les troupes républicaines, elle est blessée par un char et décède le lendemain des suites de ses blessures, au petit matin.

C’est une foule immense qui l’accompagne au Père-Lachaise. Aragon qui assiste à ses obsèques déclara quelques années plus tard « Le peuple de Paris fit à la petite Taro un enterrement extraordinaire, où toutes les fleurs du monde s’étaient donné rendez-vous. Capa, à mes côtés, pleurait et aux haltes du cortège cachait ses yeux contre mon épaule ».

En 1942, les nazis et leurs séides français, firent rayer de sa sépulture la mention "reporter photo à Ce Soir, tuée le 25 juillet 1937, sur le front de Brunete, Espagne" qui témoignait de l’engagement de la jeune femme. Sa tombe se trouve au dos du monument commémoratif du camp Ravensbruk dans la 97eme division.

Cette sépulture est ornée d’une sculpture représentant une colombe, une vasque et une stèle d’ Alberto Giacometti, non signées.

Livres et biographies....

Gerda Taro Grande d’Espagne...

Pour Hemingway, elle était une « putain ». Pour louis Aragon, une « Héroïne ». Gerda Taro est la première femme tombée au champ d’honneur du photojournalisme, en 1937, sur le front de la guerre d’Espagne. Elle avait vingt sept ans. Elle était rousse, téméraire, elle photographiait la guerre en croyant que son témoignage éloignerait le spectre de la suivante.

Quatre ans plus tôt, allemande et juive, Gerda Pohorylle fuyait le régime nazi pour se réfugier en France. C’est à Paris qu’elle rencontra le photographe hongrois Endre Friedmann. L’amour et la bohême. Elle est élégante, spirituelle, cultivée. Il porte des blousons de cuir et lui apprend son métier. Elle l’habille et lui donne un nom : Robert Capa. Elle invente aussi le sien : Gerda Taro. Ils forment un couple, une équipe. Ensemble, ils partent en l’Espagne, côté républicain, fréquentent Malraux, Hemingway, fraternisent avec les brigadistes en première ligne.

De cette époque date le célèbre cliché de Capa saisissant la mort d’un milicien au moment où une balle le frappe. Taro devient aussi une signature réputée, indépendante. Il veut l’épouser, elle refuse. Capa est à Paris quand Gerda trouve la mort sous les chenilles d’un char républicain. Il ne s’en remettra jamais et douze ans plus tard, lui aussi disparaîtra sur un champ de bataille.

Partie intégrante de la légende de son célèbre amant, Gerda fut à son tour réduite à une icône. L’amoureuse tragique occulta la femme photographe. Soixante-neuf ans après sa mort, deux auteurs la remettent justement en lumière. Sans Irme Schaber, Gerda Taro serait toujours une silhouette fugitive sur fond de violons et d’explosions. Avec rigueur et méticulosité, la biographe allemande reconstitue l’itinéraire, sur fond d’Europe éruptive, d’une jeune femme volontaire. Volonté de vivre sans entrave, volonté de sauver le monde. L’ouvrage de François Maspéro est celui d’un écrivain. Si sa documentation repose en grande partie sur celle Irme Schaber- il n’en fait pas mystère- son évocation se nourrit à l’inverse de sa propre fascination, se jouant des réalités pour mieux entretenir le mythe. Deux éclairages pour une même vision de Gerda Taro, ni putain, ni héroïne, une femme libre.

Pour illustrer notre propos :

CLICHES DE GUERRE ET D’AMOUR

Par Susana Fortes

EN ATTENDANT Robert Capa

Un couple de légende, une passion amoureuse qui se confond avec une tragédie historique : difficile de ne pas recourir aux superlatifs pour présenter cette évocation romancée de la rencontre entre Robert Capa et Gerda Taro.

C’est à Paris, en 1935, que se croisent les chemins de ces deux juifs, l’une allemande, l’autre hongrois, qui ont fui la montée des fascismes en Europe centrale.

Quand la guerre d’Espagne éclate, ils s’y précipitent ensemble pour rendre hommage au combat des républicains, grâce à leurs reportages et à leurs photos.

Mais, au bout de l’engagement plane l’ombre de la mort... Une fresque lyrique peinte par une romancière espagnole au talent immense.

(Traduit de l’espagnol par Julie Marcot - 256 pages - 19,00€ Gra,d Livre du Mois.

Sources : d’après José louis Bocquet (Le Figaro magazine du 2 juin 2006)

Irme Schaber : Gerda Taro, une photographe révolutionnaire dans la guerre d’Espagne, traduit de l’allemand par Pierre Gallissaires, Editions du Rocher.

François Maspero : l’Ombre d’une photographe, Gerda Taro. Editions du Seuil.