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Arts de la télévision - Direction des programmes - Production

CARPENTIER Maritie (1921-2002)

25eme division
mercredi 7 août 2013.
 

Présentatrice et productrice

Les époux Maritie (Marie-Thérèse) et Gilbert Carpentier furent des producteurs artistiques d’émissions françaises de variété (radiodiffusées puis télévisées) très populaires dans les pays francophones, des années 1950 aux années 1990.

Gilbert Carpentier, né en 1920, est le petit-fils de l’inventeur Jules Carpentier (fabricant, avec les frères Lumière, de la première caméra de cinéma) et de l’acousticien français Gustave Lyon (inventeur de plusieurs instruments de musique et ancien directeur de la Maison Pleyel). Il est le frère de l’architecte François Carpentier. Ancien élève du Conservatoire de Paris, Gilbert Carpentier est pianiste, organiste et compositeur.

Gilbert Carpentier entre à Radio Luxembourg (qui deviendra plus tard RTL) juste après la guerre comme planton. Pendant un temps, il y accompagne au piano la « Leçon matinale de Culture Physique », puis devient technicien. Rapidement, à partir de 1946, il prend en charge la composition d’illustrations musicales puis, à l’aide de sa femme Maritie qui écrit les textes, la réalisation de feuilletons radiodiffusés.

À partir des années 1950, Maritie et Gilbert Carpentier se voient confier la réalisation de plusieurs émissions radiodiffusées, qui deviennent vite populaires. Sur Radio Luxembourg, ils ont la responsabilité de six émissions : « L’heure musicale », « Le Club des Vedettes » (animé par Maurice Biraud), « Musique à la Clay » (présentée par Philippe Clay), « Les contes de l’aigle », « L’heure exquise » (animée par Anne-Marie Carrière) et « Le miroir aux Etoiles » animé chaque dimanche par un artiste différent.

En 1957, ils créent ensemble la série des disques de Babar. Maritie Carpentier adapte les textes de Jean de Brunhoff et dirige les comédiens (parmi lesquels François Périer et Jean Desailly), tandis que Gilbert Carpentier compose les musiques et dirige les musiciens. Ces œuvres sont récompensées du Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros.

À partir de 1960, après une proposition du directeur des variétés de l’ORTF, Maritie et Gilbert Carpentier se tournent vers la télévision. Ils créent d’abord des émissions avec leurs amis Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, tournées en direct et diffusées sur l’ORTF. L’année suivante, en 1961, ils créent une émission régulière, La Grande Farandole, qui durera jusqu’en 1967. De nombreux amis artistes les rejoignent alors, parmi lesquels Jean Poiret, Michel Serrault, Jacqueline Maillan et Jean-Claude Brialy.

Pour bien d’entre eux, c’est le point de départ d’une carrière nationale. À partir de 1963, il conçoivent les émissions Sacha Show, où Sacha Distel fait office de présentateur de variétés. Les Sacha Show deviennent vite très populaires et seront diffusées pendant huit ans.

En 1965, ils proposent à Serge Gainsbourg d’écrire une chanson pour représenter le Luxembourg (ils travaillent alors pour Radio Luxembourg) au Concours Eurovision de la chanson. Celui-ci compose alors Poupée de cire, poupée de son qui sera chantée par France Gall et remportera le grand Prix du Concours Eurovision de la chanson. La chanson lauréate deviendra un tube planétaire et apportera à Serge Gainsbourg une grande popularité.

Les années 1970 leur sont prolifiques. Après des shows ponctuels rencontrant toujours le succès, ils créent en 1972 une émission télévisée hebdomadaire à grand spectacle, les Top à..., inspirées des shows américains de variété et diffusés sur l’ORTF deuxième chaîne.

Les Top à... sont consacrés chaque semaine à un invité différent, autour duquel amis et artistes se succèdent pour chanter, danser et jouer la comédie. Les sketches et chansons interprétés sur le plateau sont souvent des inédits écrits spécialement pour l’occasion, parfois par Maritie Carpentier ou par leurs amis Jean-Jacques Debout ou Serge Gainsbourg.

En 1975, à la suite de la suppression de l’ORTF et la création de la Télévision Française 1 (TF1), la série des Numéro 1 remplace celle des Top à... sur le même principe, et seront diffusées sur TF1 pendant 7 ans, de 1975 à 1982. Puis, de 1982 à 1985, les Formule 1 succèdent aux Numéro 1, toujours sur la Télévision Française 1. Enfin, durant l’été 1985, ils créent la série des Chapeau dédié à un chanteur.

Les Top à... et les Numéro 1 réunissaient certaines semaines plus de 15 millions de téléspectateurs devant le petit écran et ont été diffusées dans 20 pays à travers le monde. Elles contribueront pour beaucoup à la popularité d’artistes tels Charles Aznavour, Jane Birkin, Petula Clark, Dalida, Joe Dassin, Sacha Distel, Jacques Dutronc, Claude François, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, France Gall, Chantal Goya, Johnny Hallyday, Serge Lama, Thierry Le Luron, Mireille Mathieu, Eddy Mitchell, Michel Sardou, Alain Souchon ou Sylvie Vartan parmi d’autres.

À partir du milieu des années 1980, la recomposition du paysage audiovisuel français, sa privatisation partielle et la nouvelle pression de l’audimat ne leur permettent plus de continuer des séries d’émissions hebdomadaires sur la première chaîne. Ils créent alors des émissions ponctuelles sur différentes chaînes pour des occasions spéciales (Elsa sous la neige, Patricia Kaas la voix de l’année, hommages à Dalida ou Claude François...).

De 1986 à 1989, ils se consacrent à la série des Embarquement immédiat, des émissions de variété tournées à l’étranger, en extérieur, et diffusées régulièrement sur FR3 (aujourd’hui France 3). En 1996, un hommage télévisuel leur est consacré, Top à... Maritie et Gilbert Carpentier, diffusé en première partie de soirée sur TF1 et présenté par Christophe Dechavanne. Ce sera la dernière et l’une de leurs rares apparitions télévisuelles.