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Médecins - Chirurgiens - Hommes de l’art

PINEL Philippe (1745-1826)

18eme division (2eme ligne, U, 23)
jeudi 5 janvier 2006.
 

Le fondateur de la psychiatrie en France

Né à Jonquières près de Castres (Tarn), Pinel débute un cursus classique à Lavaur, puis entreprend des études religieuses au collège de l’Esquille à Toulouse, avant de s’engager dans l’étude de la médecine.

Reçu docteur de l’Université de Toulouse en 1773, il part se perfectionner dans l’illustre faculté de médecine de Montpellier. Cinq ans plus tard, il se rend à Paris, mais comme tout diplômé d’une faculté de province, il ne peut y exercer son art. Il vit alors de cours particuliers de mathématiques, traductions d’ouvrages, de rédaction d’articles médicaux (avant de prendre la direction de la Gazette de santé), et de quelques consultations : c’est ainsi qu’il traite ses premiers aliénés d’esprit dans la maison de santé privée du sieur Belhomme rue de Charonne.

Favorable aux idéaux de 1789, il s’éloigne de la vie politique sous la Terreur et obtient d’être nommé médecin chef à l’hôpital de Bicêtre en septembre 1793. Dans l’emploi des insensés, il apprend de Jean-Baptiste Pussin, le gouverneur des fous autodidacte l’importance de l’approche relationnelle et de l’organisation de la vie quotidienne. Il fera de ces principes empiriques la base de son Traitement moral (par opposition aux traitements physiques classiques, et où moral a le sens de psychologique), qui, et c’est ce qui en constitue une vraie nouveauté et un grand progrès, s’applique à tous les fous et à toutes les folies, qu’elles soient récentes ou chroniques : il y a toujours chez l’aliéné un reste de raison, qui permet de rétablir le dialogue interrompu par la folie.

En 1795, Pinel est nommé à la Salpêtrière, où il met en œuvre sa méthode dans le service réservé aux folles, et y fait école.

Parrallèlement, il entame en 1794 une carrière d’enseignant à l’École de santé de Paris nouvellement créée (future faculté de médecine), et intègre l’Institut dès 1803. Médecin-consultant de l’Empereur et membre de la Légion d’honneur, il est sous la Restauration décoré de l’Ordre de Saint-Michel. La fin de sa carrière est ternie par sa révocation en tant que professeur -comme nombre de ses collègues- par Corbière en 1822, et celle de sa vie par plusieurs accidents vasculaires cérébraux.

Son immense notoriété, qui s’étend à toute l’Europe et jusqu’au Nouveau Monde, tient avant tout à son œuvre écrite. Il y propose une nosographie rationelle et simple (une maladie unique, l’aliénation mentale, et ses quatre espèces : manie, mélancolie, démence et idiotisme), et développe ses principes thérapeutiques novateurs : sa Nosographie philosophique (1798) est présentée par Morel de Rubempré en 1826 comme “le guide et pour ainsi dire, le code des médecins français", un ouvrage “marqué du sceau du génie”, à l’instar de son Traité médico-philosophique sur l’Aliénation mentale (1801 et 1809). Il est d’autre part resté dans l’Histoire comme le grand réformateur des conditions d’hospitalisation des aliénés. Pinel n’a toutefois jamais lui-même prétendu avoir été le Libérateur de leurs chaînes, et ne l’a pas été, même si son fils Scipion l’a affirmé, non sans succès. La scène mythique a été représentée dans les deux célèbres tableaux de Charles Muller, 1849 et de Tony Robert-Fleury, 1876. On dit qu’il fut inhumé au Père-Lachaise “au milieu d’une affluence considérable, dans laquelle on remarqua de nombreuses vieilles femmes de la Salpêtrière qui accompagnaient à sa dernière demeure leur bienfaiteur” (P. Busquet, et coll., Les biographies médicales).

Auprès de Philippe Pinel reposent son fils aîné Scipion et son petit fils Charles. Les épigraphes inscrites sur leur modeste tombe, aujourd’hui presqu’effacées se rapportent, non pas aux positions sociales occupées de leur vivant (notamment professeur à la Faculté de médecine de Paris, membre de l’Institut, membre de la Légion d’honneur, etc. pour Philippe), mais à leur oeuvre écrite ("Aliénation mentale" pour Traité médico-philosophique ; "Pathologie cérébrale" pour "Traité de pathologie cérébrale", "Régime sanitaire des aliénés" pour "Traité complet du régime sanitaire des aliénés")

“Philippe Pinel Nosographie philosophique Aliénation mentale 25 oct. 1826”

“Philippe Scipion Pinel décédé le 17 décembre 1859 Physiologie de l’homme aliéné Pathologie cérébrale Régime sanitaire des aliénés”

“Charles Pinel Petit fils Docteur en médecine né le 19 janvier 1828 décédé le 31 mai 1895”

Nos remerciements à notre ami Michel Caire pour son aide.