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EMAER Fabrice Paul (1935-1983)

95eme division
mercredi 12 juin 2013.
 

Créateur du Palace

Fabrice Paul Emaer voit le jour le 1er mai 1935.

Décédé le 11 juin 1983.

Propriétaire créateur de clubs parisiens, devenus célèbres avec le temps comme Le Sept, rue Sainte-Anne.

En 1978, il ouvre la plus grande boîte de nuit parisienne en s’inspirant du Studio 54 à New York, dans un vieux music-hall désaffecté qu’il a racheté et rénové : Le Palace.

Là, des personnalités des arts, de la politique, des écrivains se mêlent à la clientèle hétéroclite.

Le punk et le bourgeois, l’homosexuel et l’hétérosexuel se côtoient : Grace Jones, Jack Lang, Pierre et Gilles, Amanda Lear, Anouchka, Christophe Mourthé, Anemone, Yves Saint Laurent, John Travolta, Alain Pacadis...

La réputation de ses établissements et les fêtes d’exception qu’il organise lui valent le surnom de « Prince de la Nuit », Amanda Lear en 1979 lui rend hommage dans une chanson : Fashion Pack qui dit, « In Paris you got to be seen at Maxim’s / The Palace / The 7 and then go Chez Regine. »

Il grandit à Wattrelos près de Lille. Son père est représentant de commerce pour des filatures locales et sa mort très jeune laisse sa famille dans le désarroi financier.

À 17 ans le jeune homme quitte sa famille, voyage en Afrique du Nord et sur la Côte d’Azur avant de s’installer à Paris. Il change son prénom, Francis, pour prendre celui de Fabrice plus « chic ». Il travaille alors comme styliste et maquilleur.

Il ouvre son premier club, « Le Pimm’s Bar », en 1964, qui devient très vite un rendez-vous pour les homosexuels. En 1968 au 7, Saint-Anne il ouvre Le Sept : restaurant au rez-de-chaussée et piste de danse au sous-sol. Le décor est simple, miroirs sur les murs, plafond éclairé de multiples lampes multicolores qui rythment la musique.

La grande innovation du Sept c’est qu’il était défini par le « glamour », pas l’« homosexualité ». Chacun pouvait y entrer, gay, hétéro, bi. Il n’était pas nécessaire d’être riche ou célèbre dit l’ancien DJ du Sept Guy Cuevas, mais il fallait être beau. On a pu y voir entre mille autres Francis Bacon, Nureyev, Roland Barthes, Bianca and Mick Jagger, Andy Warhol, Fred Hughes, Karl Lagerfeld, Yves Saint Laurent et Kenzo.

Après un voyage à New York en 1977, Fabrice Emaer affiche de plus grandes ambitions, celle, notamment, de concurrencer le Studio 54. Il trouve le Studio 54 « stérilisé et tout juste bon pour les agences de mode et les émirs de Régine ». Il en moque la clientèle trop « clean », trop « bien élevée qui semble nourrie à la meilleure qualité de céréale ».

Sur la recommandation du ministre de la Culture, Michel Guy, Emaer s’installe au Palace un ancien théâtre délabré rue du Faubourg-Montmartre. Il restaure à grands frais le lieu et demande au peintre Gérard Garouste de le décorer.

C’est à nouveau le grand succès. Le soir de l’ouverture, le 1er mai 1978, il n’y a pas une place de plus pour entrer. À la porte d’entrée Edwige et Paquita Paquin ont pour mission de choisir qui peut pénétrer : un mélange de riches et de pauvres, gays ou hétéros, noirs ou blancs, bourgeois ou punks. Ce qu’elles devaient déterminer, c’est une attitude, un look... Le dimanche l’entrée du club était gratuite pour les gays, c’était le Tea Dance.

Toute la jet-set fan du Sept se retrouva au Palace. En tête, le journaliste de Libération Alain Pacadis, le futur ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, Madonna encore inconnue ou Paloma Picasso qui s’y maria.

Emaer qui ne s’immisçait pas publiquement dans la politique, fit une exception en 1981 en demandant que l’on vote pour François Mitterrand. Il était ouvertement homosexuel et militant de la cause homosexuelle.

Paquita Paquin dans ses mémoires, Vingt ans sans dormir, raconte que l’appel de Fabrice à voter Mitterrand entraîna de nombreux retours de la carte du « Privilege », carte qui donnait l’accès à la loge VIP du Palace.

Ce fut le début du déclin qui alla de pair avec la chute du disco.

Fabrice Emaer mourut d’un cancer en 1983. Sa mort fut annoncée à la Une du quotidien Le Monde daté du 14 juin 1983.

Épitaphe :

Par Fabrice Emaer lui-même : « J’ai eu pas mal de succès dans ma vie. Mais je n’ai pas gagné un sou. »

Emaer dépensa tout l’argent qu’il gagnait dans des réfections du Palace et dans le confort qu’il y faisait régner. Éléments qui ont contribué à la légende du lieu.

Fabrice Emaer est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Sources : Wikipédia et divers.

Crédit photo (la tombe) P. Landru, cimetières de France et d’ailleurs...