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Hommes de lois - Justice - Avocats et magistrats

GATINE Ambroise Alexandre (1805-1864)

43eme division
mardi 12 juin 2012.
 

Avocat et abolitionniste

Adolphe Ambroise Alexandre Gatine, avocat au Conseil d’État (France) et à la Cour de cassation (France), abolitionniste français, voit le jour le 30 mars 1805 à Paris et mort le 21 août 1864.

Nous avons très peu d’informations sur sa famille : il est issu d’une famille bourgeoise et qu’il a opté pour des études de droit. Son parcours professionnel.

Avocat à la Cour de Paris en 1827, Adolphe Ambroise Alexandre Gatine devient juge auditeur au tribunal de Provins en 1830.

Le 4 juin 1831, il est admis à l’Ordre des avocats aux Conseils, succédant à François-André Isambert, de 1839 à 1842, puis de 1849 à 1852.

Très tôt maître Gatine s’intéresse à la cause des esclaves, des libres de couleur et des esclaves affranchis. En effet, en 1831, il cosigne avec Fabien et Cyrille Bissette une pétition à la Chambre des députés pour accorder aux esclaves le droit de se pourvoir en cassation.

Entre 1833 et 1845, il plaide avec succès devant la Cour de cassation pour la reconnaissance en qualité de libre de droit en faveur des noirs et des affranchis dans les affaires Louisy et Léonarde.

En 1834, il présente un Sommaire des moyens de cassation à plaider pour les condamnés de Grand’-Anse, hommes de condition libres demandeurs en cassation de l’arrêt de la Cour d’assises de Saint-Pierre du 30 juin 1834, et pour les esclaves condamnés conjointement .... Cet ouvrage fait référence à l’affaire de la Grand’Anse qui eut lieu en décembre 1833 en Martinique.

Mais une affaire va promouvoir maître Gatine en tant qu’abolitionniste du barreau : il s’agit de l’affaire Virginie (1841). Virginie est une esclave guadeloupéenne affranchie par testament en 1832, mais ses enfants encore impubères sont restés en esclavage. Souhaitant leurs affranchissements, la mère s’appuie sur l’article 47 du Code noir (1685) suivant lequel l’enfant impubère ne peut être séparé de sa mère. De rebondissement en rebondissement l’affaire Virginie remonte à la Cour de cassation, devant laquelle maître Gatine présente ses observations. La Cour de cassation renvoie l’affaire devant la cour royale de Poitiers. La Cour de cassation prend position sur le fond de l’affaire. Virginie qui obtient gain de cause. L’arrêt de Poitiers fit jurisprudence et permit à maître Gatine de remporter plusieurs affaires similaires telle l’affaire Coralie.

L’abolition de l’esclavage en 1848

Sous la Deuxième République, Dominique François Arago, alors le Ministre de la Marine et des Colonies, associe Adolphe Ambroise Alexandre Gatine aux réflexions sur l’abolition de l’esclavage au sein de la commission instituée par le décret du Gouvernement provisoire de la République du 4 mars 1848 (Gouvernement provisoire de 1848).

C’est en tant que juriste qu’Adolphe Ambroise Alexandre Gatine participe à la préparation de l’acte d’émancipation immédiate dans toutes les colonies. Il collabore également à l’élaboration de nombreux projets de décrets. Tels sur les jury cantonaux et sur la presse aux colonies. Ces projets seront adoptés par la commission et soumis au Gouvernement provisoire (27 avril 1848).

A la demande de Victor Schoelcher, Gatine est désigné commissaire général pour l’île de la Guadeloupe. Il quitte la France à bord du navire ‘’Le Chaptal’’. Notons que François Auguste Perrinon l’accompagne pour se rendre en Martinique proclamer l’abolition de l’esclavage. Tandis que Napoléon Sarda-Garriga est envoyé à La Réunion. Tous ont été choisis pour leur dévouement à la cause abolitionniste et accomplir l’acte de réparation. Notons que c’est au cours de ce voyage que Gatine adhère à la Franc-maçonnerie (le 31 mai 1848).

Il arrive en Guadeloupe le 5 juin 1848 à Basse-Terre, mais l’émancipation avait déjà été proclamée le 27 mai 1848 par le gouverneur Layrle qui craignait une extension dans la colonie des troubles de Saint-Pierre (Martinique).

Nommé commissaire général de la Guadeloupe et de ses dépendances, une lourde tâche l’attend. Il doit en effet, faire régner l’ordre et la liberté, tout en montrant que l’émancipation n’est pas la ruine de l’économie coloniale, ni l’abandon du travail sur les plantations. Il a également pour mission d’organiser les premières élections au Suffrage universel.

Il soutiendra les candidatures de Victor Schoelcher et François Auguste Perrinon, qui seront élus.

Mais Gatine est progressivement contestés par les porte-parole des colons qui disposent d’un média très puissant à l’époque : la presse. Celle-ci n’hésitera pas à alerter Paris sur les désordres que connaît l’île. Sa démission sera effective le 14 octobre 1848. De son séjour en Guadeloupe, Gatine écrira un ouvrage intitulé : ‘’Abolition de l’esclavage à la Guadeloupe, quatre mois de gouvernement dans cette colonie’’ (1849).

En France, il reprend sa fonction d’avocat, plaidant lors de procès politiques tel le ‘’complot de feu’’ jugé par le Conseil de guerre en Guadeloupe en mai 1850. En avril-mai 1849, il sollicite les suffrages des électeurs de toutes les colonies françaises : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et le Sénégal.

Sous le Second Empire, Adolphe Ambroise Alexandre Gatine présente au prince Napoléon un exposé des réclamations des indiens de Pondichéry, ou plutôt des Hindous qui protestent contre un arrêté du gouvernement local qui remettait en cause le régime des castes (Caste). Il se fait le défenseur de ce régime, une position surprenante qui va à l’encontre de sa vision abolitionniste assimilationniste.

Le 30 janvier 1863, il cesse d’exercer sa profession d’avocat. Puis l’année suivante, il sort un poème intitulé : ‘’Souvenirs d’un abolitionniste ‘’. Poème posthume ? On ne saurait l’affirmer.

Il s’éteint à Paris le 21 août 1864, et repose dans la 43eme division.

Sources : Wiki et divers.

Un grand merci à notre ami Herbert pour ses précieuses indications...