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Monuments remarquables - 1ere moitié du XXe siècle

BOURDENAY Camille - Tombeau de la famille BOURDONNAY

4eme division (chemin Nègre)
samedi 9 juin 2012.
 

Sépultures remarquables

Le tombeau de la famille Bourdenay est principalement consacré à Camille Bourdenay, jeune musicienne de talent disparue prématurément.

Orné d’un magnifique relief, le thème de sa composition évoque une femme, en longs vêtements de deuil abîmée dans sa douleur, à la vision de sa chère soeur disparue ; celle-ci semble s’élever, âme libérée des humaines contingences, au milieu de figures célestes aux formes harmonieuses qui transparaissent sous des voiles légers ; leurs bras soutiennent des harpes légères dont les accents semblent s’unir aux cantiques mystérieux qu’ exhalent leurs bouches entre’ ouvertes.

Une circonstance touchante donna naissance à celle conception.

Après la mort de sa soeur, Melle Bourdenay ouvrant un livre de prières qu’une main pieuse avait mis aux doigts glacés de sa chère morte, le vit ouvert à une page où se lit cette phrase : " Je chanterai vos louanges dans le coeur des harpes".

Ce tombeau date de 1913. L’auteur de cette oeuvre, Albert Pasche fut l’élève de Falguière et de Mercié, a su réaliser dans le marbre la poésie et le rêve de la survivante éplorée éplorée et l’a traduit en une composition impressionnante, ou la vision se substitue heureusement à la matière inerte.

Albert Pasche a exposé à de précédents salons des oeuvres qui furent déjà remarquées : En 1903, une Ariane abandonnée et en 1907, une Jeune fille se mirant dans l’eau. L’oeuvre présentée sur cet article a figuré au salon de l’art et a valu à son auteur une médaille de 2e classe.

Contrairement à la légende et aux dires de guides conférenciers ( Mea culpa, nous avions en son temps repris, nous aussi, cette affirmation, ce qui prouve que nul ne possède la science infuse...) sévissant au Père Lachaise, en aucun cas cette sépulture ne renferme de victimes de l’incendie du Bazar de la Charité (1897), la haute stèle ne représente donc pas les figures de 3 soeurs (sic) décédées dans cette tragédie...

Les photos présentées sont de 1997, dues à notre amie Annie Spire. A noter l’état de ce monument à l’époque, on peut constater l’avancée des dégâts de la pollution en si peu d’années de nos jours...

Sources : La construction moderne, Paris, 29 juillet 1913 (Fonds René Picardat APPL 2012 - Tous droits réservés)