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DEVINCK François Jules (1802-1878)

27eme division (2e ligne, Q, 27)
mardi 31 janvier 2012.
 

Député et homme politique

François, Jules DEVINCK voit le jour le 26 avril 1802 à PARIS

Décédé le 20 novembre 1878 à PARIS

représentant en 1851, député de 1852 à 1863, né à Paris le 26 avril 1802, mort à Paris le 20 novembre 1878, s’adonna de bonne heure à l’industrie. Il fonda à Paris, en 1830, une fabrique de chocolats, qui devint une des plus importantes de la capitale, fut nommé juge au tribunal de commerce en 1837, puis président en 1848 ; il devint membre de la Chambre de commerce, membre du conseil général de l’agriculture, du commerce et des manufactures, et fit partie, après 1848, de la commission municipale et départementale de la Seine, dont il fut par la suite secrétaire et vice-président élu.

Chevalier de la Légion d’honneur du 10 décembre 1849, il fut élu, sous les auspices de M. Thiers, le 30 novembre 1851, représentant de la Seine à l’Assemblée législative, par 52,369 voix, en remplacement du général Magnau, démissionnaire.

Cette élection, qui fut considérée alors comme un échec pour la politique du prince président, précipita peut être le coup d’Etat, qui eut lieu deux jours après ; dans ces circonstances, ni le procès-verbal des élections ni les journaux de l’époque ne mentionnèrent les chiffres des votants et des inscrits, et ses pouvoirs ne furent jamais vérifiés.

Trois mois après, le 29 février 1852, M. Dovinck se présenta, comme candidat officiel au Corps législatif, dans la 2c circonscription de la Seine, et fut élu par 12,189 voix sur 21,974 votants et 36,082 inscrits, coutre 4,874 voix à M. Mortimer Ternaux, et 2,343 au général Lainoricière.

Pour ses débuts oratoires (22 juin 1852), il promit au gouvernement « un concours loyal et sincère », et défendit la commission du budget, Il prit souvent la parole. dans les discussions financières, et soutint eu toute occasion l’administration du préfet de la Seine.

Réélu, le 29 juin 1857, par 10,472 voix sur 20,111 votants et 35,086 inscrits, contre 9,070 voix à M. Bethmont, et 126 au général Cavaignac, il fut rapporteur de la loi sur la Banque de France (1857), deux fois rapporteur du budget en 1858 et 1859, demanda (avril 1858) qu’on établît l’équilibre du budget en rognant les dépenses des neuf ministères, notamment du ministère de la guerre qui. sur un budget de dépenses de 1,736 millions, absorbait à lui seul 51 0/0 des ressources totales.

L’année suivante, il déposa son rapport le jour même de la déclaration de guerre a l’Autriche (3 mai 1859), et fit valoir les accroissements de recettes, tout en protestant discrètement contre la faculté d’ouvrir de nouveaux crédits dans l’intervalle des sessions.

En mars 1862, il signa et développa à la tribune l’amendement tendant à la substitution du vote du budget par chapitres au vote du budget par ministère « qui entravait toute liberté d’action pour le vote de l’impôt ; » il retira son amendement devant les protestations du ministre des finances, M. Magne, qui prétendit « que le vote du budget par masses empêchait les empiétements possibles du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif. »

En 1863, il fut président de la commission du budget. On lui doit le nouveau système de comptabilité et de surveillance en matière de faillite, système qui en simplifie toutes les opérations.’

Aux élections générales du 1er juin 1863, il échoua dans son arrondissement avec 9,845 voix contre M. Thiers, qui obtint 11,112 surnages : il ne fut pas plus heureux aux élections du 24 mai 1869, et il échoua, au second tour, après une lutte des plus vives, avec 9,802 voix, contre 15,909 à M. Thiers député sortant, élu, et 5,721 à M. d’Alton-Shée, candidat radical.

M. Devinck ne s’est plus représenté. Il a été président de l’association des voyageurs de commerce du département de la Seine. Grand officier de la Légion d’honneur du 30 juin 1867.

Il a publié : Pratique commerciale et recherches historiques sur la marche du commerce et de l’industrie (1867).

Revue de presse - Nécrologie

20 novembre 1878.

Mort de François Jules Devinck, le fabricant de chocolat de la rue Saint-Honoré.

« Nous apprenons la mort d’un des plus importants industriels de Paris, M. Devinck, ancien président du tribunal de commerce de la Seine, ancien député, grand officier de la Légion d’honneur.

M. Devinek était âgé de soixante-seize ans, mais il était encore très vigoureux, et rien dans son état de santé ne faisait prévoir cet événement : mardi encore il vaquait paisiblement à ses affaires. Hier il a été atteint subitement par la mort dans sa maison de la rue Saint-Honoré, que tous les Parisiens connaissent pour s’être arrêtés, devant la vitrine où on voit fabriquer son fameux chocolat.

On se rappelle sans doute que M. Devinck, après avoir été député de 1852 à 1863, échoua ensuite par deux fois contre M. Thiers ; à cette époque, on disait que, si le nom de M.Thiers restait gravé sur les tablettes de l’histoire, celui de M. Devinck n’était marqué que sur les tablettes de chocolat.

Nous devons ajouter que, toute politique à part, la personnalité de M. Devinck a toujours sympathique à Paris ; il a rendu de réels services aux classes populaires, et il sera à coup sûr unanimement regretté. »

(Le Petit Parisien, édition du 22/11/1878)

Sources : Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A.Robert et G.Cougny)

Sources additionnelles : Ephéméride du Père Lachaise (FB 2018)

Photos : BNF - Gallica et divers (Wikimédia Commons).

(APPL 2018)