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Ecrivains - Littérateurs - Hommes de lettres

RADIGUET Raymond ( 1903-1923)

56eme division
mardi 20 décembre 2005.
 

Le diable au corps

Raymond Radiguet est né au Parc de Saint Maur en 1903 le 18 juin. Son père, Maurice Radiguet est un dessinateur caricaturiste bien connu. Le jeune Raymond est l’aîné de sept enfants. Il commence sa scolarité à l’école communale de Saint Maur, il est bon élève. Il entre ensuite au lycée Charlemagne à Paris, en tant que boursier, il lit énormément et compose ses premiers poèmes.

Le 13 juillet 1913, il assiste à la crise de démence et au suicide de la servante qui est employée dans la maison voisine de celle de ses parents, à Saint-Maur. Cet épisode le marque profondément et sera exploité dans le Diable au corps.

Mais, en 1914, ses résultats scolaires sont navrants. Il fait l’école buissonnière. Par contre, il dévore tous les livres de la bibliothèque familiale. En 1917, Radiguet rencontre Alice, une voisine de sa famille à Saint-Maur, qui vient de se marier avec Gaston, un soldat, à l’occasion d’une permission.

La liaison du jeune Raymond, alors âgé de quatorze ans, avec Alice, et le mari soldat seront les éléments que l’on retrouve dans le Diable au corps. En portant les dessins de son père au journal l’Intransigeant, il rencontre le poète André Salmon à qui il soumet quelques vers, qu’il signe alors du nom de Raymond Rajky.

Il rencontre en 1918, Max Jacob et surtout Jean Cocteau. Il devient journaliste pour le journal l’Eveil et l’Heure et secrétaire pour le Rire. Le jeune Radiguet fréquente les milieux de Montparnasse. Il s’éloigne de plus en plus d’Alice.

Ensuite, en 1919, il collabore aux revues Dada de Tristan Tzara et Littérature d’ André Breton. Le 8 juin, il lit un poème lors de la matinée poétique organisée à la mémoire de Guillaume Appolinaire, décédé l’année précédente. C’est Jean Cocteau qui l’introduit dans de nombreux cercles parisiens, où il rencontre Paul Morand et Erik Satie entre autres.

C’est en fin d’année 1919 qu’il commence l’écriture du Diable au corps. En mai 1920, il fonde en compagnie de Cocteau, Georges Auric, Francis Poulenc et Erik Satie, la revue Le Coq qui ne paraîtra que jusqu’en novembre. Radiguet écrit une comédie loufoque, intitulée les Pélicans.

Il écrit avec Cocteau le livret de Paul et Virginie, un opéra comique. La mort de Satie anéanti ce projet. La même année, il publie un recueil de poèmes, Les Joues en feu, illustré par Jean Hugo. Il entretient une liaison avec le modèle de Modigliani, Béatrice Hastings, elle durera deux ans. Il abandonne alors la vie déréglée qu’il mène depuis quelques années et s’impose une discipline de fer. Radiguet écrit une nouvelle en 1922, Denise.

En mai de cette année là, Cocteau, Radiguet et Poulenc, présentent le Gendarme incompris, parodie de Stéphane Mallarmé, et les Pélicans. Le 3 mars 1922, Jean Cocteau lit à l’éditeur Bernard Grasset, les premières pages du Diable au corps. Le 15 mars, le contrat est signé, mais Radiguet doit remanier sa copie. Cocteau l’y aidera. En novembre, en compagnie de Cocteau, il assiste aux funérailles de Marcel Proust.

En 1923, la version définitive du Diable au corps est achevée et remise à l’éditeur. L’ouvrage reçoit une forte poussée médiatique. Une lettre est expédiée à des personnalités parisiennes où Radiguet est comparé à Rimbaud. L’accusation d’immoralité et de cynisme du roman est réfutée par l’éditeur.

Le roman sort le 10 mars accompagné d’un article de l’auteur dans les Nouvelles Littéraires. Le livre se vend bien, en un mois plus de trente articles paraissent sur ce sujet. Le roman obtient le prix du Nouveau-Monde le 15 mai 1923. Quelques jours auparavant, Jean Cocteau, dans un discours au Collège de France, rend hommage à Raymond Radiguet.

Pendant l’été, il travaille au Bal du comte d’Orgel, classe ses poèmes et rédige une préface en vue d’une nouvelle publication. Au mois d’octobre, malade, il doit s’aliter. On s’aperçoit beaucoup trop tard qu’il est atteint de la fièvre typhoïde. Transporté d’urgence dans une clinique, il meurt prématurément à vingt ans le 12 décembre 1923. Jean Cocteau évoque la mort de son jeune ami : « Ecoutez, me dit-il le 9 décembre, écoutez une chose terrible. Dans trois jours je vais être fusillé par les soldats de Dieu » Comme j’étouffais de larmes, que j’inventais des renseignements contradictoires : « Vos renseignements, continua t’il, sont moins bons que les miens. L’ordre est donné. J’ai entendu l’ordre ».