Navigation







Monuments remarquables - Restauration d’édifices - Eglises

Eglise SAINT-JACQUES du HAUT PAS

Paris Veme arrondissement
lundi 2 janvier 2012.
 

L’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas

Edifice religieux parisien situé dans le 5e arrondissement au 252 rue Saint-Jacques et à l’angle de la rue de l’Abbé de l’Épée.

Cette église fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 4 juin 19571.

Le terrain sur lequel est bâtie l’église appartient depuis 1180 à des frères hospitaliers originaires d’Altopascio près de Lucques (Italie).

L’origine du nom de l’église : du-Haut-Pas provient du nom du village d’Altopascio. Malgré la suppression de leur ordre, par le pape Pie II en 1459, certains frères décident de rester sur place. Il n’y a alors alentour que des champs et des prairies et quelques maisons basses de paysans, ainsi que des établissements religieux.

Catherine de Médicis décide en 1572 d’installer sur place, les Bénédictins de Saint-Magloire, qui ont été expulsés de la rue saint-Denis. Les reliques de Saint-Magloire et de ses disciples sont alors transférés dans l’hôpital qui devient un couvent. Saint- Magloire, plus connu sous le nom de Saint-Magloire de Dol, est un religieux gallois, devenu évêque de Dol-de-Bretagne en Bretagne, et qui finit sa vie dans l’île de Sercq où il meurt.

Les grandes orgues.

Ses reliques ont été transportées à Paris en 923 lorsque les Normands ont attaqué la Bretagne. Les reliques seront enterrées secrètement sous la révolution, et ne seront retrouvées qu’en 1835, lors de la pose d’un nouveau maître-autel.

En 1620, le séminaire des Oratoriens du Père de Bérulle, premier séminaire de France, remplace les Bénédictins. Il sera connu sous le nom de séminaire Saint-Magloire. Jean de La Fontaine y séjournera comme novice.

Construction de l’église

La population environnante augmente, et les fidèles ont l’habitude de venir prier dans la chapelle des Bénédictins, qui s’en trouvent incommodés et exigent leur départ. L’évêque donne alors l’autorisation de construire une église accolée au couvent de Saint-Magloire. Une petite église est donc construite en 1584, succursale des paroisses Saint-Hippolyte, Saint-Benoît et Saint-Médard.

Celle-ci a le chœur orienté vers l’Est, c’est-à-dire vers la rue Saint-Jacques (à l’opposé de l’église actuelle). On pénètre dans l’église en passant par le cimetière du couvent.

L’église est rapidement trop petite, et en 1630, Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, décide de faire exécuter d’importants travaux. Le mur du fond de l’église est démoli, son orientation est inversée et l’entrée se fait dorénavant par la rue Saint-Jacques. Les travaux vont être très lents par manque d’argent, dû à la pauvreté des paroissiens.

La voûte de style gothique initialement prévue ne sera pas réalisée. Les maîtres carriers offriront gracieusement le pavé du chœur, et les ouvriers des différents corps de métier viendront travailler un jour par semaine sans solde.

Intérieur de l’église.

Le 9 avril 1633, le Parlement, par arrêt, érige l’église en paroisse. Comme il existe déjà une église dédiée à Saint-Jacques le Majeur (de Compostelle), l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, dont il ne reste plus que le clocher : la "Tour Saint-Jacques", il est décidé de dédier cette nouvelle église à Saint-Jacques le Mineur et à Saint-Philippe. Ce sont toujours les deux patrons de l’Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas. L’église et Port-Royal.

Angélique Arnaud, abbesse de Port-Royal, foyer du mouvement janséniste, décide en 1625, d’installer rue du Faubourg-Saint-Jacques, une annexe du monastère de Port-Royal-des-Champs. Des liens très étroits se nouent avec la paroisse de Saint-Jacques-du-Haut-Pas qui jouera un rôle important dans la diffusion du jansénisme. Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran (1581-1643), y a été inhumé et son tombeau devient rapidement un lieu de pèlerinage important.

La duchesse de Longueville (1619-1679), Anne Geneviève de Bourbon-Condé, sœur du Grand-Condé et protectrice de Port-Royal offre des dons substantiels pour l’édification du bâtiment. Après sa mort, ses restes seront inhumés à Port-Royal-des-Champs, et quand l’abbaye sera détruite, son cœur sera déposé dans la chapelle de Saint-Jacques-du-Haut-Pas.

Les travaux peuvent donc reprendre en 1675 grâce à elle. L’architecte sélectionné Daniel Gittard, qui a entre autres déjà construit le chœur de l’église Saint-Sulpice, exécute des plans de la façade. Mais celle-ci ne sera pas exécutée selon ses plans. Des deux tours prévues par Gittard, une seule sera finalement construite, mais de hauteur double par rapport aux plans initiaux.

Le 6 mai 1685, les travaux principaux sont achevés. Une importante cérémonie de dédicace a lieu où prêcheront Fénelon et Fléchier. La chapelle de la Vierge ne sera construite que quelques années plus tard suivant les plans de l’architecte Libéral Bruant, à qui l’on doit l’Hôtel des Invalides et l’Hôpital de la Salpêtrière.

Jean-Denis Cochin

Jean-Denis Cochin (1726-1783) est curé de la paroisse de 1756 à 1780. Il va contribuer à renouveler la liturgie de la paroisse, mais sa principale occupation, sera l’aide aux personnes défavorisées. Il fonde un hospice destiné à recevoir les malades indigents, dont il pose la première pierre le 25 septembre 1780, dans le faubourg Saint-Jacques.

Il nomme cet hospice, du nom des patrons de la paroisse, Hôpital Saint-Jacques-Saint-Philippe-du-Haut-Pas. Cet hôpital prendra le nom d’Hôpital du Sud sous la Révolution et plus tard recevra le nom de son fondateur Hôpital Cochin.

La Révolution

L’église est pillée en 1793, comme de nombreuses autres églises. En 1793, l’église fait partie des quinze églises mises à la disposition des catholiques parisiens par la Convention nationale suite à la reconnaissance de la liberté des cultes. Le curé Vincent Duval est élu curé de la paroisse par les habitants du quartier.

En 1797, la loi impose l’égal accès des édifices religieux à tous les cultes qui le demandent. Les théophilantropes demandent à pouvoir bénéficier de l’église comme lieu de réunion. L’église prend alors le nom de Temple de la Bienfaisance. Le chœur est réservé aux théophilantropes et la nef reste à la disposition des catholiques. En 1801, suite au Concordat, sous Napoléon Ier, la paroisse reprend la totalité du bâtiment.

Statue de la Vierge à l’enfant, écrasant le serpent XIXe et XXe siècle

Au xixe siècle, principalement sous la Monarchie de Juillet et sous le Second Empire, le bâtiment sobre et peu décoré dû à l’influence janséniste, va être considérablement embelli.

La Ville de Paris offre à l’église le buffet d’orgue et la chaire provenant de la chapelle Saint-Benoît-le-Bétourné, rasée en 1854 pour faire place à la nouvelle Sorbonne.

La décoration de la chapelle de la Vierge est confiée en 1868 à Auguste-Barthélemy Glaize, élève d’Achille et d’Eugène Devéria.

De nombreux tableaux et vitraux sont offerts par des familles fortunées comme la famille de Baudicour qui offre en 1835 le maître-autel qui se trouve dans le bas-côté nord et l’ensemble de la décoration de la chapelle Saint-Pierre.

Personnalités inhumées dans l’église

On y trouve par ailleurs les tombeaux de l’astronome Jean-Dominique Cassini (1625-1712) et du mathématicien Philippe de La Hire (1640-1718).

Giovani CASSINI

Giovanni Domenico Cassini, connu en France sous le nom Jean-Dominique Cassini, dit Cassini Ier voit le jour le 8 juin 1625,à Perinaldo, Italie, alors dans le Comté de Nice appartenant au Duché de Savoie.

Décédé le 14 septembre 1712, à Paris, France.

Astronome et ingénieur italien, naturalisé français en 1673.

De 1648 à 1669, il travaille à l’Observatoire de Panzano et enseigne la géométrie euclidienne et l’astronomie de Ptolémée (selon la doctrine de l’Église Catholique) à l’Université de Bologne, où il remplace en 1650 Bonaventura Cavalieri.

Il obtient bientôt une telle réputation que le sénat de Bologne et le pape le chargent de plusieurs missions scientifiques et politiques.

Attiré en France par Colbert en 1669, il s’y fait naturaliser et il est reçu membre de l’Académie des sciences fondée deux ans plus tôt. Il dirige, à la demande de Louis XIV, l’Observatoire de Paris à partir de 1671.

Il participe à la découverte de la variation d’intensité de la pesanteur en fonction de la latitude au cours d’un voyage à Cayenne.

Il découvre la grande tache rouge de Jupiter en 1665, et détermine la même année la vitesse de rotation de Jupiter, Mars et Vénus. Il découvre également quatre satellites de Saturne (Japet en 1671, Rhéa en 1672, Téthys et Dioné en 1684), ainsi que la division de Cassini des anneaux de Saturne en 1675. En 1673, il fait la première mesure précise de la distance de la Terre au Soleil, grâce à la mesure de la parallaxe de Mars déduite des observations de Jean Richer à Cayenne.

En 1683, il détermine la parallaxe du Soleil. Vers 1690, il est le premier à observer la rotation différentielle dans l’atmosphère de Jupiter. Devenu aveugle en 1710, il meurt deux ans plus tard à Paris, le 14 septembre 1712. Il publie de 1668 à 1693 les Éphémérides des satellites de Jupiter et rédige un grand nombre de mémoires, dont une partie a été réunie sous le titre d’ Opera astronomico en 1666.

Jean-Dominique épousa Geneviève Delaistre, fille du lieutenant général de Clermont en Beauvaisis, et acheta la terre de Thury (Oise).

En 1701, il fait construire une résidence d’été au hameau de Fillerval à Thury-sous-Clermont.

Pierre tombale en l’église Saint Jacques du Haut Pas à Paris


Philippe de La Hire

Mathématicien, physicien et astronome français, né le 18 mars 1640 à Paris et mort le 21 avril 1718 dans cette même ville.

Son père, Laurent de La Hire (1606-1656), est un artiste réputé. Philippe étudie d’abord la peinture à Rome où il s’était rendu en 1660 pour raison de santé. Il part en voyage à Uraniborg en 1671, et détermine pour la première fois une longitude précise. Il ramènera à Paris un jeune astronome danois, Ole Christensen Rømer (1644-1710) qui donnera, en travaillant avec Giovanni Domenico Cassini, une approximation raisonnable, au vu des moyens de l’époque, de la vitesse de la lumière, environ 228 000 km/s.

À son retour à Paris, il commence à étudier les sciences et les humanités et montre en particulier une grande inclination pour les mathématiques. Il fait la connaissance d’un disciple de Desargues, le graveur Abraham Bosse, et à son instigation publie une théorie de la coupe des voussoirs des arcs rampants traitée par la géométrie des coniques (1672).

Ses plus importants travaux portent en effet sur la géométrie. Il est le continuateur de Girard Desargues (1591-1661) et de Blaise Pascal (1623-1662) en géométrie des coniques, en ce qu’il déduit les propriétés des coniques à partir des propriétés du cercle.

La Hire innove par rapports à ses deux devanciers, en ce qu’il exploite au maximum les propriétés d’invariance de la division harmonique, ce qui lui permet de raisonner presque uniquement dans le plan (et non dans l’espace). Cette approche l’amène à développer les notions de pôles et polaires, d’homologie, de lieu orthoptique, etc. La Hire s’intéressa aussi à la géométrie de Descartes et aux courbes algébriques, mais critiqua, dans les années 1690, le calcul infinitésimal dans sa forme de « calcul des infiniment petits », ce qui lui valut d’être rangé par Varignon au nombre des « mathématiciens du vieux stile ».

En mécanicien de la théorie des engrenages épicycloïdaux, il continue les travaux de Christian Huygens (1629-1695). En France, on lui attribue le train hypocycloïdal dont la roue intérieure a un rayon moitié de la roue de base, le centre de la roulante décrivant une translation périodique1.

Il est fait membre de l’Académie des sciences en 1678. En 1680, Philippe de La Hire exécutait les dessins de poissons du littoral breton, les mêmes dont Joseph-Guichard Duverney (1648-1730) étudiait la structure. Il enseigne au Collège de France et à l’Académie royale d’architecture à partir de 1687.

Son travail à l’Observatoire : relevé des températures journalières, de la pluviométrie, etc. le font passer pour le fondateur de la météorologie.

Il est le premier en 1702 à expliquer le mouvement des fusées par la force de l’air dilaté s’exerçant sur tout l’intérieur de la fusée sauf l’orifice inférieur.

Il traduisit le mémoire de Manuel Moschopulus relatif aux carrés magiques, et réunit plusieurs théorèmes sur cette curiosité arithmétique inconnus avant lui.

La Hire étudie le développement et l’accroissement des tiges des végétaux. Ses observations contredisent celles de Denis Dodart (1634-1707) ; c’est pourquoi La Hire ne publie le compte rendu de ses travaux qu’après la mort de celui-ci. Sur les causes de la perpendicularité des tiges par rapport à l’horizon est publié en 1708.

Deux de ses fils suivront également une carrière scientifique : Gabriel-Philippe de La Hire (1677-1719) est mathématicien et Jean-Nicolas de La Hire (1685-1727) est également botaniste. Augustin de la Hire, quant à lui, sera ingénieur des ponts et chaussées, s’occupant notamment de la rectification des rives du Drac, à Grenoble.

Sources : Wikipédia et divers (2012)