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Monuments remarquables - Restauration d’édifices - Cimetières

IVRY sur Seine - Nouveau cimetière communal (94)

Rue Gaston Monmousseau
mercredi 28 décembre 2011.
 

Cet enclos renferme les restes mortels de bon nombre de membres de ma famille.

C’est par souci de conservation de leurs sépultures que j’emprunte l’entrée du cimetière noyé dans le brouillard d’hiver, à la fois léger et opiniâtre, collant aux êtres et aux choses...

Pendant plus de deux heures, je vais arpenter les allées tristes et grises de ce domaine des défunts.

C’est dans une solitude absolue que ma démarche, véritable devoir de mémoire, va se dérouler...

Là, je suis presque chez moi, la première fois que je suis entré dans cet enclos, mon père me tenait par la main, c’était à l’occasion de la Toussaint, il y a plus de soixante années...

Le nouveau cimetière d’Ivry

Ce cimetière n’offre pas de relief particulier, lotit sur le plateau d’Ivry, il n’a pas le charme de l’ancien lieu de repos éternel serré au près de son église dans le bas de la ville...

L’entrée principale, large et entretenue nous dévoile un aspect à la fois solennel et ordinaire, à l’image de bien des cimetières de banlieues ou de province. Il existe une seconde entrée rue Marcel Hartmann.

La végétation consiste principalement en quelques haies délimitant les enclos militaires et des rangées de cyprès bordant les allées tristes sous un brouillard romantique et mélancolique à la fois...

Le cimetière, par endroit, est en complète mutation, ici aussi les reprises sont légions et le décor change à vue.De certaines sépultures familiales, il ne reste rien, comme si le temps avait décidé de supprimer toute traces de leur passage de vivants...

Le plan, à l’entrée de nous apprend pas grand chose, il omet d’ailleurs de signaler les sépultures à perpétuité...

Lieu émouvant et sinistre à la fois,une division regroupe les tombes d’enfants. Avec leurs photos, les petits anges et le décorum blanc immaculé, ces petites sépultures ont un côté tragique et naïf.

Il règne un air d’abandon et d’oubli, pour combien de temps encore cet enclos sera t’il présent ?

Une tombe parmi tant d’autres...

Personnalités inhumées

Ce n’est pas le cimetière le plus riche, mais, malgré tout, on y trouve des portraits attachants et porteurs d’histoire et d’histoires...

Allain Leprest, né le 3 juin 1954 à Lestre (Manche) et mort le 15 août 2011 à Antraigues-sur-Volane (Ardèche).

Chanteur et parolier français.

Allain Leprest a passé son enfance à Mont-Saint-Aignan près de Rouen. Auteur de grande qualité, dans la lignée de la chanson poétique de tradition française, il écrit, interprète ses propres chansons, partagées souvent avec Romain Didier, qui compose, écrit, interprète également.

Accompagné pendant près de 10 ans par le pianiste Jean-Louis Beydon, il sillonne France et alentours. Il est ensuite accompagné au piano par Nathalie Miravette de 2000 à 2011 ou par Léo Nissim de 2004 à 2011.

Allain Leprest fait un bout de chemin avec Saravah, la plus ancienne maison française de production musicale en activité. Chez Saravah, Leprest et Richard Galliano collaborent pour un album, Voce a mano. Il écrit également des textes pour d’autres artistes comme Juliette Gréco, Francesca Solleville ou Enzo Enzo.

Reconnu et admiré par ses pairs et ses aînés, dont Jean Ferrat, Juliette Gréco, Henri Salvador, Claude Nougaro, Francesca Solleville, Anne Sylvestre, Allain Leprest n’a pas une large reconnaissance des médias, ni du grand public. À la manière de Jean-Roger Caussimon, il a construit une œuvre, en artisan émérite et très exigeant.

Allain Leprest était membre du PCF. Il a participé, lors de la Fête de l’Humanité 2010, à l’hommage rendu à Jean Ferrat.

Atteint d’un cancer des poumons, en rémission, Allain Leprest se suicide le 15 août 2011 à Antraigues-sur-Volane où il était en vacances. Il a été inhumé le 23 août 2011 au cimetière Monmousseau à Ivry-sur-Seine . Hommages : A.Leprest et ses chansons sont évoqués dans quatre romans noirs de Roger Martin parus aux Éditions du Seuil et au Cherche Midi pour le dernier titre :

Le G.A.L., l’égout

Une affaire pas très catholique

Un chien de sa chienne

Les Ombres du souvenir

Son avant-dernier roman, Jusqu’à ce que mort s’ensuive, est dédié à Allain Leprest ainsi qu’à Romain Didier.

Prix et distinctions :

Prix :

1985 : Révélation du Printemps de Bourges

1993 : Grand Prix de l’académie Charles Cros6 pour l’album Voce a mano Prix spécial de la SACEM aux Francofolies de La Rochelle

1996 : Prix Raoul-Breton de la SACEM

1999 : Grand Prix national de la musique

2008 : Grand Prix de l’académie Charles Cros pour l’ensemble de son œuvre

2010 : Grand Prix de poésie de la SACEM

Distinctions :

Chevalier de l’ordre national du Mérite

Allain Lepreste sur You tube


Georges Gosnat homme politique français, né le 3 décembre 1914 à Bourges (Cher) et décédé le 22 mai 1982 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Dans les années 1930, Georges Gosnat adhère aux Jeunesses communistes et est étudiant à l’École supérieure de commerce de Paris. Avec l’accord de Maurice Thorez, il demande lors de son service militaire, à suivre le peloton : il devient ainsi l’un des premiers jeunes communistes accédant au poste d’officier d’infanterie.

En 1937, il est nommé secrétaire général de la compagnie maritime France-Navigation qui doit ravitailler en armes la république espagnole lors de la guerre d’Espagne.

Fait prisonnier par les Allemands en mai 1940 en Belgique, il est interné dans un camp d’officiers à Nienburg. Après plusieurs tentatives d’évasion, il est transféré au camp disciplinaire de Lübeck d’où il sera libéré par l’armée britannique.

Dès la Libération, il débute une carrière politique, devenant sous-secrétaire d’État à l’Armement en 1946.

Il est élu député, puis réélu à plusieurs reprises, sous la Quatrième et la Cinquième (il succède à Maurice Thorez à la mort de celui-ci en 1964, dans la circonscription d’Ivry - Vitry).

Membre du comité central, il est également longtemps trésorier national du PCF.

Mandats :

Sous Secrétaire d’État à l’Armement du gouvernement Georges Bidault (du 24 juin 1946 au 28 novembre 1946)

Député communiste de Charente-Maritime (1945-1958)

Député communiste du Val-de-Marne (1964-1982)

C’est également la sépulture de Marie Gosnat, veuve de Georges Gosnat, députée du Finistère.

Marie Yvonne Lambert, Née Perrot le 26 octobre 1913 à Landerneau (Finistère)

Décédée le 22 janvier 1981 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne)

Député du Finistère de 1948 à 1951

Marie Lambert est née le 26 octobre 1913 à Landerneau, dans le Finistère, de parents agriculteurs. Née Marie-Yvonne Perrot, elle a tout juste dix-huit ans lorsqu’elle épouse, le 9 novembre 1931, Henri Lambert. Son engagement dans les rangs des FTP, où elle accède au grade de sous-lieutenant, la conduit, au lendemain de la guerre, à rejoindre le Parti communiste, dont elle devient secrétaire fédérale pour le Finistère. C’est sous l’étiquette communiste que Marie Lambert accède, au printemps 1945, à son premier mandat électif : elle devient conseillère municipale de sa ville natale de Landerneau.

Marie Lambert tente une première fois d’entrer au Parlement à l’occasion des élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante ; elle figure alors en quatrième position sur la liste du PCF conduite dans le Finistère par le journaliste Pierre Hervé, mais la liste n’obtient que deux élus. Le Parti communiste consolide ses positions aux élections du 10 novembre 1946 pour la première Assemblée législative.

Marie Lambert, toujours en quatrième position sur la liste du parti communiste, ne doit toutefois qu’à la démission de Pierre Hervé, en désaccord avec la ligne politique imposée par la direction du Parti, de faire son entrée au mois de juin 1948 à l’Assemblée nationale.

Marie Lambert siège à la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre et à la Commission de l’agriculture. Son activité parlementaire, éclectique, témoigne d’ardentes convictions communistes. Elle dépose notamment, le 2 février 1950, une proposition de loi destinée à mettre un terme au recrutement féminin pour le corps expéditionnaire en Indochine. Marie Lambert dénonce dans ce texte les méthodes de recrutement mises en place par les autorités militaires, et l’"intense propagande qui pénètre jusqu’aux campagnes les plus reculées" : "le simple énoncé des postes offerts est une pression intolérable sur ces jeunes filles et jeunes femmes sous-alimentées, quelquefois affamées et presque toujours tourmentées par la nécessité d’aider leur famille à vivre. Usant des procédés les plus vils, les autorités militaires, c’est-à-dire le gouvernement, termine ses offres d’emploi par celui d’opératrice de cinéma. On espère ainsi tenter les jeunes dont l’esprit a été travaillé d’avance par la littérature empoisonnée importée d’Amérique et diffusée à foison en France, et qui seraient attirées par l’aventure et la vertu du mot magique "cinéma"."

Marie Lambert fait l’objet de poursuites pénales au printemps 1950 ; on lui reproche d’avoir soutenu la grève des ouvriers du bâtiment de Brest, au cours de laquelle fut organisée, dans l’enceinte de la Maison des syndicats de la ville, la séquestration d’un patron du bâtiment. Marie Lambert se défend cependant d’avoir pris part à cette opération ; bien plus, elle affirme avoir été à l’origine, avec les dirigeants du syndicat du bâtiment et ses collègues parlementaires du Finistère Gabriel Paul et Alain Signor, de la libération de l’otage : elle aurait su persuader les femmes de grévistes qui, indignées de son refus de discuter avec leurs maris, avaient forcé le patron à les accompagner, de renoncer à leur action. Le récit de Marie Lambert ne convainc pas ses collègues parlementaires, qui votent le 27 avril la levée de son immunité par 403 voix contre 182.

Marie Lambert se montre particulièrement soucieuse de préserver vivace la mémoire de la guerre et de ses massacres. A deux reprises, le 2 février et le 21 mars 1951, elle interpelle le gouvernement au sujet du procès de l’ex-général nazi Ramcke, "responsable des assassinats, pillages et incendies commis contre la population civile de Brest". Evadé le 18 février, l’ancien commandant en chef des troupes allemandes stationnées à Brest s’est constitué prisonnier le 7 mars, avant d’être condamné le 21 mars par le Tribunal militaire de Paris à cinq ans de réclusion ; Marie Lambert dénonce alors "l’intolérable déroulement du procès du nazi Ramcke (...) dont la conclusion scandaleuse équivaut à un véritable acquittement, une insulte à la mémoire des morts de la libération bretonne, la justification cynique des méthodes de nazis, l’encouragement honteux aux bourreaux hitlériens appelés à reprendre service dans l’armée européenne du général Eisenhower".

De fait, à plusieurs reprises, Marie Lambert s’emploie aussi à dénoncer l’influence américaine en Europe ; elle dépose ainsi, le 20 mars 1951, une demande d’interpellation sur la "participation active du gouvernement à la politique de guerre américaine, dont le président Eisenhower vient d’annoncer qu’elle pourra conduire à utiliser la Bretagne comme "réduit" pour les troupes d’USA, déclaration qui a soulevé une immense émotion parmi toute la population bretonne encore accablée par le poids des destructions et des ruines accumulées par la dernière guerre".

Marie Lambert sollicite sans succès le renouvellement de son mandat lors des élections législatives du 17 juin 1951. Marie Lambert abandonne alors la vie politique pour se consacrer au journalisme, collaborant à plusieurs titres de la presse communiste :

successivement rédactrice au service de politique étrangère de L’Humanité puis au service politique au journal France Nouvelle, Marie Lambert prend ensuite la direction du journal Femmes françaises.

Divorcée depuis décembre 1951 de Henri Lambert, elle épouse le 30 juillet 1970 le député communiste Georges Gosnat, l’un des principaux responsables des activités commerciales et financières du PCF, chargé aussi des relations avec la presse.

Marie Lambert décède le 22 janvier 1981 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne)


Georges Marrane était un homme politique français, né à Louviers le 20 janvier 1888 et mort le 27 août 1976 à Fleury-Mérogis.

Fils d’ouvrier, Georges Marrane travaille en usine après avoir obtenu son certificat d’études, dès l’âge de 12 ans, en Seine et Oise, comme apprenti mécanicien, avant de devenir ouvrier horloger-mécanicien à Paris. Il est blessé pendant la Première Guerre mondiale.

Il adhère au Parti socialiste SFIO (18ème section) en 1916. En décembre 1920, il se prononce pour l’adhésion à la IIIe Internationale. En octobre 1922, il entre au Bureau politique du Parti communiste français.

Le 15 mai 1925, il est élu maire d’Ivry-sur-Seine, puis réélu en 1929 et 1935. En 1936-37, il préside le Conseil général de la Seine. Un mois après la déclaration de guerre, le 4 octobre 1939, les conseillers municipaux communistes sont suspendus de leur fonction. Il est déchu de son mandat de maire le 21 janvier 1940 et entre dans la clandestinité.

On le retrouve à Lyon, à Toulouse, à Marseille, en Corrèze et en Haute-Vienne où il déploie une activité considérable sous le patronyme de Gaston. D’autres l’appelaient Vercingétorix à cause de ses superbes moustaches.

Il accueille de Gaulle à l’Hôtel de ville de Paris le 25 août 1944 en sa qualité de Vice-président du Comité parisien de Libération.

Le 20 août 1944, Venise Gosnat, adjoint au maire avant la guerre, reconquiert la mairie d’Ivry et met en place un Comité local de libération. Le 29 avril 1945, Georges Marrane retrouve son fauteuil de maire et dirige la ville jusqu’en 1965, date à laquelle Jacques Laloë lui succède à la tête de la municipalité.

Il est membre de l’Assemblée consultative provisoire où il représente le Front national de l’indépendance de la France. Puis il est élu au Conseil de la République en 1946. Georges Marrane est candidat à la présidence du Conseil de la République et obtient comme son rival Auguste Champetier de Ribes 129 voix. Le MRP est désigné au bénéfice de l’âge.

Georges Marrane est ministre de la Santé publique et de la Population dans le gouvernement Paul Ramadier du 22 janvier au 4 mai 1947. Il démissionne à la suite de l’éviction des ministres communistes membres de l’Assemblée nationale.

Il est membre de la Haute Assemblée jusqu’à son élection en tant que député communiste de la Seine en 1956. Il est vice-président du groupe communiste de l’Assemblée nationale.

Il est candidat du PCF à l’élection présidentielle du 21 décembre 1958. Il obtient 10 355 voix (soit 13,03 % des suffrages) dans le collège des grands électeurs qui désigne le général de Gaulle comme premier président de la Ve République.

Il redevient sénateur en 1959 et siège au Palais du Luxembourg jusqu’en 1968. Il est aussi conseiller général de 1946 à 1967.

Georges Marrane laisse le souvenir d’un maire et d’un parlementaire soucieux de la défense des droits de la classe ouvrière.

Le Challenge international Georges Marrane, une compétition internationale de handball organisée par le US Ivry handball est nommé en son honneur.

Sources : APPL documentation - Archives assemblée nationale - Wiki pédia et divers.