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Eglise SAINT PIERRE du GROS-CAILLOU

Paris 7eme
dimanche 25 décembre 2011.
 

SAINT PIERRE DU GROS CAILLOU

Une chapelle construite sur l’emplacement de l’église actuelle a été inaugurée le 11 août 1738, sous le vocable de "Notre-Dame de Bonne Délivrance" dont la statue, placée à l’entrée du chœur, garde le souvenir. Cette chapelle restait dépendante de la Paroisse Saint-Sulpice.

Cette église a été conçue par l’architecte néo-classique Étienne-Hippolyte Godde.

Les orgues

Le grand orgue de tribune

Orgue Mutin-Convers (1925), restauré par Victor Gonzalez (1933, 1955) et Danion-Gonzalez (1978) ; relevage par Bernard Dargassies en 2000. L’instrument comporte 3 claviers de 56 notes et un pédalier de 32 notes pour 47 jeux. Les transmissions sont électriques.

Noëlie Pierront fut organiste titulaire à Saint-Pierre-du-Gros-Caillou de 1929 à 1970.

L’orgue de la chapelle

Construit par Danion-Gonzalez en 1972, il comporte 3 claviers de 61 notes et un pédalier de 32 notes pour 25 jeux (22 réels). Les transmissions sont électriques.

La paroisse du Gros Caillou fut érigée le 28 août 1776 par décret de Mgr Christophe de BEAUMONT, Archevêque de Paris, sous l’appellation de « Notre-Dame de Bonne Délivrance et de Saint Christophe ».

La première église paroissiale fut commencée en 1780 puis a été vendue pour être démolie et servir de carrière en l’an VI (1797-1798), après que la paroisse ait été supprimée pendant les troubles révolutionnaires.

Pendant cette période, des prêtres poursuivent l’exercice de leur ministère sacerdotal malgré les difficultés. L’abbé GARAT, premier Curé de la paroisse, meurt pendant cette période.

L’église actuelle a été construite sous l’impulsion de l’abbé LANDRIEU, Curé de Sainte Valère - paroisse aujourd’hui disparue, située sur l’actuelle rue de Talleyrand - et du Gros Caillou. Elle fut consacrée le 1er mai 1830.

La paroisse du Gros Caillou fut officiellement restaurée le 6 août 1843 sous l’appellation de Saint-Pierre du Gros Caillou.

Pendant le Second Empire, le quartier subit un grand développement et de nombreux changements. La première transformation de l’église date de 1870 (construction de la nouvelle salle des catéchismes aujourd’hui disparue), la seconde de 1881 (chapelle Notre-Dame de Bonne Espérance).

L’exposition de 1900 donna un nouvel essor au quartier, des souscriptions nombreuses furent recueillies pour l’agrandissement de l’église dont le plan fut établi en 1911.

Le 15 mars 1913, le Cardinal Archevêque bénissait les agrandissements (adjonction d’un bas-côté et d’une abside). La chapelle et les locaux paroissiaux qui prolongent actuellement l’église, ont été construits de 1967 à 1973.

En mai 1993, dans le clocher, reconstruit et agrandi, a été installé un carillon de quatre cloches dont deux proviennent d’Algérie.

L’opération « Gros Caillou 2000 » commencée en 1995, a permis la construction de la Maison Paroissiale des Jeunes.

A l’intérieur de l’église est apposée une plaque à la mémoire de Jean Sylvain BAILLY, savant et homme politique. Il reposerait dans cette église bien qu’avoir été guillotiné en 1793.

Jean Sylvain Bailly, né le 15 septembre 1736 à Paris et mort guillotiné le 12 novembre 1793 à Paris, est un mathématicien, astronome, littérateur et homme politique français.

Jean-Sylvain Bailly est le petit-fils de Nicolas Bailly, peintre du roi et garde des tableaux de la Couronne qui le destinait à la peinture.

Nicolas Bailly est le fils de Jacques Bailly qui était aussi un peintre.

N.Bailly préfère les lettres et les sciences. Il travaille d’abord pour le théâtre, mais lié à Lacaille, il s’intéresse très tôt à l’astronomie et fait construire un observatoire sur le toit du Louvre à Paris.

Ses observations astronomiques lui valent son élection à l’Académie des sciences en 1763. Peu avant la révolution, il aide Alexandre Lenoir à sauvegarder le patrimoine français.

Révolution

Jean-Sylvain Bailly est élu 1er député de Paris, le 12 mai 1789, sur le contingent du tiers état, aux États généraux.

Le 3 juin suivant, il est élu président du tiers état et, le 17 juin, président de l’Assemblée nationale (fonction qu’il occupera jusqu’au 3 juillet de cette année).

Le 20 juin, lors du serment du Jeu de Paume, il est le premier à prêter serment et, trois jours plus tard, lors de la séance où Louis XVI exige la dispersion de l’Assemblée, il refuse d’obtempérer et s’autoproclame Président de l’Assemblée nationale.

Jean Sylvain Bailly lors du Serment du Jeu de paume à Versailles le 20 juin 1789 - Dr. Collection privée de Nuno Carvalho de Sousa, Lisbonne.

Le 15 juillet 1789, il est élu maire de Paris par l’acclamation d’une assemblée hétéroclite d’électeurs des 60 districts et de députés de l’Assemblée nationale.

À ce titre, il remet la cocarde tricolore au Roi, lors de la visite que celui-ci rend à l’Hôtel de Ville, le 17 juillet. Dans sa fonction de maire, il est attaqué par Camille Desmoulins et Jean-Paul Marat, pour être trop conservateur.

Après l’évasion manquée des 20 et 21 juin 1791 de la famille royale, il veut contenir l’agitation républicaine qui vise à obtenir la déchéance du roi et, à la demande de l’Assemblée, proclame la loi martiale. Le 17 juillet 1791 il ordonne à la Garde nationale de tirer sur la foule des émeutiers.

Sa popularité, restée jusque-là à peu près intacte, tombe au plus bas. Le 12 novembre, il démissionne de toutes ses fonctions politiques, et se retire à Nancy.

Il est mis en état d’arrestation en juillet 1793, alors qu’il se trouve à Melun, et placé en détention.

Appelé à témoigner lors du procès de Marie-Antoinette, il refuse de le faire à charge et dépose en sa faveur, ce qui le conduit implicitement à sa perte.

Son procès est expédié du 9 au 10 novembre 1793, et la sentence exécutée le lendemain, après que la guillotine a été symboliquement transportée par la foule de l’esplanade du Champ-de-Mars (à l’endroit même où les troupes avaient tiré sur le peuple le 17 juillet 1791), et installée à l’extrémité gauche du champ de la Fédération, dans le fossé même qui entourait l’enceinte, car le peuple ne voulait pas que le sang de Bailly soit mélangé à celui de ses martyrs morts au Champ-de-Mars.

Comme les membres du condamné, glacés par la pluie et le froid, sont agités d’un tremblement involontaire, un spectateur lui dit : « Tu trembles, Bailly ? - Oui, répond le vieillard avec calme, mais c’est seulement de froid. » Une plaque apposée sur l’immeuble au n°2 de l’avenue de La Bourdonnais marque l’emplacement de son exécution.

Académies

Son Histoire de l’Astronomie, œuvre littéraire autant que scientifique, lui ouvre les portes de l’Académie française, où il est élu membre en 1783, grâce à la persévérance de son ami Buffon et malgré l’opposition de d’Alembert.

Après son exécution, il ne sera remplacé que lors de la création de la seconde classe de l’Institut de France, en 1803, par Emmanuel Joseph Sieyès.

C’est Arago qui prononce son éloge à l’Académie des sciences en 1844.

Œuvres

Portrait gravé de Jean Sylvain Bailly

Sur les inégalités de la lumière des satellites de Jupiter (1771)

Essai sur la théorie des satellites de Jupiter (1776)

Histoire de l’astronomie ancienne, depuis son origine jusqu’à l’établissement de l’école d’Alexandrie (1775, 2e éd. 1781)

Histoire de l’astronomie moderne depuis la fondation de l’école d’Alexandrie jusqu’à l’époque de MDCCXXX (2 volumes, 1778-1783)

Lettres sur l’origine des sciences et sur celle des peuples de l’Asie adressées à Monsieur de Voltaire (1777, 2e éd. 1787)

Lettres sur l’Atlantide de Platon et sur l’ancienne histoire de l’Asie (1779)

Histoire de l’astronomie indienne et orientale (1787) Œuvres posthumes

Essai sur les fables (1798)

Mémoires d’un témoin de la Révolution (1804)

Recueil de pièces intéressantes sur les sciences (1810) Mémoires. Tome 1 : la Révolution du Tiers : 29 décembre 1786-14 juillet 1789. Tome 2 : Premier maire de Paris : 15 juillet-2 octobre 1789, Clermont-Ferrand : Paléo, coll. Sources de l’histoire de France : la Révolution française, 2004. (ISBN 2-84909-089-1), (ISBN 2-84909-093-X).

Sources : Jacques de Cock, L’affaire de la mairie de Paris en 1789, Fantasques éditions, Lyon, 1991, p. 30.

Journal de Charles-Henri Sanson, La Révolution Française vue par son Bourreau, Le Cherche-midi, 2007, p 85-94

Liens externes : Notice biographique de l’Académie française