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Théâtre - Danse - Arts de la scène

GEORGE Marguerite Weimer dite Melle ( 1787-1867)

9eme division
dimanche 11 décembre 2005.
 

Comédienne du Ier Empire

Marguerite Joséphine Weimer (ou Wemmer) voit le jour à Bayeux le 23 février 1787. Fille d’un maître tailleur du régiment d’infanterie de Lorraine (dont le lieutenant-colonel est le comte de Buffon, père du naturaliste) qui devient directeur de spectacles en province, notamment, longtemps à Amiens.

C’est sur la scène du théâtre de cette ville que la jeune Marguerite fait ses débuts, encore enfant, dans Le Jugement de Pâris et les Deux Petits Savoyards et autres pièces du même genre. On la destine alors à l’opéra. Mademoiselle Raucourt en visite à Amiens, remarque les dispositions de la jeune fille pour la comédie et décide le père à envoyer sa fille à Paris. Elle débute à la Comédie Française le 8 frimaire An XI (25 novembre 1802). Dans le rôle de Clytemmestre d’Iphigénie en Aulide, elle a tout juste quatorze ans.

Elle est d’une beauté incomparable, on la décrit « fière et majestueuse », elle excita dans le public un enthousiasme extraordinaire. La reine incontestée de la Comédie française est alors Mademoiselle Duchesnois, d’un talent remarquable, mais d’un physique ingrat. Parmi les habitués de la Maison de Molière, deux clans se forment, les uns tenant pour La Duchesnois, les autres, pour Melle George. La salle devient un champ de bataille où les deux parties en viennent aux mains. Pour clore cette querelle, le ministre Chaptal nomme les deux rivales sociétaires avec des attributions nettement définies. Les grâces et le talent de la jeune femme ne manquent pas d’attirer l’attention du Premier Consul.

Elle sera la seule, lorsque l’Empereur déchu sera à Sainte Hélène, que Napoléon dira avoir réellement aimée. Joséphine apprend assez rapidement cette nouvelle liaison de son illustre époux. Le 11 mai 1808, elle quitte Paris en compagnie de Duport, le danseur de l’opéra. Au mépris de son engagement, avec le théâtre Français et surtout au mépris de ses créanciers, elle se sauve pour rejoindre en Russie un amant qui dit-on, a promis de l’épouser. Il s’agit de Georges Benckendorff, frère de la comtesse de Lièvin, venu à la suite de l’ambassadeur Tolstoï qui vient d’être rappelé en Russie.

Il y a là toute une intrigue ayant pour objet d’enlever le Tsar Alexandre à Mme Nariskine par une liaison avec l’actrice. George ne soupçonne rien de ces projets et s’étend dans ses courriers sur les charmes de son « bon Benckendorff ». Pour le Grand Duc Constantin qui assiste à la représentation de Phèdre « Votre Mademoiselle George, dans son genre, ne vaut pas mon cheval de parade dans le sien ». Après 1812, elle a la pensée de revenir en France. Elle rencontre à Dresde les chefs d’emploi de la comédie, appelés pendant l’armistice. L’Empereur, non seulement la fait réintégrer comme sociétaire, mais ordonne qu’on lui compte, comme service, les six années d’absence. Ses camarades ne lui pardonneront jamais. Pendant les Cent-Jours, elle se montrera reconnaissante. Melle George part pour l’Angleterre. A son retour, elle fait des tournées dans les départements, lorsque l’Odéon l’engage en 1822. En 1828, on la retrouve en province, allant de ville en ville avec la troupe ambulante dirigée par Harel. En 1829, ce dernier est nommé directeur de l’Odéon, elle rentre avec lui dans ce théâtre. Elle le suit en 1831 à la Porte Saint martin.

C’est la grande époque où le Romantisme part à la conquête du théâtre. Mademoiselle George y consacre tout son talent et ses forces. C’est le renouveau et une nouvelle période de gloire pour elle. Victor Hugo l’encense et lui confère un nouveau titre de gloire. Cependant, l’embonpoint qui la menace depuis des années est devenu important.

L’âge aidant, elle comprend que l’heure de la retraite a sonnée. Elle ouvre alors une classe de déclamation. Ses goûts dispendieux et ses dépenses rendent cette occupation insuffisante. A prés de soixante dix ans,Entre 1854 et 1855, on la voit remonter sur scène, tantôt à l’Odéon, tantôt à la Porte Saint Martin. Elle se résigne à la retraite définitive. Elle meurt le 12 janvier 1867 âgée de quatre vingt un ans dans la pauvreté, mais pas dans le dénuement, l’Empereur Napoléon III lui faisant servir sur sa cassette une pension viagère de deux mille francs.