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Franc maçonnerie- Ésotérisme - Sociétés secrètes

FAUVETY Charles (1813-1894)

dimanche 24 juillet 2011.
 

Vénérable franc-maçon

Charles FAUVETY voit le jour à Uzès en 1813

Décédé à Asnières en 1894

Issu d’une famille cévenole protestante, Charles Fauvety naît à Uzès le 10 août 1813. Son grand père paternel, Jean Fauvety (1763-1795), président du tribunal révolutionnaire d’Orange, fut guillotiné comme robespierriste. Son père, Jean- David (1790-1863), est un solide négociant.

De sa famille Charles hérite d’une culture biblique certaine, un intérêt jamais démenti par le protestantisme, de solides relations dans les milieux huguenots libéraux, une morale stricte, une haine pour les excès révolutionnaires et une certaine aisance financière. Il fait des études secondaires à l’institution Sainte-Barbe, place du Panthéon, et aurait participé aux Trois Glorieuses.

Sa jeunesse est partagée entre la direction d’un commerce de bonneterie fondé par son oncle maternel et la fréquentation de diverses écoles socialistes utopistes, notamment le saint-simonisme, le fouriérisme (d’où une longue amitié avec Jean-Baptiste Godin) et le communisme icarien. Mais aucun de ces mouvements ne séduit totalement le jeune homme. Il se tourne alors vers Lamennais.

A 32 ans, il devient journaliste. Sa première publication est un modeste mensuel, La Vérité sur toutes choses, qui subsiste d’octobre 1845 à janvier 1846. Fauvety en est l’éditeur, mais c’est son ami Alphonse Constant, dit plus tard Eliphas Levi, qui semble être l’idéologue.

Fauvety épouse une pensionnaire de la Comédie Française, un temps rivale de Rachel, Fortunée Gariot dite Maxime (1812-1887), future vénérable de la loge d’adoption « Le Temple des Familles » et présidente de divers cercles gnostiques et ésotériques. Fauvety publie divers opuscules, notamment un Catéchisme d’économie politique et industrielle. Question de libre-échange (1847).

Il a ensuite en 1847-1848 une période proudhonienne. En octobre 1847, il fonde avec un disciple bisontin, Jules Viard, Le Représentant du peuple qui ne paraitra régulièrement qu’à partir du 27 février 1848. Proudhon y collabore officiellement à compter du 19 avril. Les Journées de Juin entraînent la rupture entre les deux hommes car Fauvety juge la révolte coupable.

Fauvety avait été initié, en 1847, dans un atelier misraïmide, « Le Buisson Ardent », mais il mena longtemps la loge buissonnière. En 1858, son ami Luc-Pierre Riche-Gardon l’invite à intégrer la loge parisienne « La Renaissaance » par les Emules d’Hiram (Grand Orient de France) dont il devient orateur (1859-1860). En 1859, son article publié dans trois numéros du Monde Maçonnique pose une question qui va diviser les maçons durant deux décennies : La franc-Maçonnerie est-elle une religion ?

En 1860, Fauvety est élu vénérable de « La Renaissance ». A ce poste, il contribue au retrait du prince Murat de la tête de l’exécutif de la rue Cadet. Le maréchal Magnan étant nommé Grand Maître par l’empereur en 1861, Fauvety est élu conseiller de l’Ordre et le reste jusqu’en 1867. Il va vainement chercher à faire partager par ses frères sa conception de la maçonnerie.

En 1862, il rédige un Catéchisme maçonnique à l’usage des aspirants à l’initiation. En 1863, il s’affilie à la loge « Les Frères Unis Inséparables » avant de la quitter (1865). Au Convent de 1865, entre les traditionnelistes de Riche-Gardon et les moralistes indépendants de Massol, Fauvety réussit à faire voter un texte de compromis qui définit de manière ambiguë la Franc-Maçonnerie : « Elle a pour principe l’existence de Dieu, l’immortalité de l’âme et la solidarité humaine. Elle regarde la liberté de conscience comme droit propre à chaque homme et n’exclut personne pour ses croyances ».

Da tentative de faire de l’Ordre l’Eglise d’une religion laïque rencontre de plus en plus d’hostilité, notamment de la part des massoliens. Contre leur chef, il publie en 1865 une Réflutation de la morale indépendante. Epître à Massol. Cette année-là, il s’affilie à la loge « Mars et les Arts », présidée par le féministe Léon Richer. Mais les manifestations d’hostilité à son égard l’éloignent de l’obédience de la rue Cadet.

En décembre 1886, Fauvety lance La Solidarité. Journal des Principes. Ce péridique « libre penseur croyant » paraît jusqu’en 1870. Après bien des hésitations, Fauvety donne son adhésion à L’Alliance Religieuse Universelle de frère Henri Carle et participe au premier congrès mondial de l’association en 1870.

Favorable à la Troisième République, opposée à la Commune de Paris mais indigné cependant par la répression versaillaise, retiré dans sa propriété d’Asnières, Charles Fauvety continue sa quête d’une religion rationnelle, universaliste, naturelle, fraternelle, progressive, laïque et démocratique. En 1874, il publie un Catéchisme pèhilosophique de la religion universelle et fonde, deux ans plus tard, sa dernière revue, La Religion laïque qui dure jusqu’en 1879. Elle est reprise en 1887 par le dernier disciple du solitaire d’Asnières, Jules Jacques Toussaind Lessard, dit P. Verdad, futur évêque gnostique. Sous divers titres, la revue paraît jusqu’en 1914. Dans la décennie 1880, presque aveugle, Fauvety continue à écrire de nombreux articles, brochures ou livres, notamment Nouvelle Révélation. La Vie. Méthode et connaissance (1892).

Ses oeuvres :Ses œuvres[modifier]

Philosophie maçonnique (1862) ;

Catéchisme à l’usage de l’aspirant à l’initiation (1862) ;

Critique de la morale indépendante, épitre à Massol (1865) ;

Catéchisme philosophique de la religion universelle (1874) ;

La Religion laïque (1887) ;

Théonomie (1894) ;

Organisation communale et centrale de la République.

Il meurt à Asnières le 11 février 1894. Lessard-Verdad publie plus tard quelques œuvres posthumes notamment Théonomie. Démonstration scientifique de l’existence de Dieu.

Son éloge funèbre, écrit par Louis Amiasble, fut prononcé à la séance du 11 septembre du Convent de 1894 du Grand Orient par le conseiller de l’Ordre Dequaire.

Il repose avec son épouse dans une sépulture bien usée...

Sources : Les maçons célèbres