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LESCURE Jean (1912-2005)

mardi 19 juillet 2011.
 

Ecrivain et poéte

Jean Lescure voit le jour le 14 septembre 1912, à Asnières-sur-Seine.

Décédé le 17 octobre 2005,à Paris)

Ecrivain, poète et scénariste français.

Né le 14 septembre 1912 à Asnières, où ses parents ont transformé leur bistro-salle de bal en cinéma, l’Alcazar, Jean Albert Lescure est de 1921 à 1928 interne au collège de Saint-Germain-en-Laye où il côtoie Mounir Hafez et Armel Guerne.

Après des études de philosophie à la Sorbonne (Étienne Gilson, Léon Brunschvicg, André Lalande) et de psycho-pathologie à Sainte-Anne (Georges Dumas), il fait partie en 1934 du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

L’année suivante il participe à la première randonnée au Contadour proposée à ses lecteurs par Jean Giono. Il devient son secrétaire, élabore le projet des Cahiers du Contadour et en dirige en 1936 les deux premiers numéros.

En 19381, Lescure prend la direction de la revue poétique Messages dont il a retracé l’histoire dans Poésie et liberté. Après un premier cahier autour de William Blake, le deuxième, préparé avec l’aide de Jean Wahl, a pour titre Métaphysique et Poésie. À cette occasion Lescure demande à Gaston Bachelard un texte qui va orienter la réflexion du philosophe vers l’imaginaire poétique, rencontre René Char, se lie avec René Daumal et Benjamin Fondane et noue une « affection fraternelle » avec Pierre Emmanuel.

En 1942, Lescure engage Messages dans la résistance littéraire pour en faire, avec le soutien de Jean Paulhan, « l’anti-NRF » que dirige depuis 1940 Drieu La Rochelle. Le premier cahier paraît en mars (textes de Pierre Emmanuel, Eugène Guillevic, Jean Follain, Raoul Ubac...). Après interdiction, les deux suivants (Claudel, Jean Tardieu, Francis Ponge, Paul Éluard, Raymond Queneau, Loys Masson...) sont antidatés. Le quatrième (Bachelard, André Frénaud, Michel Leiris, Queneau, Jean-Paul Sartre, Bataille...) est publié à Bruxelles. Jean Lescure participe simultanément à la diffusion de la presse clandestine2 et collabore aux « Lettres françaises » dans lesquelles il publie un long texte sur La Lutte avec l’ange d’André Malraux (octobre 1943) ainsi que d’autres articles sur Les Mouches de Sartre (décembre), les poèmes d’Éluard et La Marche à l’étoile de Vercors (février 1944), Europe, L’Honneur des Poètes II (juin)3. Il fait simultanément partie du Comité national des écrivains et du groupe armé « Ceux de la Résistance ».

Domaine français (Messages, 1943), édité à Genève par François Lachenal aux Éditions des Trois Collines, assemble une soixantaine des plus grands noms d’écrivains, manifestant « une insoumission collective de la littérature » : François Mauriac, Paul Claudel, André Gide, Valéry, Georges Duhamel et Romain Rolland y côtoient Henri Michaux, Albert Camus et Jean-Paul Sartre. Dans le bureau de Paulhan chez Gallimard, Lescure prépare parallèlement avec Éluard, dont il passe pour le « lieutenant », la publication clandestine en juillet, aux Éditions de Minuit, du premier volume anthologique de « L’Honneur des poètes », auquel il collabore sous le nom, choisi par Éluard, de Jean Delamaille, puis du second volume « Europe ». En avril 1944 Jean Lescure rencontre André Malraux et enregistre clandestinement avec Éluard les poèmes de « L’Honneur des poètes » au Club d’Essai de Pierre Schaeffer.

Avec Camus, Sartre et Frénaud, il se trouve en mai dénoncé dans un tract, donc à la Gestapo. Dans le premier numéro de l’ Éternelle revue clandestine, dirigée par Éluard, il publie en juin 1944 Son autre visage, dans le deuxième, en juillet, Pour un aviateur mort.

À la Libération, Lescure est appelé en août 1944 par Jean Guignebert et désigné par le Centre national des écrivains pour prendre la direction du Service littéraire de la Radiodiffusion, où il introduit Raymond Queneau et Jean Tardieu, Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet. Tandis qu’il poursuit la publication de Messages jusqu’en 1946 il commence à nouer des amitiés durables avec les peintres de la nouvelle École de Paris.

Devant quitter la Radio en 1946 il est brièvement secrétaire général des Éditions de Minuit auprès de Vercors de mai à décembre. Il écrit dans les années suivantes pour le théâtre, notamment pour la Comédie de Saint-Étienne de Jean Dasté4, participe aux Rencontres internationales de Genève (1945-1958), à la création et aux assemblées de la Société européenne de culture (1950-1960) et collabore aux cahiers mensuels de « Liberté de l’esprit » fondés en 1949 par Claude Mauriac.

S’associant en 1956 à son père pour diriger le cinéma l’Alcazar d’Asnières, il en fait l’une des premières salles de banlieue consacrée au cinéma d’art. Avec l’aide d’André Malraux, il prépare les conditions du fonctionnement de l’Association française des cinémas d’art et d’essai dont il sera le président de 1966 à 1992, devenant plus tard président de la Confédération internationale des cinémas d’art et d’essai (1981-1986).

Directeur littéraire du « Théâtre des nations » de 1957 à 1960, membre des commissions Peinture, achats de l’État, et Décoration des bâtiments publics, il participe au choix des décorations de la Faculté des Sciences de Jussieu dont Malraux a confié la reprise du projet à l’architecte Édouard Albert. De 1960 à 1965 Il est conseiller au Service de la Recherche de l’ORTF de Pierre Schaeffer puis de Pierre Emmanuel à l’Institut national de l’audiovisuel de 1975 à 1977.

Lescure est en 1960, à la suite d’une décade à Cerisy qu’il dirige avec Georges-Emmanuel Clancier sur Queneau et à laquelle participent notamment Maurice de Gandillac, François Le Lionnais, Albert Memmi, l’abbé Morel, Jacques Bens, Jean Follain, André Frénaud, Eugène Guillevic, Michel de Smet, l’un des membres fondateurs de l’Oulipo, l’inventeur de la méthode S+7 et l’auteur en 1964 de la première Histoire de l’Oulipo5. Il apparaît ainsi constamment dans les comptes rendus des réunions de l’Oulipo rédigés par Jacques Bens6). Il est simultanément « Régent d’Anabathmologie » du Collège de ’Pataphysique. On doit par ailleurs à Jean Lescure de nombreux livres, articles et préfaces sur ses amis les peintres de la Nouvelle École de Paris qui ont illustré ses poèmes de leurs gravures ou lithographies.

Jean Lescure a reçu en 1984 le Prix Valery Larbaud et le Prix Audiberti, en 1992 le Grand Prix Poncetton de la Société des gens de lettres pour l’ensemble de son œuvre. Son dernier ouvrage, Une antibiographie de l’auteur des Antimémoires, est consacré à André Malraux.

Il a également tenu à partir de 1928 un Journal, conservé à l’IMEC avec les archives qu’il y avait déposées depuis 1998. Jean Lescure est mort le 17 octobre 2005 à Paris.

Des portraits de Jean Lescure ont été réalisés par Calder en 1969, Chastel vers 1952, et Gischia à partir des années 1950.

Sources : Wikipédia et divers