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SAINT LAURENT Cécil (1919-2000)

dimanche 17 juillet 2011.
 

Ecrivain français

Jacques Laurent-Cély, voit le jour le 5 janvier 1919 à Paris, mort le 29 décembre 2000 à Paris.

Journaliste, romancier, et essayiste français, ayant publié sous divers pseudonymes dont celui de Cécil Saint-Laurent, et élu à l’Académie française en 1986.

Militant royaliste dans sa jeunesse devenu anarchiste de droite, son nom reste associé au mouvement littéraire dit des Hussards.

Petit-fils du président du Conseil général de la Seine, fils d’un avocat inscrit au barreau de Paris, combattant de la Grande guerre et militant de Solidarité française de François Coty, Jacques Laurent-Cély était par sa mère neveu d’Eugène Deloncle.

Ayant suivi des études au lycée Condorcet, il entreprend une licence de philosophie à la Sorbonne, et s’engage rapidement à l’Action française de Charles Maurras, en écrivant au journal L’Étudiant français.

Il présentera plus tard son engagement ainsi : « c’est parce que je rencontrais l’Action française que j’échappais au fascisme ».

En 1939, il doit interrompre ses études, à cause de la mobilisation. Il ne joua qu’un rôle limité sous l’Occupation, avec un modeste poste au « Bureau d’études » du Secrétariat général à l’Information du régime de Vichy sous l’autorité de Paul Marion, où il fit la connaissance d’Angelo Tasca mais aussi de François Mitterrand, et contribua à Idées, « revue de la Révolution nationale » fondée en 19418 .

En août 1944, il est chargé d’établir un contact entre le maréchal Pétain et une unité auvergnate des Forces françaises de l’intérieur que dirige Henry Ingrand, Pétain envisageant alors un accord avec la Résistance pour rejoindre le maquis. Ce projet n’aura pas de suite, à cause du départ du maréchal à Sigmaringen, tandis que Jacques Laurent-Cély rejoindra à la fin du mois un bataillon des FFI devant opérer une jonction avec l’armée du général de Lattre de Tassigny. Remonté à Paris sous l’épuration, il est brièvement incarcéré mais finalement relâché.

Après la Guerre, il entreprend une carrière d’écrivain : ayant écrit sous divers pseudonymes « pour vivre » des chroniques théâtrales (Jean Paquin), quelques petits romans sentimentaux (Dupont de Ména, Roland de Jarnèze) ou policiers (Roland de Jarneze, Alain de Sudy, Gilles Bargy, Laurent Labattu, J.C Laurent), puis en 1948 une étude historique plus connue, Quand la France occupait l’Europe, sous le nom d’Albéric Varenne.

Mais il se fait véritablement connaître du public par des romans publiés dès la fin des années 1940, dont les plus célèbres restent Les Corps tranquilles, paru en 1948 (auquel Le Petit Canard, paru en 1954, constituera un post-scriptum), et la série populaire de Caroline Chérie, qui fera l’objet de douze traductions et de deux adaptations cinématographiques (en 1951, puis en 1968).

L’année 1951 voit la parution de son premier essai, Paul et Jean-Paul, dans lequel il se livre à un parallèle entre Paul Bourget et Jean-Paul Sartre, attaque Les Temps modernes et l’existentialisme. Dans le même temps, il fonde en 1953 la revue littéraire La Parisienne (qui accueillit la plume de Jean Cocteau, Jean-François Deniau, Henry de Montherlant, Jacques Perret ou encore Marcel Aymé), dans laquelle il écorna André Malraux, lui reprochant de « vivre tranquillement en pelotant des chefs-d’oeuvre plastiques après avoir envoyé tant de jeunes gens au casse-pipe », puis dirige l’hebdomadaire Arts de 1954 à 1959. Son nom est alors associé au mouvement littéraire des Hussards, auxquels se rattachent aussi Antoine Blondin, Michel Déon et Roger Nimier, incarnant alors la droite littéraire14. A cette qualification, Bernard Frank préférera toutefois celle, plus ironique, de « fasciste ».

C’est par la guerre d’Algérie qu’il reprend son engagement politique : offusqué par la « trahison » du général de Gaulle par son projet d’autodétermination en 1959, il lance la revue L’Esprit public, qu’on présentera souvent comme « l’organe officieux de l’OAS ». Il la quitte toutefois en 1963, en désaccord avec les idées européistes et révolutionnaires de Jean Mabire.

En 1964, il attaque violemment le général de Gaulle par son pamphlet Mauriac sous de Gaulle, qui lui vaudra une condamnation pour « offense au chef de l’État ». Lors de ce procès, il déclara : « La situation de l’histoire des affaires est unique. Vingt ans après la Terreur, n’importe quel historien pouvait dire ce qu’il pensait de la Terreur ; vingt ans après le 18 brumaire, n’importe quel historien pouvait dire ce qu’il pensait du 18 brumaire ; vingt ans après la Terreur blanche, n’importe quel historien pouvait s’exprimer librement sur la Terreur blanche ; vingt ans après le 2 décembre, on pouvait parler du 2 décembre selon sa conviction ; vingt ans même, pour prendre un événement plus rapproché, après l’arrestation de Caillaux sous Clemenceau, on pouvait défendre Caillaux si on le voulait, ou en tout cas écrire un livre d’histoire absolument libre sur ce qui s’était passé entre 1914 et 1918. Mais vingt-cinq ans après le 18 juin, j’apprends par le réquisitoire qu’il est interdit de le commenter ».

Il publie peu après avec Gabriel Jeantet (ancien membre de La Cagoule puis résistant) Année 40, où il conteste l’importance de de Gaulle, le « planqué », dans l’organisation de la Résistance.

Délaissant la politique (il y reviendra cependant par son autobiographie Histoire égoïste en 1976), Jacques Laurent refait surface dans le monde littéraire, par la publication de son roman Les Bêtises, qui obtiendra le prix Goncourt en 1971, puis avec Les Sous-Ensembles flous en 1981.

L’ensemble de son œuvre sera couronné la même année par le Grand prix de littérature de l’Académie française et, deux ans plus tard, par le Prix littéraire Prince-Pierre-de-Monaco. Fait chevalier de la Légion d’honneur, il est élu à l’Académie française le 26 juin 1986, au fauteuil 15, succédant à Fernand Braudel, et publia en 1988 un dernier essai remarqué sur Le Français en cage, dans lequel il s’en prend au « zèle excessif que déploient les policiers du langage dès que l’occasion leur est donnée de condamner ».

Jacques Laurent se suicide le 29 décembre 2000. Après sa disparition, il est remplacé à l’Académie par Frédéric Vitoux le 13 décembre 2001 .

Sources Wikipédia et divers