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BREMOND D’ARS Yvonne de (1894-1976)

lundi 25 juillet 2011.
 

Antiquaire et femme de lettres

Yvonne Anne-Marie de Brémond d’Ars est née à Nantes le 2 août 1894.

Fille du comte Anatole Josias de Brémond d’Ars et de Marie Louise Donatienne Rialland, elle appartient à une noble lignée, des plus anciennes de l’Angoumois.

C’est en abandonnant à regret à Jacques Prévert un superbe exemplaire des Contes de Perrault, mais à l’ombre des statues du parc de Versailles qu’Yvonne de Brémond d’Ars prend goût aux belles choses.

Une nuit,alors qu’elle n’avait que huit ans, elle pousse même l’audace jusqu’à se faire enfermer dans le Château de Versailles. Elle s’y endormit tremblante de froid sur une banquette de velours grenat.

Vers sa quinzième année, une dame de Bretagne à laquelle elle rendait visite lui montra un livre de gravures anciennes que ses petites filles s’amusaient à découper. Cette mutilation sacrilège fit mal à la jeune fille et fut le point de départ de sa vocation.

A travers tout Paris

En choisissant, à dix-huit ans, aux portes de la Première Guerre mondiale de devenir antiquaire et de travailler, elle fit, pour l’époque, signe d’originalité, de volonté et de tempérament.

Pendant dix-huit mois, elle courut Paris et sa banlieue à la recherche de précieuses estampes qu’elle revendait à une marchande d’œuvres d’art.

Lettre autographe de Y. de Brémond d’Ars

Si les profits n’étaient pas considérables, la jeune fille appréciait son métier et avait surtout le coup d’œil qui lui permettait de parfaitement distinguer le vrai du faux, la copie de l’original. Son don paya, puisqu’elle se vit rapidement confier par une famille de l’aristocratie grecque la décoration complète d’un palais de marbre rose construit face à l’Acropole à Athènes.

Couronnée par l’Académie française

Elle ouvrit six ans plus tard, en 1919, sa propre boutique, au numéro 20 de la rue du Faubourg-Saint Honoré, où elle restera pendant cinquante ans.

Elle se spécialisa dans le mobilier du XVIIIe siècle. Son magasin fut célèbre surtout pour ses vitrines aux thèmes variés : la chambre de la fiancée,la Belle au bois dormant, l’éternel Amour, la métamorphose de la Seine, Paul et Virginie, le carnaval de Venise et bien d’autres encore. N’étant pas facile de les transformer en musée, ses vitrines avaient toujours un immense succès.

Décrite dans la presse comme "décoratrice et femme de lettres", Yvonne de Brémond d’Ars laissa de nombreux écrits couronnés par l’Académie française, dont Fenêtre ouverte sur le passé (1952), L’apprenti antiquaire (1954) et le Journal d’une antiquairedécliné en 19 tomes rédigés de 1956 à 1976. Avec le tome II, C’est arrivé en plein Paris (1956), elle reçut le Prix des Neuf de l’Académie française.

Sûreté de jugement

En outre, elle a été faite chevalier de la Légion d’Honneur et participa à la création du musée franco-américain du château de Blérancourt qu’elle décora aux côtés d’Anne Morgan. Au cours de sa carrière, les expertises qu’elle a dû faire sont innombrables, tant en France qu’à l’étranger, car elle a toujours fait preuve d’une sûreté de jugement peu ordinaire.

En 1968, Yvonne de Brémond d’Ars céda son magasin à l’antiquaire Maurice Ségoura.

Elle décédera huit ans plus tard, le 27 mai, à Paris, dans le XIVe arrondissement, et fut enterrée dans l’ancien cimetière d’Asnières où son père, asniérois, avait une concession.

Sources : Alain Genesty, Yvonne de Brémond d’Ars, Antiquaire et femme de lettres, Asnières infos (Tous droits réservés).