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Actrices - Arts de l’écran - Magie du cinéma

GIRARDOT Annie (1931-2011)

49eme division
vendredi 4 mars 2011.
 

La 49e division... Pas la plus riche en personnalités, pas la plus visitée, bien sur, mais un hâvre de calme et de paix au milieu de l’agitation des visiteurs de l’enclos.

Désormais, Annie Girardot en sera l’icône, sans aucun doute, la plus visitée.

Ce matin, à l’heure de sa mise au tombeau, il y avait une petite foule avide et émue de rendre hommage à une grande dame de notre cinéma et de notre culture.

Comme d’habitude, quelques énergumènes grimpés sur les sépultures environnantes pour bien voir (sic) ont confondus cimetière et music-hall... Les choses de la vie, répétitives, mais toujours quelque peu choquantes...

Mais, toute l’aprés midi, avec émotion et déférence, c’est un public recueilli qui est venu rendre hommage à celle qui nous a ému, fait rire et pleurer parfois, avec des accents bien de chez nous et des intonnations populaires issues de notre quotidien.

R. D.F.

Actrice française

Annie Suzanne Girardot, voit le jour le 25 octobre 1931 à Paris (10e) et est décédée le 28 février 2011 dans cette même ville.

Actrice française.

Annie Girardot est née à Paris de père inconnu (un homme marié qui ne la reconnaîtra pas et qui mourra alors qu’elle est âgée de 2 ans et d’une mère sage-femme.

Elle suit des études d’infirmière à Caen pour être sage-femme comme sa mère. Mais, rapidement, elle se consacre à sa passion, la comédie. Élève au conservatoire de la rue Blanche (aujourd’hui École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre) dès 1949, Annie Girardot fait, parallèlement, des apparitions, le soir, dans des cabarets (La Rose Rouge, à Montmartre, sous le pseudonyme d’Annie Girard, ou au Lapin agile) et participe à des revues telles Dugudu avec la troupe de Robert Dhéry.

En juillet 1954, elle sort du Conservatoire national supérieur d’art dramatique avec deux prix et est engagée peu après à la Comédie-Française. Son interprétation de La Machine à écrire, en 1956 aux côtés de Robert Hirsch, est particulièrement remarquée par Jean Cocteau qui voit en elle « le plus beau tempérament dramatique de l’après-guerre ».

Ses premières apparitions au cinéma sont moins éclatantes, dans des films mineurs, mais elle tient remarquablement tête à Jean Gabin dans deux bonnes séries noires : Le rouge est mis et Maigret tend un piège.

Elle démissionne finalement du Français à contrecœur pour se consacrer entièrement au cinéma. Mais, sur les planches, elle sera encore dirigée par Luchino Visconti pour Deux sur la balançoire aux côtés de Jean Marais. Elle connaît un triomphe, en 1974, avec Madame Marguerite, qui devient son rôle fétiche, qu’elle reprendra plusieurs fois jusqu’en 2002.

Au cinéma, elle est l’actrice française la plus populaire des années 1970, alternant comédies et mélodrames, n’hésitant pas, à l’occasion, à aider de jeunes cinéastes à tourner leur premier film. Grâce à elle, et à Philippe Noiret, surgit l’une des comédies les plus insolites de cette époque, La Vieille Fille, en 1971, signée Jean-Pierre Blanc.

De Vivre pour vivre en 1967 à On a volé la cuisse de Jupiter en 1980, Annie Girardot a contribué grâce à son interprétation de « femme normale et populaire » à imposer vingt films millionnaires au box-office. D’ailleurs, à cette époque, à chaque sortie d’un nouveau film, on allait voir « la Girardot » au cinéma.

Elle reçoit, en 1977, le César de la meilleure actrice pour Docteur Françoise Gailland. Mais, ayant tourné avec les grands anciens dans les années 1960 (notamment Marcel Carné, Jean Delannoy, Gilles Grangier), les cinéastes les plus novateurs de la Nouvelle Vague ne s’intéressent guère à elle. François Truffaut lui écrit même une lettre dénonçant la façon très démagogique, selon lui, avec laquelle André Cayatte a traité « l’affaire Gabrielle Russier » dans Mourir d’aimer, l’histoire d’un jeune garçon amoureux de son professeur qui, accusée de détournement de mineur, se donnera la mort. Ce rôle reste cependant comme l’un des plus marquants de la comédienne, lui assurant même une reconnaissance internationale.

Sa gouaille est souvent mise au service de films mettant en avant les femmes et le féminisme, et elle incarne alors cette cause en interprétant une série de rôles qui jouent sur le décalage de personnages assumant des métiers d’ordinaire réservés aux hommes : médecin, chauffeur de taxi, reporter-photographe, commissaire de police, etc. Elle est nommée aux Césars 1979 dans la catégorie meilleure actrice pour le film La Clé sur la porte d’Yves Boisset.

En 1979, elle est l’artiste la plus appréciée par les Français devant Alain Delon, Jean-Paul Belmondo et Romy Schneider.

Chargé d’écrire les paroles des chansons d’Annie Girardot lorsque cette dernière désire enregistrer un disque, Bob Decout devient finalement le complice de l’actrice en 1981 (dix-sept ans les séparent).

Cette relation l’entraîne vers un univers différent. Lors d’une émission de Jacques Chancel, elle se met à chanter - performance très moyennement appréciée. Elle monte ensuite avec Bob Decout deux spectacles musicaux Le Jour de la tortue et Revue et corrigée conçus et mis en scène par Bob Decout sur des musiques de Catherine Lara et des costumes de Jean-Paul Gaultier au Casino de Paris.

Les spectacles, considérés comme bancals par les producteurs, ne trouvent pas de financement. Annie Girardot, pour produire l’un d’entre eux, va jusqu’à hypothéquer son appartement de la place des Vosges. Ce spectacle est un fiasco et ne reste qu’un mois à l’affiche. Annie Girardot perd beaucoup d’argent et doit vendre son appartement. Elle enchaîne avec une pièce de théâtre et un film qui ne fonctionnent pas. Dans Paris, une rumeur affirme qu’elle se drogue. Vers 1985, la profession lui tourne le dos.

Après une traversée du désert de plusieurs années, l’obtention en 1996 du César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Les Misérables, de Claude Lelouch, lui permet de retrouver sa place parmi les acteurs de cinéma, de théâtre mais aussi de télévision. Lors de la remise de son César, les larmes aux yeux, elle provoque l’émotion avec ces paroles : « Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma français, mais à moi, le cinéma français a manqué follement... éperdument... douloureusement. Et votre témoignage, votre amour, me font penser que peut-être, je dis bien peut-être, je ne suis pas encore tout à fait morte. ».

L’année suivante, elle est la présidente des Césars 1997. En 2002, elle gagne une deuxième fois le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation de mère étouffante dans La Pianiste, de Michael Haneke.

Le 20 septembre 2006, on apprend par son avocat Me Emmanuel Asmar, chargé de ses intérêts, qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer, ce que confirme l’édition du 21 septembre de l’hebdomadaire Paris Match, dans lequel la fille, Giulia Salvatori, et la petite-fille de l’actrice, Lola Vogel, révèlent sa maladie.

Elle publie en 2007, avec le journaliste Jean-Michel Caradec’h, une biographie intitulée La Mémoire de ma mère (Éd. Michel Lafon), où elle consigne les souvenirs de sa mère. Dans le film Je préfère qu’on reste amis..., elle interprète une femme atteinte de la maladie d’Alzheimer.

De 2008 à sa mort, elle vit dans une maison médicalisée de Paris. Le 21 septembre 2008, TF1 diffuse Annie Girardot, ainsi va la vie, un film documentaire de Nicolas Baulieu filmant huit mois de sa vie, avec Claire Keim en voix off. On y découvre sa vision du passé et les effets de la maladie.

En 2010, dans une déclaration médiatique dans le cadre de la journée mondiale contre la maladie d’Alzheimer, sa fille déclare qu’Annie Girardot ne se souvient plus d’avoir été actrice, en raison de la maladie dont elle souffre depuis plusieurs années désormais, et déclare : « Si j’ai un message à faire passer, c’est de ne plus essayer de rencontrer Annie Girardot, d’avoir une dernière photo... Si vous avez aimé maman, surtout, il faut lui foutre la paix, garder d’elle une belle image. »

Annie Girardot meurt le 28 février 2011 à l’hôpital Lariboisière, à Paris. Elle repose désormais dans la 49e division avec sa mère Raymonde Girardot.

Raymonde Noëlle Félicie Girardot, maman d’Annie Girardot voit le jour en 1902 et est décédée en 1989.

Son diminutif : Maggie.

Elle était présidente des sages-femmes en France et a instauré la fête des Mères sous le gouvernement du maréchal Pétain à Bénouville (Eure) là où elle travaillait. Annie l’appelait Petite Maman...

Elle a eu également un fils : Jean qui avait 5 ans quand Annie est née.

La sépulture d’Annie Girardot s’est enrichie d’une plaque hommage à son talent.

La sépulture aujourd’hui...

Sources : Les cahiers du cinéma - Wikipédia (extraits) et divers.

Crédits photos : Studio Harcourt - Bubustar.

T. Le Roi et divers