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Membres du Clergé - Educateurs - Pédagogues

GAULTIER Eloïsus Edouard Camille, abbé (1747-1818)

22eme division (2eme ligne, T, 19)
dimanche 20 février 2011.
 

Abbé et Pédagogue

L’abbé Gaultier voit le jour en Italie, vers 1746, de parents français d’origine.

Il fut envoyé de bonne heure en France, et y fit ses études, puis retourna en Italie, où il reçut les ordres ; mais ses sympathies l’attiraient vers la France, et il revint dans ce pays en 1780 pour s’y fixer définitivement. Pourvu d’un bénéfice qui lui assurait des ressources suffisantes, il se consacra à l’éducation des enfants, et conçut le plan d’une méthode nouvelle destinée à rendre l’élude agréable et à permettre à ses élèves d’acquérir l’instruction en jouant.

Les premiers ouvrages dans lesquels il a exposé cette méthode sont les Leçons de grammaire (1787), les Leçons de géographie par le moyen du jeu (1788), les Leçons de chronologie et d’histoire (1788), le Jeu raisonnable et moral pour les enfants (1791).

Il avait ouvert en 1786 un cours gratuit, auquel prenaient part, dit son biographe Demoyencourt, les enfants des premières familles de la capitale, clans d’intimité desquelles il était reçu.

En 1792, il émigra et passa en Angleterre, où il retrouva une partie de ses élèves parisiens, et où il continua ses cours. Son succès chez les Anglais fut très grand, et sa méthode reçut l’approbation des universités d’Oxford et de Cambridge.

En 1801, il rentra en France, où il reprit son enseignement et continua la série de ses publications : citons, entre autres, l’Exposé du cours complet des jeux instructifs, 1802 ; la Méthode pour apprendre grammaticalement la langue latine sans connaître les règles de la composition, 1804 ; la Méthode pour exercer les jeunes gens à la composition française et pour les y préparer graduellement, 1811 ; les Traits caractéristiques d’une mauvaise éducation, 1812 (publié d’abord à Londres en 1796 sous le titre de Jeu de morale et de politesse).

Carte selon la méthode de l’Abbé Gaultier

En octobre 1814, il se rendit de nouveau à Londres pour y étudier la méthode d’enseignement mutuel appliquée dans les écoles de Bell et de Lancaster, méthode qui avait plus d’un point de contact avec celle qu’il employait lui-même ; frappé des résultats obtenus par le système monitorial, il songea aussitôt à en préparer l’introduction dans les écoles françaises.

Revenu à Paris, il fut nommé membre de la commission constituée pendant les Cent-Jours par le ministre Carnot pour travailler à la réorganisation de l’instruction primaire, en même temps qu’il s’associait à MM. De Gérando, de Lasteyrie, de Laborde, Jomard, J.-B. Say, de la Rochefoucault-Liancourt, etc., pour fonder la célèbre Société pour l’instruction élémentaire.

Il fit partie, avec Gallois, Choron, Butet et Jullien, du comité d’instruction ou des méthodes, et se consacra avec le plus grand zèle à la préparation des tableaux de lecture et d’arithmétique ; il ouvrit chez lui, en novembre 1816, un cours spécial pour les moniteurs, où étaient enseignées la géographie, la grammaire, la morale et la géométrie pratique. La Société pour l’instruction élémentaire lui donna un témoignage éclatant de reconnaisance en l’élisant, en mars 1818, aux fonctions de vice-président.

Il mourut peu après, le 19 septembre de cette même année.

Laurent de Jussieu a publié, en 1822, un Exposé analytique des méthodes de l’abbé Gaultier. Un groupe de disciples, parmi lesquels il faut nommer Demoyencourt, a continué, après la mort du maître, à se servir de son système d’enseignement.

En 1882, il y avait à Paris, rue des Saints-Pères, 12, un cours donné par les professeurs de la méthode. Ce cours n’existe plus (1909).

Sources : Abbé Gaultier, biographie en ligne.