Navigation







Actrices - Arts de l’écran

SCHNEIDER Maria (1952-2011)

87eme division (Crématorium, cendres dispersées)
vendredi 4 février 2011.
 

Actrice française

Maria Schneider, nvoit le jour le 27 mars 1952 à Paris d’une mère mannequin d’origine roumaine et de l’acteur Daniel Gélin.

Elle s’est éteinte le 3 février 2011 dans cette même ville.

Actrice française.

Jamais reconnue par son père, à quinze ans, elle quitte l’école, prend comme pseudonyme le nom de sa mère et débute au théâtre 347 dans Superposition de René Ehni où elle joue le rôle d’une danseuse.

Elle devient une sorte de Brigitte Bardot post-soixantehuitarde. Elle représente une Lolita de l’époque. Elle tourne une poignée de films sans grand intérêt, excepté La Vieille Fille (1972) de Jean-Pierre Blanc qui la sort de l’ombre.

Douée d’un talent certain,elle commence à peindre et se mêle aux hippies de Chelsea et de la Costa del Sol.

Elle est approchée par Bernardo Bertolucci. Elle est surtout connue pour son rôle de Jeanne au côté de Marlon Brando dans Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci en 1972, à l’âge de 19 ans et dont l’action se passe dans un appartement près du pont de Bir-Hakeim. Lorsque Bertolucci la contacte, elle déclare :

"Brando, pour moi, c’était l’idole de la grand-mère !" Il avait 48 ans !

Très impressionnée par le personnage qu’elle qualifie de géant, lorsqu’elle lui est présentée, elle est folle de panique. A ce sujet, elle déclare :

"C’est lui qui est venu vers moi sur le plateau. J’aurais voulu disparaître sous terre ! Il m’a prise dans ses bras et m’a dit : "Allons, n’aie pas peur. Nous allons tourner deux mois ensemble, mais ça se passera très bien, tu verras..."

Les conséquences du tournage du film et notamment la scène assez hard, alimente les critiques. À ce sujet elle déclare :

"On pense de moi ce qu’on veut, que je suis une paumée, une droguée, une camée mal peignée, que j’ai mauvais caractère. Je m’en fous..."

Et la curée continue. On se bouscule pour aller voir la scène graveleuse, en oubliant souvent ce qu’il y a de transparent et de sublime dans le « Tango ». À Rome, où elle tourne La Baby-Sitter (film, 1975) de René Clément, on l’insulte dans la rue et au restaurant.

Un journal ose titrer : « Maria fait son beurre à Rome ». Un fabricant de produit laitiers met son portrait sur des paquets de beurre.

En 1978, en plein tournage du film Caligula (1979) produit par Bob Guccione, elle l’abandonne pour aller rejoindre une amie américaine de 28 ans dans un asile psychiatrique. Cette même année, elle part en Suéde se ressourcer.

Elle joue ensuite notamment dans Profession : reporter de Michelangelo Antonioni avec Jack Nicholson.

Deux ans plus tard, elle joue avec Gérard Depardieu dans le film suisse Violanta de Daniel Schmid. Maria Schneider poursuit son ascension hollywoodienne et devient la complice de David Bowie dans Just a gigolo en 1979.

À l’aube des années 1980, la comédienne renoue avec le succès avec Jacques Rivette dans Merry-Go-Round avec Joe Dallesandro et dans quelques téléfilms italiens. Elle s’essaie à la science-fiction dans le Bunker Palace Hôtel d’Enki Bilal puis s’efface peu à peu des écrans.

Sa réputation sulfureuse et son refus de jouer à nouveau nue effraient les producteurs. À ce propos, elle déclare :

« Je refusais les rôles directement hérités du "Dernier Tango", commençant à monter contre moi toute une frange de producteurs qui ne voient dans les actrices que de la chair fraîche et consommable, et je continuais à fonctionner sur des rencontres », avait-elle expliqué en 2001 dans le journal Libération.

Après Les Nuits fauves de Cyril Collard et Jane Eyre de Franco Zeffirelli en 1996, Maria Schneider apparaît seulement dans des seconds rôles, entre autres dans La Vie d’artiste de Marc Fitoussi, en 2009, ou dans Cliente de Josiane Balasko en 2008, où l’actrice prête discrètement ses traits à une cliente.

Le 1er juin 2010, elle est décorée en tant que Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres par Frédéric Mitterand.

Pour Frédéric Mitterand, Maria Schneider a su incarner et imposer auprès de quelques-uns des grands cinéastes du XXème siècle "un personnage paradoxal qui n’appartenait qu’à elle." "Enigmatiqe dans Profession : reporter, d’Antonioni, lointaine dans le Voyage au jardin des morts de Philippe Garrel, inquiétante dans Merry-go-ground de Rivette, personne ne savait rendre palpables comme elle le temps et l’attente de ce qui va arriver", ajoute-t-il.

Elle meurt le 3 février 2011 à 58 ans des suites d’une longue maladie.

Sa dépouille fut crématisée au cimetière du Père-Lachaise et ses cendres dispersées.