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Revue de presse - Personnalités oubliées - Notre histoire

Edouard THIERS, l’oublié....

Revue de presse
vendredi 4 février 2011.
 

Edouard, le Thiers que les Français ont oublié

Le Colonel Denfert-Rochereau

Les Français ne connaissent qu’un seul Thiers. Son prénom est Adolphe, il fut chef du gouvernement sous Louis-Philippe, président de la République après la chute du Second Empire, et son souvenir reste attaché à la Commune de 1871, qu’il réprima d’une main de fer en lançant contre Paris l’armée des Versaillais.

Le lion de Belfort

Tout le monde, en revanche, a oublié Edouard Thiers. Tout le monde, sauf une poignée d’habitants du Territoire de Belfort, qui ont décidé de se mobiliser pour que celui qu’ils considèrent comme l’un de leurs héros ait une sépulture digne de ce nom.

Tout commence en 2008. Christiane Gosset, présidente d’honneur de La Caponnière, une association de sauvegarde du patrimoine militaire franc-comtois, se demande qui est ce mystérieux Edouard Thiers ayant donné son nom au fort d’Essert, un ouvrage d’infanterie creusé dans le roc à la fin du XIXe siècle et situé à quelques encablures de Belfort.

Elle ne tarde pas à avoir la réponse. Né en 1843 à Saint-Saulge (Nièvre), ce polytechnicien faisait partie de l’état-major du colonel Denfert-Rochereau durant la guerre de 1870. A ce titre, il compte parmi les 17 000 valeureux soldats qui, après la défaite de Sedan, continuèrent depuis Belfort à résister aux Prussiens pendant trois mois.

Une résistance que symbolise le fameux Lion de Belfort, sculpté par Bartholdi et dont une réplique se trouve à Paris, place Denfert-Rochereau.

Au cours de ses recherches, Christiane Gosset apprend qu’Edouard Thiers est mort de la tuberculose à l’âge de 46 ans, en 1890, qu’il était alors député ’gauche radicale’ du Rhône, et qu’il fut enterré à Paris, au cimetière du Montparnasse.

Replique du lion de Belfort à Paris

Sur ce dernier point, toutefois, elle fait une découverte : depuis que la concession de Thiers a expiré, en 2002, ses restes sont conservés dans une simple boîte numérotée, à l’ossuaire du Père-Lachaise. Ce qui ne lui semble ’pas normal du tout’.

Conseiller municipal (MoDem) de Belfort, Christophe Grudler est du même avis. Estimant ’scandaleux que Thiers finisse misérablement dans une boîte anonyme’, cet élu de l’opposition plaide pour que les restes de l’ancien capitaine rejoignent le cimetière belfortin des mobiles de 1870-1871....

Mais la partie n’est pas gagnée. Car on ne déplace pas un mort sur un coup de tête. En l’occurrence, trois autorisations sont nécessaires : celle de la Ville de Paris ; celle du ministère de l’intérieur qui, en l’absence d’ayants droit (ce qui paraît être le cas), doit donner son accord ; et celle de Belfort.

Maire (MRC) de Belfort, Etienne Butzbach n’est "pas opposé" à cette démarche, même s’il reconnaît que, dans le cadre du 140e anniversaire du siège de sa ville, célébrer Bartholdi et Denfert-Rochereau lui semble "plus prioritaire". Christophe Grudler, de son côté, se veut "confiant". La pétition qu’il a lancée mi-janvier a déjà recueilli, assure-t-il, près de 500 signatures.

Thomas Wieder

Le colonel Denfert-Rochereau

Au premier plan, et sous le regard des troupes allemandes, les soldats français très dignement quittent une ville dévastée par les flammes.

En effet, le 18 février 1871, la garnison commandée par le colonel Denfert-Rochereau, formée des mobiles bretons ainsi que des artilleurs mobiles de Haute-Garonne est contrainte de quitter la place forte de Belfort qu’elle occupait depuis le début du conflit.

Après s’être documenté sur cet événement historique, l’artiste a donné des portraits très réalistes de Firmin Pons, du capitaine Mariage et du lieutenant Aurély, tous d’origine toulousaine.

Sources : Le Monde : Article paru dans l’édition du 05.02.11

Et divers (APPL 2011)