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Hommes politiques - Députés - Sénateurs

LE SENNE Charles Etienne (1848-1901)

62eme division (14e ligne, AF, 4)
dimanche 16 janvier 2011.
 

Député de Paris

LE SENNE (Charles, Etienne)

Voit le jour le 21 avril 1848 à Paris, mort le 13 février 1901 à Paris.

Député de la Seine de 1889 à 1898.

Fils d’un jurisconsulte distingué, auteur de nombreux ouvrages de droit qui firent autorité, frère de Camille Le Senne, romancier et critique d’art, Charles Le Senne s’inscrit en 1875 au barreau.

Avocat à la Cour d’appel de Paris, il devient le conseil judiciaire de la société des gens de lettres, de la société des auteurs dramatiques, des artistes peintres et des éditeurs de musique, etc... Aussi s’occupe-t-il spécialement des questions relatives à la propriété littéraire, artistique et industrielle.

Il prend aussi part aux campagnes boulangistes et défend les membres du parti boulangiste et les journaux congénères. En 1889 en cour d’assises, il fait acquitter Terrail-Mermeix, député du VIIe arrondissement, poursuivi pour publication anticipée dans le journal La Cocarde du réquisitoire du procureur général Quesnay de Beaurepaire, contre le général Boulanger.

Aux élections du 22 septembre 1889, Charles Le Senne se présente sous les auspices du Comité national, dans le XVIIe arrondissement de Paris, 1re circonscription. Son programme, dit-il, est celui du général Boulanger : révision, constituante, référendum : « Il s’agit d’écraser le parlementarisme qui a déshonoré la France et de renverser un gouvernement qui, ayant cessé d’être juste, a cessé aussi d’être légitime ».

Il s’intéresse surtout aux arts et au droit. Il veut rendre les artistes justiciables de conseils de prud’hommes, obtenir l’abolition de la censure et de l’examen des ouvrages dramatiques. Dans une question au ministre de l’Instruction publique et des beaux arts, il s’inquiète de la situation faite à des artistes français par la mauvaise administration de l’exposition de Buenos Aires.

Il dépose un ordre du jour sur les mesures que le gouvernement compte prendre pour assurer à la fois l’ordre public et la liberté de l’art dramatique et prend part à la discussion de textes relatifs aux justices de paix, aux conseils de prud’hommes, aux prud’hommes commerciaux et à l’arbitrage.

Le 3 septembre 1893, Charles Le Senne, qui s’est présenté comme socialiste révisionniste, est réélu au scrutin de ballottage. Il demande « la révision de la constitution par une assemblée constituante, la paix civile, le progrès social, la liberté de conscience et la fierté nationale ».

Le 10 juin 1895, il s’élève dans une interpellation contre l’envoi, sur l’invitation de l’Allemagne, de l’escadre française à l’inauguration du canal de Kiel. « Ce que le peuple ne peut admettre, s’écrie-t-il, c’est qu’on oublie si facilement les malheurs de l’année terrible, ce que le peuple ne comprend pas, c’est que l’on fasse si bon marché de nos souvenirs patriotiques. »

L’ordre du jour qu’il dépose, mais qui n’est pas adopté, précise que « la Chambre est résolue, tout en poursuivant une politique pacifique, à ne rien abandonner de ses souvenirs et de ses espérances ».

Charles Le Senne n’est pas réélu en 1898.

Charles Le Senne mourut le 13 février 1901 à Paris, à l’âge de 53 ans.

Il était l’auteur de divers ouvrages : Code des théâtres (1878), Etude sur la propriété des œuvres posthumes d’André Chénier (1879), Commentaire de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse (1882). Il avait donné plusieurs vaudevilles en collaboration.

Officier d’Académie, il avait été décoré de la Médaille militaire pour sa conduite pendant le siège de Paris, principalement aux combats d’Epinay où il avait été grièvement blessé.

Il repose dans la 62e division.

Sources Dictionnaire historique des anciens députés et divers.