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Bicentenaire de la Bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805- 2 décembre 2005)

La Bataille des 3 empereurs
vendredi 2 décembre 2005.
 

Il y a tout juste deux cent ans, la Grande Armée de l’Empereur Napoléon défait la coalition austro-russe à Austerlitz. Juste un an jour pour jour après le couronnement de l’Empereur, c’est la première bataille décisive pour le nouvel Empire français et le début de l’épopée qui se terminera par l’exil de Napoléon. Bataille dite des trois Empereurs, Alexandre Ier de Russie, François II d’Autriche, et Napoléon. L’Empereur des Français signe là un chef d’œuvre de ruse, de célérité et d’audace. D’après Jean Tulard, c’est une victoire remportée par « une armée nationale qui avait le sentiment de défendre la France et la Révolution ». Après cette bataille, l’Europe n’aura plus jamais le même visage. Partie à marche forcée du camp de Boulogne, la Grande armée arrive au contact de l’ennemi au matin du 2 décembre 1805. Les forces alliées conduites par le général Kielmeyer se ruent sur les troupes du Colonel Schubert et des Tirailleurs positionnées dans le village de Telnitz. Il est alors sept heures du matin. Bien que supérieurs en nombre les attaquants n’arrivent pas à déloger les Français qui luttent avec acharnement contre le gros des ennemis. A huit heures, Buxhöwden se lance avec ses troupes depuis les hauteurs du plateau de Pratzen pour soutenir l’attaque menée sur Telnitz. Le général Langeron, émigré français au service du Tsar, quitte le plateau pour attaquer Sokolnitz. Vers huit heures trente, le brouillard qui jusqu’à là recouvrait le champ de bataille se lève enfin. Les coalisés ayant dégarni leur centre opérationnel sur le plateau de Pratzen pour soutenir leurs attaques conjointes sur Telnitz et Sokolnitz, l’Empereur Napoléon charge le maréchal Soult de prendre le plateau, c’est chose faite en une demi-heure. A neuf heures, Koutousov, pour corriger la perte du plateau de Pratzen, lance toutes ses troupes, la Garde Impériale Russes y compris, pour reprendre les hauteurs. A la droite de Koutousov, le prince Bagration exécute une retraite ordonnée face aux maréchaux Lannes et Murat. La garde Impériale de Napoléon se lance au secours de Soult menacé sur les hauteurs de Pratzen. A onze heures, après plusieurs charges de cavalerie d’une grande violence, Koutousov ordonne la retraite sur le village d’Austerlitz. Elle se transforme en déroute dans l’après midi. Vers treize heures, Soult et Davout prennent en tenaille l’aile gauche coalisée qui se voit contrainte de se retirer vers les marais de Telnitz. Là se situe la légende des troupes austro-russe se noyant dans les marais gelés sous les boulets chauffés au rouge de l’artillerie française. Rien n’est venu étayer cette thèse. Le 6 décembre, la France et l’Autriche signent un armistice. Le 7 décembre, l’Empereur Napoléon, adopte par décret, les enfants des officiers et soldats morts à la bataille d’Austerlitz. Parmi les généraux ayant combattu à Austerlitz et inhumés au Père-Lachaise citons, Thiébault, laissé pour mort sur le champ de bataille, Nansouty, Marbot, d’Hautpoul, et bien d’autres encore.....

Chose curieuse, pour célébrer la défaite de Trafalgar, notre gouvernement n’hésite pas à envoyer le porte-avion Charles de Gaulle pour parader devant sa majesté Elisabeth II, mais semble peu enclin de participer aux cérémonies du bicentenaire de la bataille d’Austerlitz.....*

(Illustrations d’aprés les aquarelles originales de Alex Lunois, gravées à l’occasion du centenaire de la bataille d’Austerlitz (1905) d’aprés les Mémoires du Général de Marbot (1891) collection privée R. Dufour-Forrestier)

*(dernière minute : notre ministre de la défense, Mme Michéle Alliot-Marie, assistera aux cérémonies).