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Seconde Guerre mondiale - Résistance française

FOURCADE Marie Madeleine (1909-1989)

90eme division
dimanche 2 janvier 2011.
 

Grande résistante française

Marie-Madeleine Fourcade, née à Marseille le 8 novembre 1909 et morte le 20 juillet 1989 à Paris, a été, pendant la Seconde Guerre mondiale en France, responsable de l’un des plus importants réseaux de résistance Alliance, qui agit pour les Britanniques.

Elle succède comme chef de réseau à son fondateur Georges Loustaunau-Lacau après son arrestation, en 1941.

«  Rien dans le parcours de cette jeune femme de la haute bourgeoisie, élevée au couvent des Oiseaux et pianiste avertie, ne préfigure un tel destin », confirme l’historien Max Lagarrigue.

Née Marie-Madeleine Bridou, elle est mariée avant sa majorité au colonel Édouard Méric. C’est sous ce nom qu’elle apparait dans les documents de la Seconde Guerre mondiale. Elle prendra le nom de Fourcade en 1947 après son remariage et c’est sous ce nom qu’elle écrira ses souvenirs.

« Mariée avant sa majorité à un officier, elle prend rapidement sa liberté. Menant dès lors une vie très indépendante, elle travaille comme journaliste et collabore avec l’écrivain Colette à une émission de radio parisienne », indique l’historien Max Lagarrigue.

En 1936, elle rencontre deux camarades de son beau-frère, officier supérieur, Georges Loustaunau-Lacau et Charles de Gaulle. Elle accepte ensuite une proposition de travail de Loustaunau-Lacau. Elle est donc associée au réseau Corvignolles puis elle est secrétaire de rédaction du groupe de publication nationaliste et antisémite qu’anime Georges Loustaunau-Lacau (La Spirale et L’ordre national).

La Résistance : Elle prend en 1941 la tête du réseau dont le commandant Léon Faye est le chef militaire. Arrêtée avec son état-major le 10 novembre 1942, elle s’évade et peut rejoindre Londres d’où elle dirige le réseau, qui finit par se rattacher au BCRA gaulliste, sous le pseudonyme "Hérisson" jusqu’à la capitulation allemande.

Elle revient en France en 1943 et est capturée en juillet 1944 avant de s’évader à nouveau.

En 1945, elle crée et prend la présidence de l’Association Amicale Alliance. Elle se charge alors de l’homologation de ses 3 000 agents, survivants ou disparus, ainsi que des œuvres sociales et de la publication du Mémorial de l’Alliance dédié aux 429 morts du réseau.

Publié en 1968 sous le titre L’Arche de Noé, l’histoire du réseau est quant à lui un véritable best-seller.

Elle préside le Comité d’Action de la Résistance depuis décembre 1962 ainsi que le jury d’honneur de Maurice Papon en 1981. Remariée, mère de cinq enfants, commandeur de la Légion d’honneur, vice-présidente de l’Union Internationale de la Résistance et de la Déportation depuis 1960 et de l’association nationale des médaillés de la Résistance (depuis 1947), membre de la LICRA, Marie-Madeleine Fourcade est représentante à l’assemblée des Communautés européennes (1981-1982) et préside en 1982 la Défense des intérêts de la France en Europe. Ses derniers combats furent pour le règlement de la crise Libanaise et le procès Klaus Barbie à Lyon.

Marie-Madeleine Fourcade meurt le 20 juillet 1989 à l’Hôpital militaire du Val-de-Grâce ; le gouvernement et les rares survivants du réseau lui rendent un hommage exceptionnel le 26 juillet à l’occasion de ses obsèques en l’église Saint-Louis des Invalides et de son inhumation au Cimetière du Père-Lachaise à Paris (division 90).

Sources et Bibliographie : Marie-Madeleine Fourcade, L’Arche de Noé, Fayard, 1968, rééd. Plon, 1989, 1998, 1999 (ISBN 9782259021951, 9782259009423 et 9782259186773)

Michèle Cointet, Marie-Madeleine Fourcade , un chef de la Résistance, Perrin, 2006 (ISBN 978-2262023652)

Max Lagarrigue, 99 questions... La France sous l’occupation, CNDP, 2007.