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Le dernier repos de 6 millions de parisiens...

Les CATACOMBES

jeudi 9 mars 2006.
 

La sépulture de six millions de parisiens

Après la conquête de la Gaule par Jules César, les romains amènent avec eux leurs techniques de construction de maisons et bâtiments. La pierre devient alors la matière première. Pour disposer sur place des matériaux nécessaires, ils entreprennent l’exploitation de carrières de calcaire, gypse et autre, et ce, à proximité des villes et des agglomérations chaque fois que cela est possible. Sous Paris, ces premières galeries souterraines voient le jour sous le lieu dit la Montagne Sainte Geneviève. Dès lors, Paris et ses environs sont continuellement creusés et exploités pendant prés de dix-huit siècles.

Les catacombes de Paris sont l’ensemble de ces anciennes galeries de carrières formant sous le Paris intra muros un réseau avoisinant les trois cent kilomètres. Seule une infime partie de 1,7 kilomètres est destinée à la visite.

Mais, à partir du XVIIIe siècle, de très nombreux affaissements et effondrements obligent les autorités de l’époque à interdire l’exploitation de ses carrières, le renforcement des galeries passant sous la voie publique, celles du domaine privé sont laissées sous la responsabilité de leurs propriétaires. Pour contrôler ces dispositions est crée en 1777, l’Inspection Générale des Carrières (IGC) par décret du Roi Louis XVI. Son travail à ses débuts consiste à répertorier et consolider les vides laissés par ces anciennes carrières. Un fait divers se déroule en ces lieux peu de temps après : Philibert Aspart, portier du Val de Grâce, s’égare dans les galeries du dédale des carrières Saint Jacques et y perd la vie. Aujourd’hui encore, on peut voir la stèle qui commémore cet évènement.

Suite à de nombreuses plaintes des riverains et de l’état lamentable des cimetières intra muros, à la fin du XVIIIe siècle il est décidé de fermer tous ces lieux de repos et de transférer les ossements dans les galeries vacantes de toute utilisation. C’est prés de six millions de dépouilles qui sont ainsi transportées dans ces souterrains. Une série d’ossuaires sont alors constitués, on peut encore les voir à notre époque. Cette pratique durera jusqu’à l’ouverture des grands cimetières décidés par le gouvernement impérial (Père Lachaise, Montmartre, Montparnasse).

La plupart des grands noms de la Révolution Française y sont déposés.

Ces galeries servent à bien des choses, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, avec la Ferme Générale, toutes les marchandises sont taxées avant d’entrer dans la capitale. C’est tout naturellement que certaines d’entre elles transitent par le sous sol pour échapper à ces impôts. Pénétrer gratuitement dans l’enceinte des Fermiers-Généraux pour vendre ses produits est alors fort en vogue. A la fin de la semaine sanglante (28 mai 1871) l’écrasement de la Commune de Paris contraint de nombreux communards à se réfugier dans ces galeries, mais c’est sans compter avec la farouche détermination des troupes versaillaises décidées à les exterminer, une immense chasse à l’homme est lancée, les derniers fédérés sont massacrés.

Plus prés de nous, sous la seconde Guerre Mondiale, ces lieux voient passer beaucoup de monde : tout d’abord l’armée allemande soucieuse de protéger le QG de la Luffwaffe, les Parisiens y trouvent refuge lors des bombardements, et aussi la Résistance qui exploite au mieux les centaines de kilomètres peu connus pour ses activités.

Il y a encore quelques années, pour visiter les Catacombes, il fallait se munir d’une bonne paire de chaussures et...... d’une lampe de poche !. Fort heureusement les temps ont évolués ici comme ailleurs. Certains visiteurs ont investit les lieux depuis déjà quelques années, ceux là en toute illégalité, squattant certains sites et galeries allant jusqu’à y organiser des soirées ou des concerts. En septembre 2004, la Police découvre une salle de cinéma clandestine de prés de quatre cent mètres carrés sous le Trocadéro, c’est l’une des mille et une péripéties de ces lieux. Beaucoup de grands personnages de notre histoire y reposent, c’est là, à notre avis l’intéret majeur de ce gigantesque ossuaire.

Légendes : photo 1 : entrée des catacombes BLD Montparnasse en 1875. photo 2 : ossuaire du cimetière des Innocents photo 3 : ossuaire du cimetière de la Madeleine photo 4 : galerie photo 5 : ossuaire

Les catacombes victimes de vandalisme

Recemment restaurés, le site des catacombes de Paris a fait l’objet d’actes de vandalisme. Cette pratique n’est pas récente, de joyeux drilles blanchis sous le harnais, ayant dépassé les quatre vingt printemps, m’ont il n’y a pas longtemps encore, raconté leurs parties de fooball mémorables dans les lieux avec des... crânes !du temps de leur jeunesse.

Donc la bétise n’est pas née de nos jours et a encore beaucoup d’avenir devant elle. Le vandalisme dans ce domaine est-il une façon d’exprimer son rejet de la fatalité de la mort ? ou un pur produit d’esprits limités dans la comprehension ?

Revue de presse : Le Monde, extraits