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Sciences et Techniques - Physique - Minéralogie

COQUEBERT de MONTBRET Charles Etienne, baron (1755-1831)

11eme division (2e ligne, W, 19)
samedi 25 décembre 2010.
 

Physicien et minéralogiste

Charles Etienne COQUEBERT de MONTBRET, voit le jour à Paris le 3 juillet 1755.

Mort à Paris le 9 avril 1831.

Fils d’un conseiller correcteur de la Cour des Comptes, originaire de Reims et apparenté à Colbert. De très bonne heure, il pratique les langues étrangères et il cultive les sciences naturelles chez l’abbé Nollet.

En 1773, à 18 ans, il est attaché comme secrétaire au bureau des Consulats, à Versailles. En 1774, il est envoyé à Hambourg comme commissaire de la Marine et en 1777 consul général près les villes Hanséatiques.

En 1786, il succède à son père à la Cour des Comptes, jusqu’à la disparition de la charge en 1791. En 1789, il est envoyé à Dublin comme agent général de la Marine et du Commerce, accompagné par son fils Ernest. Grâce à Fourcroy et à Monge, il échappe aux mesures d’expulsion des aristocrates de Paris.

Il est alors nommé responsable de l’organisation du nouveau système de poids et mesures (décret du 1er aout 1793). Il travaille également dans des ateliers de fabrication de poudre et échappe à la mort lors de l’explosion d’une poudrière d’Essonne.

C’est alors qu’il devient le "rédacteur" du Journal des mines, créé en 1794. Il s’en occupe activement jusqu’à 1800. Il lit, traduit et résume de nombreux ouvrages en allemand, la principale langue utilisée par les ingénieurs de mines et les géologues de l’époque. Il réalise aussi plusieurs voyages.

Dès le printemps 1794, il travaille à l’élaboration du système métrique. En 1795, il s’occupe d’une Agence temporaire des poids et mesures, avec Gattey et Legendre.

Il enseigne le cours de géographie physique et gîtes de minerais à l’Ecole des mines en 1796-1797. Il enseigne également à l’Ecole centrale des Quatre Nations, et au Lycée républicain, aux côtés de Fourcroy, Brongniart et Hassenfratz.

Cependant, suite à l’arrêt provisoire de la publication du Journal des mines, il demande son retour à la diplomatie. En 1800, il est chargé des relations commerciales de la France à Amsterdam. En 1802, il est envoyé à Londres comme Consul général chargé des relations commerciales et des questions relatives aux prisonniers de guerre. D’après Thiers : "Son arrivée fit grand bruit. On l’appela Colbert. On prétendait qu’il descendait du ministre du grand roi, et on loua fort la convénience d’un tel choix pour la conclusion d’un traité de commerce". En 1803, Coquebert doit déja rentrer à Paris, la paix étant rompue.

En 1806, il rentre en France et devient chef du bureau de la statistique du ministère de l’intérieur, puis directeur de la statistique, ce qui est le poste administratif le plus élevé du ministère derrière le secrétaire général. En 1809, il est fait baron. Il obtient la Légion d’honneur (1803, 1819).

En 1810, il devient directeur des douanes à Amsterdam, et peu après, secrétaire général du ministère des Manufactures et du Commerce.

Elu "associé non résidant" de la section de géographie de la 2ème classe de l’Institut national (sciences morales et politiques) le 4 floréal an X (24 avril 1802), il est inscrit sur la liste des correspondants de la 1re classe (28 janvier 1803), puis devient académicien libre de l’Académie des Sciences (12 août 1816).

A partir de 1817, il réalise à nouveau divers voyages dans toute la France.

Portrait de Ernest Coquebert de Montbret, par Dutertre.

Ernest est le fils de Charles Etienne. Il est mort au Caire en 1801 pendant l’Expédition d’Egypte.

Un autre fils, Eugène, orientaliste, aida son père à classer sa vaste bibliothèque, et fit don en 1847 à la bibliothèque de Rouen d’une vaste collection de documents et de cartes.

Sources : Michel Biard, « Lectures et pratiques de l’espace. L’itinéraire de Coquebert de Montbret, savant et grand commis d’État (1755-1831) », in Annales historiques de la Révolution française, Numéro 322

Isabelle Laboulais-Lesage, Lectures et pratiques de l’espace. L’itinéraire de Coquebert de Montbret, savant et grand commis d’État (1755-1831), Paris, 1999, Honoré Champion, 753 p.