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Ouvrages anciens sur les cimetières parisiens

Promenades aux cimetières de Paris, par Pierre Pietresson de Saint Aubin (1826)

Edité et imprimé chez C.L.F Panckouke, rue et hôtel rue Serpente...
vendredi 12 novembre 2010.
 

Cet ouvrage devenu assez rare, nous livre une description des tombeaux du Père-Lachaise, du cimetière Montmartre et de Montparnasse, entre autres.

Il nous emmène à la basilique de Saint-Denis et termine sa promenade par une visite des catacombes.

Paru en 1826, sous la plume de Pierre Pietresson de Saint-Aubin, nous avons la chance d’en détenir un exemplaire bien reliè et en parfait état, bien complet de ses plans.

Nous vous en livrons quelques lignes en toute amitié...

Les gravures sont tirées de l’édition originale (Coll. particulière R. Forrestier)

Promenade aux cimetières de Paris

Aux sépultures royales de Saint-Denis

Et aux catacombes

Dédié :

Aux mânes de nos concitoyens

Introduction

L’usage était, avant la révolution, d’enterrer les morts dans l’intérieur des villes. Les prêtres du christianisme, suivant à la lettre ce précepte de l’évangile, qui recommande à l’homme de penser sans cesse à la mort, avaient multiplié, autour des chrétiens, les images, les simulacres et les établissements qui pouvaient, à chaque instants, leur rappeler cette idée mélancolique et salutaire.

Voilà pourquoi les prêtres, dans le temps qu’ils avaient une si grand influence sur la société, introduisirent la méthode d’ensevelir les morts, au milieu même des habitations des vivans.

les anciens brûlaient les corps des personnes décédées, et ensevelissaient leurs cendres loin des villes, et dans des solitudes écartées, où tout inspirait la tristesse et la mélancolie. Un silence solennel et mystérieux régnait dans ces sombres asiles du trépas ; et si quelques hommes des grandes famille de la nation élevaient des tombeaux à leurs proches où à leurs amis, c’était toujours à la campagne et loin des villes qu’ils les plaçaient : ils se plaisaient à fixer la dernière demeure des personnes qu’ils avaient chéries, dans des endroits retirés, sous l’ombrage de quelque arbre, ou sur les bords d’un ruisseau, dont ils croyaient que le doux murmure réjouissait les mânes du défunt.

De tous les peuples de l’antiquité, les Romains furent les premiers qui négligèrent cet usage d’éloigner les morts du séjour des vivans. Leur coutume était de placer les tombes des morts sur les bords de ces grandes routes, qui partaient de la ville éternelle, comme d’un centre commun, pour se rendre dans les différentes provinces de l’Empire ; ces tombes, aisi disposées autour de la ville de rome, s’étendaient, sur certaines routes, à plus d’une lieue. La voie Appienne était surtout célèbre par les magnifiques tombeaux qui la bordaient, et les voyageurs qui venaient, pour la première fois, à Rome, étaient tout étonnés de voir qu’il leur fallait traverser une ville des morts, avant d’entrer dans la ville capitale du monde.

Quoi qu’il en soit de ces réflexions, que notre sujet fait naître malgré nous, les prêtres chrétiens, guidés, ainsi que nous l’avons dit plus haut, par une explication forcée d’un précepte de l’évangile, exagérèrent encore l’usage des Romains. Pour rendre, autant qu’il leur était possible, l’idée de la mort toujours présente à l’imagination des peuples qu’ils dirigeaient, ils fixèrent la sépulture des chrétiens dans l’intérieur même des villes. De vastes cimetières furent, en conséquence, disposés autour des églises, et formaient, pour aisi dire, les parcs et les jardins de ces maisons de Dieu. Chaque église paroissiale avait le sien, et les hommes, chacun dans leur paroisse, allaient tous, à la fin de leur vie, se réunir sous les yeux du Dieu du temple, à ce grand dépôt de la mort.

Pendant longtemps l’égalité du trépas fut gardée dans ces asiles lugubres. L’homme riche et l’homme puissant venaient indistinctement dans les cimetières prendre leur place à côté du faible ou du pauvre.

Nul signe de distinction ne servait à les faire reconnaître les uns des autres, et la croix sépulcrale, et l’herbe des champs, image sublime de la vanité des hommes, couvraient également les deux tombes...

(A suivre)