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Epitaphes d’aprés Prosper (1853)

La mémoire des mots...
samedi 6 novembre 2010.
 

Il y a bien longtemps, existait au Père-Lachaise un emploi particulier...

Celui de conducteur... Ce personnage avait pour vocation de conduire les visiteurs ou les familles auprès des tombes recherchées.

Parmi eux, l’histoire a retenue Prosper, conducteur de son état et littérateur a qui nous devons un petit ouvrage intitulé Une Voix au Père-Lachaise, paru en l’an de grâce 1853 chez son auteur.

Ce petit livre charmant nous livre les mille et unes épitaphes que l’on pouvait lire alors sur les stèles et les tombeaux.

Nous vous en livrons de larges extraits avec l’espoir que vous apprécirez leur contenu...

L’ensemble de cet ouvrage est disponible auprès de notre association (06 20 46 23 87)

Epitaphes, une voix au Père-Lachaise...

Jean Nicolas François (1764-1844)Notre père chéri repose sous cette tombe,

Son grand amour pour nous fut son guide en ce monde,

Nous étions tout pour lui ; terre sainte et sacrée,

Tu seras bien souvent de nos larmes arrosée ;

Dès ses plus tendres ans, il voyait l’avenir,

Ah ! grand Dieu, bénis-le comme il sut nous bénir,

Puisse le ciel sur lui étendre sa clémence,

Et le bonheur du juste être sa récompense.

Marguerite Joly, épouse Lefebvre, (1846).

O toi qui nous donnas la vie,

Toi que nous aimions tendrement,

La mort seule, ô mère chérie,

Nous cause le premier tourment.

*

Constant-N Pourchet (1847)

Objet d’amour, de deuil, d’éternel souvenir,

Tu devais ne pas naître, ou ne jamais mourir.

*

Cécile Brion, veuve Prudhon (1846).

Sous cet humide sol arrosé de nos pleurs,

Repose notre mère, objet de nos douleurs,

nous croyions te guérir, ton heure était sonnée,

La mort au teint livide à nos yeux t’a frappée.

Marie-Francine Borel (1844) Marie -Sophie Borel (1844)

Toujours sur cette terre étroitement unies,

pour secourir le pauvre et servir le seigneur,

Au séjour bienheureux Dieu les a réunies,

Emportant les regrets d’un frère et d’une soeur.

Zélie Goudal (1841, agée de 5 ans) Coralie Goudal ( 1844, 11 ans et demi)

Jeunes filles, pourquoi vous pencher vers la terre

Quand vos âmes en fleur (parfum délicieux)

enivraient à la fois un bon père, une mère ?

Deux anges manquaient donc à l’empire des cieux ?

Oui, mais bientôt parés de blanches auréoles,

nous leur dirons du ciel les mots consolateurs,

Vous pleureront-ils moins... Vos dernières paroles,

Comme un glas éternel vint bruire en nos coeurs.

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Sources : D’aprés Prosper, Une voix au Père-Lachaise (1853).

Crédit photos : André Chabot/R. Forrestier (APPL_photos 2010)