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Hommes de lettres - Historiens - Documentalistes

TRIPIER LEFRANC Justin (1805-1883)

lundi 25 octobre 2010.
 

Hommes de lettres et documentaliste

Justin TRIPIER LE FRANC voit le jour le 25 décembre 1805.

Homme de lettres, participe à l’enrichissement de la documentation archivistique sur certains artistes, auteur de biographies

Secrétaire du préfet de police de Paris

Sujets d’étude. Biographies : Gabriel Delessert (préfet de police), Élisabeth Louise Vigée Le Brun, Antoine-Jean Gros.

Mme Vigée Lebrun, autoportrait

Carrière 1829 : épouse Eugénie Le Brun, nièce de Jean-Baptiste Pierre Le Brun. 1836-1851 : sous-chef du cabinet à la préfecture de Police de Paris, puis secrétaire de Gabriel Delessert (préfet de police de Paris de 1836 à 1848), de Chery Rébillot (1848-1849), puis secrétaire particulier de Pierre Charles Carlier (1849-1851). À partir de 1842 : réunit des documents autour de Jean-Baptiste Pierre Le Brun et d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun, afin que son épouse Eugénie puisse recueillir l’héritage. 1872 : membre fondateur de la Société de l’Histoire de l’Art français. 1876 : collabore aux Nouvelles Archives de l’art français.

Médaille d’honneur pour actions civiles (1852)

Chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur

Officier de la Légion d’honneur en qualité d’homme de lettres (1861)

Rien ne prédestinait Justin Tripier Le Franc, secrétaire du préfet de police de Paris, à devenir l’auteur de sources précieuses pour les historiens de l’art aujourd’hui. C’est par un concours de circonstances qu’il va participer à l’un des courants historiographiques majeurs de l’histoire de l’art de la fin du XIXe siècle, le retour aux sources archivistiques, ce qui conduira Christopher Sells à le qualifier, dans un article récent sur la mort du baron Gros, de « consciencieux collecteur de preuves »

La vocation de Tripier Le Franc pour l’histoire de l’art ne semble dans un premier temps qu’une obligation familiale. Son premier texte est ainsi une courte biographie sur Élisabeth Vigée Le Brun, éditée en 1828, qu’il rédige un an avant d’épouser la nièce de celle-ci, Eugénie, née Le Brun.

En 1859, Tripier Le Franc publie une biographie sur son ancien supérieur Gabriel Delessert, préfet de police de Paris de 1836 à 1848. Cet ouvrage chargé de sens politique lui vaut en 1861 le titre de chevalier de la Légion d’honneur en qualité d’homme de lettres. Il semble abandonner son poste à la préfecture de police avant 1859, et entreprend alors des recherches plus désintéressées visant à l’enrichissement de l’histoire de l’art.

Impressionné par les événements de la Commune de 1870, durant lesquels les archives de la Seine et de la préfecture de Police ont été brûlées, il devient membre fondateur de la Société de l’Histoire de l’Art français, et publie deux documents en sa possession dans les Nouvelles Archives de l’art français de 1876. Tripier Le Franc illustre à l’extrême l’effacement de l’historien devant ses sources, ainsi que la distinction entre les figures du connaisseur et celle de l’historien chroniqueur. Il semble en effet ne s’être jamais réellement considéré lui-même comme un connaisseur d’art, même s’il détenait une petite collection d’œuvres vendue après sa mort. Il indique ainsi dans la préface de sa biographie sur Gros : « Mais, pour juger avec connaissance, avec savoir et avec autorité les importants travaux de ce grand peintre, nous avons cru ne pas posséder assez en nous-même l’habileté d’appréciation et la puissance persuasive nécessaires pour convaincre, pour imposer notre opinion et pour entraîner nos lecteurs, soit dans nos jugements de critique, soit dans nos éloges d’admirateur. » Cette conviction le pousse à accumuler des citations d’artistes, de critiques et de conservateurs pour toutes les appréciations stylistiques, l’auteur se réservant le droit de procéder à des descriptions et à de très courts et rares avis personnels.

Tripier Le Franc a très peu écrit et il n’apparaît dans aucun dictionnaire biographique. Sa contribution à l’histoire de l’art est celle d’un amateur d’histoire qui paraît impressionné par le monde de l’art, qu’il côtoie sans s’y sentir intégré.

Claire-Marie Barreau, doctorante (Paris X / École du Louvre) Auteur(s) de la notice : BARREAU Claire-Marie (extraits)