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FOLLEREAU Raoul (1903-1977)

dimanche 24 octobre 2010.
 

Avocat et écrivain français

Raoul Follereau, voit le jour à Nevers le 17 août 1903 et décédé à Paris le 6 décembre 1977.

Ecrivain français, avocat de formation, il est le fondateur de la Fondation Raoul Follereau qui lutte contre la lèpre et contre ces autres formes de lèpres que sont l’ignorance et la pauvreté.

Raoul Follereau naît le 17 août 1903 à Nevers. Il est le deuxième enfant d’une famille de trois : Georges est de 3 ans son aîné, et Suzanne, sa petite soeur, naît en 1909.

Son père, Emile Follereau, dirige une entreprise de construction métallique qu’il a créée. Sa femme lui apporte son aide, notamment dans la gestion de l’établissement.

A l’âge de 13 ans, Raoul Follereau est orphelin de père. Celui-ci est tué à la guerre, en Champagne. Il passe alors un an en école professionnelle, puis, pour faire vivre sa famille, travaille dans une entreprise de fabrication d’obus, lui qui se battra toute sa vie pour la paix.

On peut, à première vue, être surpris quand on regarde les débuts de Raoul Follereau : cet homme, destiné à une action qui mobilisa le monde, est parti de la poésie et de la défense des valeurs attachées à notre patrimoine culturel. Jacqueline de Romilly, membre de l’Académie française. Juste avant cette phrase, l’académicienne avait reconnu tout ignorer du passé de Raoul Follereau et que son opinion n’a été alimentée que par les documents transmis par la Fondation Raoul Follereau.

A 15 ans, Raoul Follereau prononce sa première conférence au cinéma Majestic de Nevers, à l’occasion d’une cérémonie à la mémoire des victimes de la guerre. Il y exprime la devise de toute sa vie : Vivre, c’est aider les autres à vivre, et Être heureux, c’est faire des heureux.

Il publie à 17 ans son premier ouvrage, Le Livre d’amour en 1920 dont le poème "un sourire". Il en écrira 44 en tout, poèmes, romans, pièces de théâtre, récits de voyages.

Dans ses débuts, Raoul Follereau a eu le privilège d’être reconnu par deux écrivains célèbres : Edmond Rostand, à qui il a envoyé un poème, et Gabriele D’Annunzio, poète italien très célèbre, qu’il a pu rencontrer pendant son voyage de noces. L’un et l’autre le félicitent et l’encouragent à continuer dans cette voie.

D’autres sources suggèrent une lecture alternative de l’œuvre de Raoul Follereau en soulignant les convictions politiques de Raoul Follereau proches des milieux d’extrême-droite[3].

A 20 ans il obtient ses deux licences en Philosophie et en Droit.

En 1927, il fonde la Ligue d’Union latine et son journal mensuel L’Œuvre latine. Il y manifeste des idées politiques proches de celles de l’Action française et du nationalisme intégral de Charles Maurras.

Lorsque, fin 1935, éclate la crise éthiopienne entre l’Italie fasciste et l’Empire d’Éthiopie d’Hailé Sélassié, Raoul Follereau apporte son entier soutien à Mussolini et pousse pour un rapprochement entre la France et l’Italie fasciste.

Conférencier de son état, Raoul Follereau intervient régulièrement dans des réunions publiques d’extrême-droite, notamment celle du Centre de Documentation et de Propagande d’Henri-Robert Petit du 10 février 1936. Il y dénonce la franc-maçonnerie et est cité élogieusement dans une revue antisémite comme La Libre Parole d’Henry Coston.

Ou encore, il anime le lundi 7 décembre 1936 une conférence à Tiaret (située, à l’époque, en Algérie française) qui est annoncée par l’hebdomadaire local, L’Echo de Tiaret, de la façon suivante : "M. Follereau a entrepris la grande croisade contre tout ce qui est Anti-France". Lors de cette conférence, Raoul Follereau dénonce "ces financiers internationaux qui sont de partout et de nulle part et dont le porte-monnaie remplace le cœur", ces "oiseaux de proie (...) qui forment la Société « Le Komintern » et (...) qui avaient (...) accaparé toute l’industrie et le commerce pendant la grande guerre".

De ce fait, Raoul Follereau confirme ainsi son adhésion et sa participation active à la théorie du complot judéo-bolchevique déjà exprimée par la formule "Lénine, ce Moïse rouge" citée ci-dessus.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il défend la Révolution Nationale promue par le régime collaborationniste de Vichy. Raoul Follereau sillonne alors la Zone libre pour y dispenser des conférences de soutien au Maréchal Pétain. Raoul Follereau ne renoncera jamais à ses convictions pétainistes. André Récipon, son fils spirituel et président de ce qui deviendra ultérieurement la Fondation Raoul Follereau écrit dans la revue Le Maréchal éditée par l’ADMP (Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain), en 2001 : "Toute sa vie [Raoul Follereau] restera fidèle au Maréchal et considérera sa condamnation comme une tache à l’honneur de la France".

Selon la Fondation Raoul Follereau, c’est en 1936, au cours d’un reportage sur les pas de Charles de Foucauld effectué à la demande d’un journal de Buenos Aires, La Naciòn, que Raoul Follereau rencontre des lépreux pour la première fois.

Raoul Follereau, quant à lui, situe plutôt cette rencontre entre 1925 et 1928.

Alors que sa voiture tombe en panne, il voit surgir de la brousse des visages apeurés. "Au guide j’ai dit : Qui sont ces hommes ? - Des lépreux m’a-t-il répondu. - Pourquoi sont-ils là ? - Ils sont lépreux. - J’entends bien, mais ne seraient-ils pas mieux au village ? Qu’ont-ils fait pour en être exclus ? - Ils sont lépreux, me répondit l’homme taciturne et têtu. - Au moins les soigne-t-on ? Alors mon interlocuteur haussa les épaules et me quitta sans rien dire. "(...) et c’est ce jour-là que je me suis décidé à ne plus plaider qu’une cause, une seule cause pour toute ma vie, celle (...) des lépreux."

La lèpre est alors une maladie mystérieuse qui effraie car, si elle tue rarement, elle mutile lentement ceux qui en sont victimes. Beaucoup y voient le signe d’une malédiction divine.

La bataille de la lèpre à proprement parler commence en avril 1943. Raoul Follereau est alors âgé d’un peu moins de 40 ans.

La Mère Générale des Religieuses de Notre-Dame des Apôtres a le projet de bâtir le premier village pour lépreux à Adzopé, en Côte d’Ivoire. A cette époque il n’y a encore aucun traitement médical de la lèpre. L’exclusion dont sont victimes les malades vient autant de la peur panique des bien-portants que de leur abandon par le corps médical et des prescriptions des règlements sanitaires.

Raoul Follereau se charge de collecter les fonds nécessaires à la construction du village. Pendant 10 ans, accompagné de deux soeurs, il parcourt les routes de France, de Belgique, de Suisse, du Liban, d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, du Canada, et donnent 1200 conférences.

En 1952 on dispose pour la première fois d’un médicament qui guérit la lèpre : les sulfones. Raoul Follereau multiplie alors les initiatives visant à éveiller les consciences et mobiliser les foules.

En 1953, Raoul Follereau lance l’idée d’une journée consacrée aux lépreux, célébrée le dernier dimanche de janvier. celle-ci aurait 2 objectifs :

Obtenir que les malades de la lèpre soient soignés et traités comme tous les autres malades, en respectant leur liberté et leur dignité d’homme.

Guérir les bien-portants de la peur absurde et parfois criminelle qu’ils ont de cette maladie et de ceux qui en sont atteints. Depuis, tous les ans, la Fondation Raoul Follereau organise la journée mondiale chaque dernier week-end du mois de janvier.

Le 1er septembre 1964, Raoul Follereau s’adresse à U Thant, secrétaire général de l’ONU : "Que toutes les nations présentes à l’ONU décident que chaque année, à l’occasion d’une Journée Mondiale de la Paix, elles prélèveront sur leur budget respectif ce que leur coûte un jour d’armement, et le mettront en commun pour lutter contre les famines, les taudis et les grandes endémies qui déciment l’humanité. Un jour de guerre pour la paix..."

La bataille menée par Raoul Follereau contre la lèpre et tout ce qui mène à l’exclusion l’a conduit à faire 32 fois le tour du monde. La première fois qu’il prend l’avion, c’est avec Jean Mermoz. Raoul et sa femme, Madeleine, sont les premiers civils à voyager dans un avion de l’aéropostale. "J’avais appris de lui ce que c’est que le devoir", dira Raoul à propos de Mermoz.

Depuis 1968, la Fondation Raoul Follereau se bat en France et dans le monde contre la lèpre, l’ignorance et la pauvreté qui condamnent leurs victimes à l’exclusion.